Identification

Roman

Sous le règne de Bone, Russel Banks

Ecrit par Alexandre Muller , le Samedi, 03 Décembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Actes Sud

Sous le règne de Bone (1995), Babel Actes Sud, 9,50 €, 438 p. . Ecrivain(s): Russel Banks Edition: Actes Sud


Le narrateur porte un mohawk, quelques piercings, et s'oriente avec peu de repères. Mère et beau-père alcooliques, père absent depuis ses 5 ans, sa vie n'est pas un long fleuve tranquille. A 14 ans, Chappie est à fond dans la fumette. Comme il n'a pas beaucoup d'argent pour payer son herbe (sa came dit son alcoolique de beau-père) il chaparde chez lui des trucs à revendre. Quand son beau-père s'en aperçoit, c'est la crise. Une porte claque, l'ado s'installe chez son pote Ken qui vit dans une espèce de squat partagé avec une bande de bikers toxicomanes.

Chappie n'est pas un si mauvais garçon, il désire recoller les morceaux avec sa mère. Pour lui faire un cadeau de Noël et comme il n'a toujours pas assez d'argent, il vole dans un magasin et se fait attraper. Un piège se referme. La grande bascule de son existence.

Chappie part pour de bon et sa route le mène d'aventures en évenements violents, de rencontres (de très belles rencontres et de beaucoup plus mauvaises) en expériences spirituelles, entre folie magie transe et sagesse, des États-Unis à la Jamaïque.

En plein dans la nuit, Hélène Gaudy et Bertrand Desprez

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Samedi, 03 Décembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Thierry Magnier

En plein dans la nuit , 2011, 107 p. 8.55 € . Ecrivain(s): Hélène Gaudy, Bertrand Desprez Edition: Thierry Magnier

« C’est toujours pareil avec la colère. Ça commence tout doux et puis ça monte comme les montagnes, les montagnes russes. J’ai les mains qui s’affolent, j’ai les bras qui se tendent. Le creux. Au ventre. Ça mord. Je frappe. »

En plein dans la nuit résonne comme un coup, un coup bref reçu en plein plexus, un coup qui laisse pantelant, le souffle court, bref à l’instar des phrases juxtaposées d’Hélène Gaudy.

En plein dans la nuit, c’est l’histoire de Julien, collégien, qui plein de rage et de cris s’enferme sur lui-même au point de ne plus se voir comme une créature humaine, mais comme un animal acculé par les autres, par « ceux qui ne font pas d’efforts. Ceux qui me regardent par en-dessous. Ceux qui me provoquent et puis ceux qui ont peur ». Jusqu’au jour où, à la suite d’une bagarre en cours, il s’enfuit par la haie de sapins qui entoure le collège et y trouve, enfoui entre les racines, un revolver. Revolver qui devient le prolongement organique et quasi mystique de lui-même, et qui lui insuffle l’énergie nécessaire à la vengeance, la sienne mais aussi celle de son camarade malmené, Chen.

Pseudo, Ella Balaert

, le Mercredi, 30 Novembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Myriapode

Pseudo, Éditions Myriapode, août 2011, 144 p., 18 € . Ecrivain(s): Ella Balaert Edition: Myriapode


La correspondance a de tous temps intéressé les écrivains, le roman épistolaire n’est en rien nouveau. Et depuis plusieurs années, ère Internet oblige, fleurissent les romans faits d’échanges de courriers électroniques.

Pseudo est de ceux-là. Trois femmes que réunit une séance de gym hebdomadaire suivie d’un restaurant de quartier, trois femmes par ailleurs fort différentes – âge, milieu, situation familiale, goûts – décident d’en former une quatrième, imaginaire, pour répondre à l’annonce en ligne d’un antiquaire prénommé Ulysse. Ce sera Eva, avatar plus vrai que nature (« Ce n’est pas parce qu’elle est virtuelle qu’elle doit se désincarner ! » page 20), qu’elles se partagent en coupant la semaine en trois.

Trois mois durant, les échanges fusent, échanges entre Eva et Ulysse, mais aussi échanges entre les trois femmes. Sauf que les masques ne résisteront pas à l’épreuve du temps, et, s’il est facile de se cacher sur la toile, la vraie vie finit toujours par rattraper la virtualité.

Vidures, Denis Donikian

Ecrit par Ugy , le Mardi, 29 Novembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Actes Sud

Vidures, 360 pages, 22 euros . Ecrivain(s): Denis Donikian Edition: Actes Sud


Denis Donikian ne nous invite pas à un voyage touristique dans une Arménie qui recèle par ailleurs des trésors architecturaux sans doute trop peu connus. Non, l’auteur de Vidures (Vies dures, on y reviendra), nous fait partager son amour et sa détestation d’une Arménie actuelle qu’il connaît bien. Il est de ces auteurs qui n’hésitent pas à dénoncer le pire dont il est témoin, pour exhorter ceux qu’il observe avec amour à construire un avenir dans un pays miné par les maux qu’on retrouve chez ceux qui ont accédé à l’économie de marché depuis peu. L’Arménie qui vient de fêter  le vingtième anniversaire de son indépendance est en effet gangrénée par la corruption, et sa soif de consommation l’a conduite dans des impasses dont l’auteur veut faire prendre conscience.

Mais la forme que choisit Denis Donikian est celle du roman dans lequel tout est métaphore. Le titre d’abord qui joue sur l’ambigüité. En un mot, il s’agit d’ordures dont il faut se débarrasser. En deux mots, ce sont là les conditions de vie difficiles de  chaque Arménien dans une Arménie qui semble se complaire dans l’évocation systématique d’un passé douloureux pour mieux masquer son incapacité à affronter un présent et un avenir plus frontalement.

Zoli, Colum McCann

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 29 Novembre 2011. , dans Roman, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, 10/18

Zoli – Irlande 2006 - Belfond 2007. 10/18 en 2011 . Ecrivain(s): Colum McCann Edition: 10/18


1930 - Zoli Novotna avait six ans, mais elle n’était heureusement pas là quand sa famille se retrouve bloquée sur les glaces par la Hlinka, qui allume ensuite des feux sur la berge. Elle n’était heureusement pas là quand sa mère, son frère, ses deux sœurs et toute la famille, roulottes, chevaux, quand tout part englouti sous les eaux.


« Lorsqu'il a commencé à faire moins froid dans l'après-midi, les roulottes, bien obligé, se sont déplacées vers le milieu du lac. Mais la glace a fini par craquer, les roues se sont enfoncées et tout a coulé en même temps, les harpes et les chevaux »


La Hlinka c’est la haine. La milice fasciste de Slovaquie. La petite Zoli et son grand-père fuient sur les routes, fuient la Hlinka, fuient la haine et la mort, avec pour leitmotiv cette phrase qui reviendra tout au long du livre et qui pourrait finalement presque tout résumer :