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Roman

God's Pocket, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 03 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Points

God’s Pocket (A Nover), Points Roman Noir, traduit de l’anglais (USA) par Olivier Deparis, 384 p. 7,50 € (1983) . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Points

 

God’s Pocket. Un titre mystique pour un livre qui ne l’est pas… tout à fait. Car il ne s’agit pas de « la poche de Dieu » ou d’une métaphore quelconque, mais simplement du quartier ouvrier de Philadelphie où se déroule le roman.

L’un des personnages, le journaliste du Daily News Richard Shellborn le décrit ainsi :


« Les ouvriers de God’s Pocket sont des gens simples. Ils travaillent, suivent les matchs des Phillies et des Eagles, se marient et ont des enfants qui à leur tour habitent le Pocket, souvent dans les maisons même où ils ont grandi. Ils boivent au Hollywood ou à l’Uptown, de petits bistrots d’aspect crasseux perdus dans la ville, et ils s’y débattent avec la passion des choses qu’ils ne comprennent pas. Politique, race, religion ».

Fureur, Chochana Boukhobza

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Denoël

Fureur, 5 janvier 2002, 407 p. 20 € . Ecrivain(s): Chochana Boukhobza Edition: Denoël


Il y a une bande de vieux amis qui se réunissent au café. Un café qui a connu ses beaux jours après la guerre, aujourd'hui un peu usé et vidé. Alexis, Francis, Piat, Jacques, Fanny et Saintonges (un ami ?) eux y gardent leurs habitudes hebdomadaires. Se sont des anciens résistants réunis par le hasard de la guerre. Cinq destins façonnés par des causes d'engagements diverses et des batailles menées différentes. Aujourd'hui, ils entretiennent des souvenirs d'anciens combattants mais ils rient boivent dansent et continuent de croire à leurs manières.

Il y a la question du nucléaire qui depuis la fin de la deuxième guerre a pris une place de premier niveau dans les questions énergétiques modernes. Dont la puissance a bouleversé les rapports diplomatiques mondiaux. Luttes d'influences, enjeux économiques, visées civile ou militaire, Brennilis/Finistère/Bretagne, trafics internationaux de déchets...

Il y a Jo, qui cinq mois en arrière avait un revolver, un salaire intéressant dans une boîte qui n'apparaissait dans aucun annuaire, en offrant comme service de protéger les chefs d'États, les financiers, les diamantaires.

L'écrivain de la famille, Grégoire Delacourt

, le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jean-Claude Lattès

L’écrivain de la famille, janvier 2011, 250 p. 17 € . Ecrivain(s): Grégoire Delacourt Edition: Jean-Claude Lattès

Le jeune Edouard, produit, du haut de ses sept ans, un petit poème. Aussitôt, le public familial l’acclame. Le génie n’attend pas le nombre des années, Edouard sera l’écrivain de la famille.

Les fameuses rimes, les voici :

Maman

T’es pas du Zan.

Papa

Tu fais des grands pas.

Mamie

T’es douce comme de la mie.

Papy

Tout le monde fait pipi.

Esprit chien, Luc Lang

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 29 Décembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Stock

Esprit chien, 2010, 270 p., 19 € . Ecrivain(s): Luc Lang Edition: Stock


Luc Lang poursuit son travail avec cohérence. Il écrit après Malcolm Lowry et James Joyce. Joyce surtout. Et digérer Joyce n’est pas rien. Lang serait-il un Valéry Larbaud 100 ans après ? Plus drôle et cruel que cruels, les dernières nouvelles, Esprit chien est une œuvre cynique au sens strict et au sens courant. Qui donc sera réhabilité ? Diogène ou Antisthène ? Monime ou Onésicrite ? Cratès ou Métroclès ? Ménippe ou Ménédème ? Bion ou Cercidas ? Encore un effort, voici Hipparchia ! La cynique femme : Anne-Laure Chinon, fondatrice chic d’une fondation chic pour chiens chics, dans le Neuilly chic. Voisine du narrateur Dante Buzzati, elle le transformera en éperdu toutou amoureux pour mieux mettre le collier à son seul héritage : une maison familiale âprement acquise à coups de marteau de son père mineur italien manchot pas très chic et les pourboires de sa mère, serveuse dans un bistrot. La vie de chien ne saute pas toujours de génération. Délivrez Dante de sa descente aux enfers !

Les chapitres ont l’intitulé de races choisies. On se rappelle la construction cachée de l’Ulysse de Joyce. La langue de Luc Lang oscille entre les djinns de Victor Hugo et le parler djeuns. Un rap classique en somme. Un cocktail explosif où l’on suivra les quelques traces d’un certain Nicolas de Neuilly, d’une Cécilia, d’un Luc Ssébon (grand cinéaste du bleu) et de son copain Jean Nero (éternel plongeur sans bouteille)…

Je n'ai pas dansé depuis longtemps, Hugo Boris

, le Jeudi, 29 Décembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pocket

Je n’ai pas dansé depuis longtemps, Belfond, janvier 2010, 392 p. 20 € ; Pocket, août 2011, 7,40 € . Ecrivain(s): Hugo Boris Edition: Pocket

Ivan est un cosmonaute envoyé en orbite pour 400 jours, à l’époque de Gorbatchev puis d’Eltsine. Il est médecin, et voyage avec Nikolaï et Viktor. Il réalise sur eux comme sur lui des prélèvements. Très vite, il les croit ligués contre lui. La paranoïa enfle, dopée par l’absence de la femme et des enfants d’Ivan. A mesure que sa peau part en lambeaux, l’apesanteur ayant cette action sur l’épiderme, Ivan voit sa sensibilité croître, sa susceptibilité aussi.

Et il connaît les statistiques : le risque d’y rester est de 7,5%.

Hugo Boris a une écriture froide qui colle à l’ambiance soviétique du roman.

Ici, dans l’espace, comme dans tout lieu clos, les sentiments sont exacerbés. Et l’auteur dissèque les comportements humains, dans cette station où chaque geste prend une signification précise et des proportions démesurées.

Peu à peu, le ton se réchauffe, le cœur l’emporte sur la froideur. Dans ce huis clos original, le suspens grandit à mesure que les jours (les pages) défilent, pour une dernière partie explosive.

Là-haut, le soleil se lève et se couche seize fois par jour.