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Chroniques régulières

Pendant qu’il neige : le secret véritable de la chronique, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 03 Janvier 2017. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« C’est comme un chien dans ma tête : il aboie et j’écris. Sauf que ce n’est pas si simple. Il me semble que c’est moi qui suis au bout de sa laisse, qu’il me promène parfois durant une demi-heure par jour, me laisse gambader dans son univers puis me ramène vers mon angle mort qui est ma vie de tous les jours. Je m’explique donc : c’est un chien immense, composé d’étoiles dans une obscure nuit qui lui sert de peau sans fond. Il aboie en Alphabet et j’écris. Parfois bien, parfois mal, quand il va trop vite et que ne me restent que des bouts de phrases. Il est grand, le chien noir qui m’enjambe pour aller boire, à l’autre bout du monde, son eau et revenir. C’est comme ça que je peux décrire les choses qui se passent dans ma tête. Car dehors, pour ceux qui me voient de dehors, il ne se passe rien. Je suis penché sur un gros cahier plein de ratures, devant un micro, en train de tabasser un clavier et j’écris sans cesse, sans cesse et toujours. Un scribe dans un journal où je suis payé au mois pour faire semblant d’être courageux.

Carnets d’un fou, XLV, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 16 Décembre 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Non seulement Dieu n’existe pas, mais essayez d’avoir un plombier le week-end ! »

« Les religions sont des clubs qui engendrent l’exclusion. Elles favorisent le concept de l’autre : elles t’indiquent clairement qui tu dois haïr »

« L’éternité c’est très long, surtout sur la fin »

Woody Allen (Pensées éparses dans ses films)

 

#. Ouverture d’octobre. Parfois, et même souvent, j’ai envie de tirer la chasse d’eau sur le monde, ce besoin naturel. M’éloigner, oublier. Cela pue. Retrouver l’oued dans la montagne, la source dans la forêt.

Contre-attaque, Philippe Sollers, Franck Nouchi et Complots, Philippe Sollers

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 08 Décembre 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Manet, Cézanne, étaient des bourgeois ? Et alors ? Ces aventuriers étaient tous singuliers. Tant qu’on n’aura pas rétabli des hiérarchies, non pas sociales, mais intellectuelles et artistiques pour évaluer ce pays qu’on appelle la France, on nagera dans la bouillie. C’est d’ailleurs ce qui nous arrive » (Contre-attaque).

« Monsieur Proust a raison, il a ses raisons, il a toujours raison, c’est un appareil de haute précision à qui rien n’échappe. Céleste dit l’essentiel : “Il s’est mis hors du temps pour le retrouver” » (Complots, L’ange de Proust)

Philippe Sollers attaque sur tous les fronts. En lecteur de L’Art de la Guerre et de Clausewitz, il s’adapte, positionne sa cavalerie et son infanterie, ne craint point la retraite, sait contourner l’ennemi, trouver une brèche dans sa défense, profiter de la nuit sans lune pour finalement attaquer, et quelle attaque ! Une attaque en deux temps, et plusieurs mouvements. Il y a Contre-attaque, un livre d’entretiens avec Franck Nouchi, livre d’échanges de mots et de balles, comme l’auteur de Femmes s’y emploie souvent dans la revue Ligne de Risque avec François Meyronnis et Yannick Haenel, le bordelais monte au filet.

Femmes, butin de guerre islamique, entre hommes et Dieu !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mercredi, 07 Décembre 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Il n’y a pas de compromis dans la création littéraire. Il n’y a que la liberté comme reine. La littérature est une aventure perpétuelle, mais dans le sens de l’Histoire. Mais pourquoi est-ce que la littérature arabe et maghrébine fuit le sujet de la religion et du religieux d’aujourd’hui ! Elle ne le questionne pas, ou pas assez, dans sa pauvreté philosophique, dans sa carence historique. L’Histoire, avec un grand H, c’est aussi et peut-être essentiellement ces petites histoires d’amour et de mort noyées dans le sang déversé au nom de la religion, déversé dans les halls des palais califales ou sur les tapis des mosquées faites de marbre blanc artisanal. Je parle de l’Histoire islamique, cela a été vécu dans les autres religions, et de la même manière, avec la même férocité. Le parcours de l’Histoire universelle est composé de futilités qui une fois réunies se métamorphosent en une force dévastatrice bousculant tout ce qui se trouve sur son chemin.

La littérature, la bonne littérature, ne fait pas dans le compromis ni dans l’arrangement. Elle est dévastatrice, ravageuse. Tsunami qui annonce le beau jour jumeau du beau texte !

Le Scalp en feu (X), par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 03 Décembre 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Poésie Ô lapsus », Robert Desnos

 

Le Scalp en feu est une chronique irrégulière et intermittente dont le seul sujet, en raison du manque et de l’urgence, est la poésie. Elle ouvre un nombre indéterminé de fenêtres de tir sur le poète et son poème. Selon le temps, l’humeur, les nécessités de l’instant ou du jour, ces fenêtres changeront de forme et de format, mais leur auteur, un cynique sans scrupules, s’engage à ne pas dépasser les dix à douze pages, ou à peine plus, pour l’ensemble de l’édifice. Le Scalp est publié, simultanément ou non, par les magazines en ligne : La Cause littéraire, et Recours au poème. Lecteur, ne sois sûr de rien, sinon de ce que le petit bonhomme, là-haut, ne lèvera jamais son chapeau à ton passage car, fraîchement scalpé, il craint les courants d’air (Michel Host)