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Théâtre

Le Ciel dans la peau, Edgar Chìas

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 03 Décembre 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine

Le Ciel dans la peau, traduit de l’espagnol (Mexique) Boris Schoemann avec la collaboration Pierre Losson, éditions Le miroir qui fume, N°7, 94 p. 11 € . Ecrivain(s): Edgar Chias

 

Martyre de femmes


Le texte de Chìas s’ouvre sur des citations ironiques et terribles de deux auteurs mexicains : celles de la romancière féministe, Rosario Castellanos, et du poète Eduardo Lizalde, qui semblent nous préparer au pire. L’auteur nous donne aussi « un mode d’emploi » à notre lecture et définit en quelque sorte la nature de son œuvre : « un récit à plusieurs voix ». Il laisse le metteur en scène à venir, libre face à son texte. Le petit volume apparaît sous la forme d’un texte constitué de blocs de courts paragraphes et ici et là de paroles au style direct, surtout celles de personnages secondaires, que quelques titres interrompent, sur le mode du chapître en caractères gras et en lettres capitales, mais peut-être plus symboliquement comme les « stations d’un chemin de croix tragique » : le premier titre est AU COMMENCEMENT (souvenir de la Genèse sans doute) auquel répondra à la fin : Au COMMENCEMENT ETAIT.

« Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme » : un projet d’alphabétisation, Angélica Liddell

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 26 Novembre 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les solitaires intempestifs

« Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme » : un projet d’alphabétisation, traduit de l’espagnol par Christilla Vassirot, 2011, 63 p. 11 € . Ecrivain(s): Angélica Liddell Edition: Les solitaires intempestifs

 

 

Porque te vas ? ou le regard d’Ana

 

En 2011, Maldito sea el hombra que confia en el hombre : un projet d’alphabétisation, après le choc que représenta La casa de la fuerza, bouleversa à son tour le festival d’Avignon, spectacle de plus de trois heures, avec ses petites filles en robe dorée arpentant le théâtre du monde dans un décor d’arbres en carton et d’animaux empaillés. D’une certaine façon, Liddell revient au commencement de tout : premier volet de la trilogie chinoise et surtout chant rageur de l’enfance perdue,  bafouée, dont l’hymne ne serait autre que la très célèbre chanson du film de Carlos Saura, en version française, chanté par Jeanette, p.32, 33 :

Père et fils, David Léon

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 21 Novembre 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Espaces 34

Père et fils, 2013, 36 pages, 9,80 € . Ecrivain(s): David Léon Edition: Espaces 34

 

Naufrage

 

Père et fils est la seconde pièce éditée de David Léon après Un Batman dans sa tête. Il s’agit d’un texte court à quatre personnages de facture plus « classique » : un père, son fils, un homme et une femme militarisés. A sa lecture, nous ne pouvons pas ne pas penser au très récent naufrage près des côtes de Lampedusa qui coûta la vie à plusieurs centaines de morts, exilés venus de Libye dans l’espoir d’entrer en Europe, même si le lieu théâtral est un lieu de nulle part. En outre, la photographie d’Alain Gourhant, Méditer sur l’éphémère, de la première de couverture, introduit le motif central de la pièce : l’embarcation échouée sur une plage, celle des exilés et qui constitue les trois « paysages » de la pièce, p.9 et p.34, à l’incipit et à l’excipit et au centre de l’œuvre p.24 :

Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, Bruno Tackels

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 11 Novembre 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les solitaires intempestifs

Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, Ecrivains de plateau VI, 2013, 190 p. 15 € . Ecrivain(s): Bruno Tackels Edition: Les solitaires intempestifs

 

« Le terrain vague sublime »

 

Bruno Tackels revient pour la sixième fois à son travail consacré « aux écrivains de plateau », ceux pour qui le texte n’est pas le point central du théâtre, mais ce qui le parachève. Tous ont marqué l’histoire du théâtre contemporain et avec Ariane Mnouchkine et le théâtre du Soleil, il parcourt près de cinquante ans de créations d’une troupe pas comme les autres.

Nous entrons dans le livre de B. Tackels par une magnifique « porte », la première de couverture, invitation à la découverte, au retour sur des souvenirs flamboyants de théâtre. La photographie de plateau, prise lors du tournage du film, né de la pièce Les Naufragés du Fol espoir en 2013 est un « portrait » de la troupe en costumes, prise dans son mouvement et celui d’Ariane Mnouchkine, devant elle, parmi elle. Ils sont ENSEMBLE.

Suzy Storck, Magali Mougel

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 05 Novembre 2013. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espaces 34

Suzy Storck, 2013, 75 pages, 12,80 € . Ecrivain(s): Magali Mougel Edition: Espaces 34

 

« L’autre guérillère ordinaire »

 

En 2013, les Editions espaces 34 publient deux volumes consacrés à Magali Mougel : Guerillères ordinaires, poèmes dramatiques (cf. chronique du 16 avril 2013) et Suzy Storck. Ces deux œuvres se font écho et particulièrement le premier poème « Lilith, à l’estuaire du Han » et Suzy Storck. La seconde pièce constitue en effet une amplification, un aboutissement dramatique de la première inspirée d’un fait divers : Magali Mougel passe d’un monologue court à un texte inscrit dans l’héritage du tragique antique : elle convoque un chœur. Elle construit sa pièce à partir d’un prologue auquel répond un épilogue et le dialogue fait se déployer les voix des personnages qui gravitent autour de la figure de Suzy, Médée sans mythologie, Médée du peuple. Suzy comme Lilith est une mère infanticide sans doute malgré elle : elle a commis « une faute d’étourderie » en oubliant son troisième enfant, nourrisson, en plein soleil dans sa poussette.