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Chroniques régulières

Neverland, de David Léon, Mise en voix, création le 26 mai 2016

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 17 Juin 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

Dans le cadre du festival ZOOM #2 Du Réel au Poétique, qui a eu lieu du 12 au 26 mai au Théâtre Ouvert à Paris, le texte de David Léon, encore inédit, a été l’objet d’une mise en voix par Blandine Savetier, assistée d’Irina Solano avec six comédiens-lecteurs, dans la salle de la Coupole.

« Billie Jean / the one who will dance on the floor in the round »

Il y eut pour moi d’abord, les feuilles éparses du texte découvertes comme un long poème polyphonique. Silencieux et presque mystérieux Le commencement de tout. L’entrée dans Neverland, le domaine de l’enfance éternelle Michaël Jackson, peuplé d’animaux, parc d’attractions égoïste. Royaume de Peter Pan.

Ensuite vint la lecture avec les voix. Six jeunes comédiens, debout, derrière des pupitres comme des chanteurs ou musiciens en concert. Du côté jardin au côté cour, la « psy », jeune femme blanche qui commente, explique, analyse ce qui est arrivé à Mikaël, puis Mikaël le noir en chemise blanche, Jimmy noir en simple tee-shirt, les sosies, blanc et métisse, travestis en M. Jackson portant chaussures bicolores, petit feutre, gant noir brillant, pantalon trop court et chaussettes blanches, enfin le père noir en marinière.

Orphée du fleuve, Luc Vidal (4)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 15 Juin 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Orphée du fleuve, Luc Vidal, éditions du Petit Véhicule, 1999, 197 pages, 18 €

 

4. Écrire le mouvant poème, connaître les géographies du cœur. Luc Vidal, un poète, un éditeur pionnier.

Poète, de surplus poète du monde ouvert à la rencontre, Luc Vidal se nourrit des mots des autres poètes. Des toiles vivantes des peintres. Du poème vivant. D’ailleurs, des tableaux-poèmes se dessinent dans les Paysages fabuleux de l’Orphée du Fleuve. Ici,

« Un grand cheval rouge fait le tour de tes rêves

Et sur ta peau rougira le bonheur »

Là,

Le bonheur par la lecture : En hommage à Tahar Djaout, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 14 Juin 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

« Quand je l’ai accueilli en invité dans mon émission télévisée Akwas, quelques mois avant son assassinat, Tahar Djaout était lui-même, courageux, artiste, visionnaire, lucide, transparent, passionné de la lecture… Merci Tahar Djaout tu ne mourras jamais. Merci Tahar on ne t’oubliera jamais. Salut l’ARTISTE ! »

La lecture est le sel de la vie.

Un bon écrivain est d’abord et avant tout un très bon lecteur. L’écriture en elle-même est un exercice continu de la lecture. Une autre lecture qui se fait en souffrance, dans la souffrance pour combattre la souffrance. Les écritures, peu importe le temps ou la langue d’origine, se communiquent entre elles à travers les lectures.

Un bon citoyen c’est d’abord et avant tout un lecteur ! Il n’y a pas de citoyenneté sans la lecture de plaisir, celle qui garantit et renforce la liberté. La lecture est le chemin vers la citoyenneté, vers le vivre ensemble, vers le bonheur partagé, le droit partagé, le devoir partagé, la patrie partagée et protégée !

A propos de Lettres imaginaires de Mary Butts, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 11 Juin 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Un certain amour

à propos de Lettres imaginaires de Mary Butts, éd. Le lavoir Saint-Martin, 2016, dessins de Jean Cocteau, 15 €

 

J’ai quitté avant-hier le film de Xavier Dolan, Les Amours imaginaires, pour lire les Lettres imaginaires de Mary Butts illustrées par Jean Cocteau. Je sais, par ailleurs, de la bouche de Marie-Noëlle Chabrerie, la directrice des éditions Le lavoir Saint-Martin, que ce livre ne trouve pas suffisamment son public malgré le niveau d’exigence très élevé et la possibilité assez rare de feuilleter des dessins de Cocteau, inédits en France. Ces deux choses – la proximité du film et celle de Cocteau – m’incitent à essayer de déceler dans ce texte de M. Butts les clés de l’esprit « Queer », tel que l’envisagent les défenseurs des droits des homosexuels. Donc, regarder dans ce texte l’homophilie, car certaines lettres de l’ouvrage portent directement sur un jeune homme aimant les hommes.

Orphée du fleuve, Luc Vidal (3)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 09 Juin 2016. , dans Chroniques régulières, Les Chroniques, La Une CED

 

Dans le récit orphique de la quête amoureuse figurée par la poésie de Luc Vidal, les éléments naturels investissent le quotidien, toile de fond des rencontres, de l’existence – « le monde soleil joie du monde », la pluie ensemençant le rire des enfants, « un étrange poisson (parfois frais comme une jeune fille surgie de la dernière pluie) venu la nuit » sur « la ligne du cœur » et venant « boire l’oxygène de nos jours », quelques prénoms, des oiseaux du chagrin ou de l’insomnie sortant de la forêt des signes, « agrandissant le souffle des poumons », les chevaux innocents, le bleu des abeilles dans les ruches miel à l’horizon du regard amoureux…

3) Une poésie au cœur du monde. Correspondances baudelairiennes

« Ouvrir la porte aux amis des rencontres » : la poésie de Luc Vidal s’écrit sur le seuil des rencontres, rencontre amoureuse ou rencontre amicale, toujours prêtes de renaître, pérennes et fidèlement indemnes des basses tensions, coups bas, flux tendus, mesquineries piètres des trahisons humaines. Luc Vidal n’en parla pas, Orphée préférant en être revenu pour n’en pas revenir encore et toujours « de l’heure amoureuse là dans ton sourire » (Cent mille façons de tes étreintes).