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Défunt amour, par Nadia agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 16 Mai 2016. , dans La Une CED, Bonnes feuilles, Ecriture

 

De : elle2000@yahoo.fr

A : man43@wanadoo.fr

05 mai 2009

3h56 mn

 

Défunt amour,

Mon sexe ne danse plus. Mes reins ne cambrent plus. Mes seins ne se dressent plus à l’évocation de l’image de toi. Et c’est dans le désert du désir de toi que je t’écris ce mail.

Mon dernier mail.

Voici venu le temps de tourner le dos à cette histoire folle qui m’a longtemps tenue en laisse.

Songe d’une nuit de Hasard, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 16 Mars 2016. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Il tombe des hallebardes.

La fosse commune est sur le point de déborder. Assoiffé de vérité, mon ventre absorbe le trop-plein : goutte à goutte. Toutes les inhumanités du monde se concentrent dans mon gros intestin.

Fatigué ! Exténué ! Enflé !

Je râle un peu, des fois un peu plus. Une goutte de pluie, une deuxième puis une énième cinglent mon visage. Leur message tombe comme un couperet…

« Bois et tais-toi ! »

Et j’ai bu. Mes maux. En silence !

Elles dirent encore…

« Avale et tais-toi ! »

Et j’ai avalé. Mes mots. En silence !

Volupté amarescente…, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mardi, 16 Février 2016. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

Lorsqu’elle mourut, par une nuit d’automne, Yumma Yaya, cette femme dont le visage anonyme déambule dans mon esprit brûlant d’amour, fut élevée au rang de sainte par ses adorateurs qui étaient des membres puissants et riches de la noblesse benjoyienne. Quelques jours à peine après son décès, pour rendre hommage à celle qui fut leur oracle, ils érigèrent, sur le sommet de la Montagne Sacrée, un mausolée qu’ils baptisèrent Akham Lehna Negh – la Maison de Notre Bonheur –, où son corps, jamais décomposé, fut enseveli dans une pièce étroite, minuscule, toute rikiki qui ne se désemplissait jamais.

Jamais ?

Jamais ! Car cette femme, amour de mon espoir désespéré, avait la réputation de posséder des pouvoirs extra-ordinaires qui produisaient des miracles et faisaient envier les oracles du monde entier : des pouvoirs aux vertus réparatrices, des dons guérisseurs, des rêves hallucinatoires, des visions extrasensorielles, une ouïe surdéveloppée, le pouvoir de repousser les forces du mal et de les engloutir dans les eaux impures de l’abjection produisait des miracles.

Chuchotements, Leïla Aslaoui-Hemmadi

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 03 Février 2016. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Maghreb, Roman

Chuchotements, éd. Dalimen, Alger, octobre 2015, 383 pages . Ecrivain(s): Leïla Aslaoui-Hemmadi

 

Et elle s’en va déterrer les vérités enfouies

L’attente dans un aéroport parisien. Au cœur de ce départ précipité, ce temps vide qui suspend tout sur son passage est propice au doute, à l’inquiétude, à la peur et aux réminiscences. Le présent douloureux fait appel à des souvenirs d’antan : la naissance, l’enfance passée dans la maison des grands-parents à l’époque coloniale, le père mort pour la patrie, la grand-mère belle, élégante, qui a assumé la responsabilité familiale pour pallier l’absence des hommes sacrifiés pour l’indépendance du pays.

Dans cet aéroport, le suspense pèse sur la tête de Hourria, comme une épée de Damoclès. Et pendant ce temps où elle est assise sur des charbons ardents, la voix triste et inquiétante de sa mère au téléphone envahit son esprit. Le souvenir de ses sanglots l’angoisse encore davantage. Son désarroi est sur le point d’atteindre son acmé lorsque… La voix de l’hôtesse nasille pour annoncer le décollage imminent vers Alger.

La main, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 29 Janvier 2016. , dans Nouvelles, La Une CED, Ecriture

 

En décembre dernier, j’étais à Alger invitée à participer à un forum sur le roman, en allant nous promener à la Casbah, on m’a agressée et on a volé ma chaîne mais pas ma main (pendentif).

Au commencement, dans le surgissement du Verbe, dans le flot du tumulte des mots, une main ; sur ma nuque, une main qui pendant un instant, un court instant, exaltait l’agréable senteur de la douceur, de la bienveillance ; la sensation d’une caresse comme un baume sur la vie.

Puis…
De nulle part surgit une main ; une main échappée des profondeurs de la nuit ; une main empreinte de la noirceur du jour ; une main tendre, amicale, clémente qui se mua en un torrent de violence, s’empara de ma chaîne en or et blessa ma nuque ; les traces de ce rapt commis parmi la foule, dans le crépuscule du jour fuyant, un jour de bonheur et de quiétude, sont encore visibles, comme la trace d’une douleur vive qui éprouve un malin plaisir à faire durer le déplaisir du souvenir traumatisant.