Identification

Pays de l'Est

La Soeur, Sándor Márai

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 19 Novembre 2011. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Recensions, Critiques, La Une Livres, Roman, Albin Michel

La sœur (A Nover), traduit du hongrois par Catherine Fay, 310 p. 20 € (1946) . Ecrivain(s): Sandor Marai Edition: Albin Michel


La sœur est un modèle de construction, un Psychose avant l’heure en termes de mécanique. Où le héros n’est pas forcément celui que l’on croit. Tout du moins, celui que l’on suit pendant toute la première partie du livre disparaît tout à coup. Il laisse la place à l’un des personnages secondaires et un nouveau livre commence. Comme si La sœur était composé de deux livres en un seul, deux longues nouvelles qui se chevauchent et qui se répondent. Ou plutôt où la deuxième mange littéralement la première.

C’est le quatrième Noël de la seconde guerre mondiale et le narrateur, un écrivain, est parti passer quelques jours dans une auberge, située au sommet d’une montagne de Transylvanie. Bientôt, le temps se détraque, il se « calque sur la guerre ». Tous les occupants de l’auberge se retrouvent acculés dans l’auberge, pris au piège, comme mis « en quarantaine ». Car le lieu n’est plus franchement hospitalier. Il est humide et il sent le graillon. Pour ne rien arranger, le narrateur se retrouve en compagnie de gens avec lesquels il n’a pas envie d’échanger plus de trois mots. Sauf un : Z. Grand musicien, il est devenu « l’ombre de l’être triomphant et légendaire » qu’il a été.

L'Estivant, Kazimierz Orlos

Ecrit par Sophie Adriansen , le Lundi, 31 Octobre 2011. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Editions Noir sur Blanc

L’Estivant, trad. du polonais par Erik Veaux, août 2011, 128 p. 14 € . Ecrivain(s): Kazimierz Orlos Edition: Editions Noir sur Blanc


Il y a 50 ans, le narrateur a aimé Mirka, un premier amour adolescent lors de vacances au bord de la mer. Mirka est tombée enceinte, l’a écrit au narrateur.

Cinq décennies plus tard, celui-ci retrouve les lettres qu’il avait fait sortir de sa mémoire. A présent qu’il a construit sa vie, il ressent le besoin de partir à la recherche de ce passé-là, de retrouver Mirka, et leur enfant.

Il quitte le domicile familiale et part ; chemin faisant, il raconte sa quête à son fils officiel.

« J’ai mis bout à bout cette histoire à partir de notes éparses, de feuilles de cahier arrachées, de griffonnages sur des bouts de serviettes en papier du restaurant La Frégate. Et même de coupures de journaux. J’ai commencé à rédiger en novembre et fini en décembre 2003. J’ai tout mis en ordre. Rajouté par ici, enlevé par là. Aligné les jours, les semaines. Qu’après ma mort, le destinataire reçoive un texte clair. Simple, même si l’histoire elle-même, évidemment, n’est pas simple. Voici donc le texte que je destine à mon fils » (page 7).