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Théâtre

Le hibou, le vent et nous, Fabrice Melquiot

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 03 Juillet 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Recensions, La Une Livres, L'Arche éditeur

Le hibou, le vent et nous, 2013, 140 pages, 13 € . Ecrivain(s): Fabrice Melquiot Edition: L'Arche éditeur

 

Les vieilles chansons italiennes

Le titre de la pièce de F. Melquiot, Le hibou, le vent et nous, nous emporte dans la douceur de ses mots, dans la nostalgie du temps perdu de nos enfances, celui des vieilles chansons italiennes : Sapore di sale, sapore di mare… en ouverture et Cosa sarà avant le noir final. L’enfance est toujours une histoire d’adultes et d’enfants rêveurs. Les personnages de Melquiot traversent le temps, successivement 1976 et aujourd’hui. Lola et Sébastien vont grandir. Ils forment un quatuor (adultes-petits). Face à eux, Gérald, le grand frère de Sébastien qui a « deux âges à la fois », est le passeur des souvenirs. Il est d’ailleurs postier dans la vie. L’enfance nous ramène au conte merveilleux, à l’incertitude magique de la nuit : la nuit d’avant et celle d’aujourd’hui. L’enfance entraîne Lola et Sébastien dans la forêt, lieu des épreuves et des révélations. Les enfants comme les poètes fuguent. Il neige, c’est Noël. Les parents et le grand frère s’inquiéteront mais peu importe. Lola « veut voir le vent » (p.22) et Sébastien réclame son « vrai père », le hibou, le grand-duc. Les enfants et les animaux se métamorphosent :

Les invisibles, Claudine Galea

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 24 Juin 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espaces 34

Les invisibles, 2013, 73 pages, 12,80 € . Ecrivain(s): Claudine Galea Edition: Espaces 34

 

Théâtre aux Editions Espace 34 :

 

L’été où le ciel  s’est renversé, 2012

Au bord, 2010

Les chants du silence rouge, 2008

Les idiots, 2004

Je reviens de loin, 2003

 

La parole des invisibles


Qui sont les INVISIBLES ? CEUX QUE L’ON NE VOIT PAS.

Ping Pang Qiu 乒乓球, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 18 Juin 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Les solitaires intempestifs

Ping Pang Qiu 乒乓球, traduit de l’espagnol par Christilla Vasserot, 45 pages, 2013, 10 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

Née en 1966 en Espagne, Angélica Liddell, depuis son enfance, est habitée par des personnages, des dialogues. Plutôt que de s’engager dans un apprentissage conventionnel du théâtre, elle se construit dans les rencontres. La vie et le théâtre ne font qu’un. Elle écrit, elle met en scène, elle est sur le plateau : elle se mutile, boit de l’alcool, elle dit toutes les horreurs des êtres et du monde. Elle fonde la compagnie Atra Bilis en 1993 et ne cesse d’écrire (une vingtaine de pièces à son actif). En France, le public découvre la puissance de son théâtre lors du festival d’Avignon en 2010 avec la pièce La maison de la force, spectacle de quatre heures.

Ses œuvres parlent de la douleur des clandestins africains qui s’échouent sur les côtes espagnoles, des monstres comme Richard III, des femmes mexicaines… Angélica Liddell est sans aucun doute comme Rodrigo Garcia un phare du théâtre contemporain ibérique.

Pour entrer dans l’univers d’Angélina Liddell, il faut visiter son site organisé en deux parties : la vida et el trabajo. Il réunit des collages, des dessins, des détournements. Les corps des femmes y sont suppliciés, érotisés : www.angelicaliddell.com

Rabah Robert touche ailleurs que là où tu es né, Lazare

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 21 Mai 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Les solitaires intempestifs

Rabah Robert touche ailleurs que là où tu es né, mai 2013, 126 pages, 15 € . Ecrivain(s): Lazare Edition: Les solitaires intempestifs

 

Vaudeville tragique et poétique

 

Rabah Robert est le dernier opus d’une trilogie théâtrale, forme qui traverse l’histoire du théâtre depuis l’Orestie d’Eschyle jusqu’à l’œuvre de Claudel, Les Coûfontaine. Ici la trilogie fonctionne d’abord et avant tout à partir d’une « saga familiale » au centre de laquelle domine le personnage de Libellule, qui grandit et devient homme. Dans Passé – je ne sais où qui revient, Lazare fait allusion aux évènements de Guelma en 1947 ; dans la pièce suivante, il est question des cités et de la vie des jeunes gens, des adolescents, et dans cette ultime pièce, nous ne cessons de parcourir des territoires réels et invisibles entre l’Algérie et la France en quête d’un homme. Le titre d’ailleurs est là pour témoigner de ce va-et-vient historique, politique et intime. Lazare ne dit-il pas que ce nom, Rabah Robert, est « un nom qui se partage en là-bas et ici ». Libellule, son fils, s’exprimera ainsi, p.62 :

Mourir tendre, Guy Régis Jr

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 16 Mai 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Les solitaires intempestifs

Mourir tendre, 2013, 96 pages, 13 € . Ecrivain(s): Guy Régis Jr Edition: Les solitaires intempestifs

 

 

« Le théâtre est mon rêve d’homme »

 

Le titre d’une œuvre est comme une clef d’or qui nous ouvre les portes d’un lieu mystérieux. Guy Régis Jr plus que tout autre auteur nous invite à une lecture où l’incertitude syntaxique dit déjà le monde autrement. Il ne s’agit pas d’exotisme haïtien, créole, mais d’une vision poétique nouvelle. Mourir va généralement avec jeune, vieux ; mourir ici s’associe à un mot doux. Nous le comprendrons totalement à la fin du texte (p.90) quand l’un d’entre eux dira « je voudrais mourir tendre » comme un oiseau. Tendre de mourir en plein vol. Et d’ajouter « De mourir de la vie ».

Tout le texte de la pièce tendra vers ce point de délivrance, vers son mot ultime « finissement ».