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Pays de l'Est

Le Coq de madame Cléophas, Gyula Krudy

Ecrit par Adrien Battini , le Vendredi, 27 Septembre 2013. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Coq de madame Cléophas, traduit du hongrois par Paul-Victor Desarbres et Guillaume Métayer, éditions Circé, 20 septembre 2013, 118 pages, 10 € . Ecrivain(s): Gyula Krudy

 

L’art éditorial ne revient pas, quand bien même la saison s’y prêterait, à placer ses poulains dans les différentes sélections des inévitables prix littéraires. Des irréductibles continuent de faire fi d’une certaine actualité et proposent au lecteur toujours friand de découvertes des petits trésors inattendus. C’est ici le cas des éditions Circé qui exhument des limbes magyares Le Coq de madame Cléophas, ouvrage saisissant publié au début des années 20.

Ce court roman, ou cette longue nouvelle, s’ouvre sur l’arrivée de Pistoli dans son village natal après des années d’exil. Ce retour au bercail, perçu comme une véritable résurrection par ses congénères, résonne pourtant comme un recommencement maudit. Bon vivant, passionné par la gente féminine, Pistoli doit faire le deuil de ses anciennes mœurs et s’enfonce dans un ermitage mortifère. L’élément perturbateur prend la forme de la disparition du coq de la démunie Cléophas. Les cris de la femme ramènent notre héros à ses impératifs sociaux et moraux, et le voici qui prend la route à la recherche de l’animal et de ses présumés voleurs.

Le baiser, en voie de disparition ?, Zorica Tomić

Ecrit par Jean-François Vernay , le Samedi, 31 Août 2013. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, L'Âge d'Homme

Le baiser. En voie de disparition, traduction de Vladimir André Cejovic, juin 2013, 216 pages, 17 € . Ecrivain(s): Zorica Tomić Edition: L'Âge d'Homme

Comme dit la chanson,

Tout tout tout

Vous saurez tout sur le baiser

Le pressant, le palpitant

Le total, le contournant

Le transféré, le soulevé

celui de la langue pénétré

Le gros horizontal

Le p’tit nominal

Le grand érotique

Le très discret aquatique

Tout tout tout tout

Portraits, Dezső Kosztolányi

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 15 Juin 2013. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, La Baconnière

Portraits, traduit du hongrois par Ibolya Virág avec la collaboration de Michel Orcel, mai 2013, 192 p. 16 € . Ecrivain(s): Dezső Kosztolányi Edition: La Baconnière

 

Dans le portrait inaugural de ce livre qui en contient une trentaine, Dezső Kosztolányi explique qu’il recourt à la méthode de la maïeutique. A la manière de Platon, il tente « d’accoucher les esprits ». Il pose des questions, rebondit sur les réponses qui lui sont données. Et le terme « d’accoucher » est effectivement très à propos, puisque le premier portrait concerne… une sage-femme.

On sent déjà affleurer cette petite touche d’humour qui sera présente dans tous les portraits qui émaillent l’ouvrage.

Certains sont étonnés que Dezső Kosztolányi s’intéresse à eux, qu’il veuille à ce point connaître des détails de leur vie. Lui s’étonne qu’ils s’étonnent.

« Ils ne comprennent pas qu’ils sont intéressants en eux-mêmes ».

Les étrangers, Sándor Márai

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 15 Mai 2013. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Les étrangers, traduit du Hongrois par Catherine Fay, octobre 2012, 445 pages, 22 € . Ecrivain(s): Sandor Marai Edition: Albin Michel

 

Livre complètement à part, que ce Sandor Marai, publié en 1930. Superbe écriture classique, qui vaudrait modèle pour tellement d’écrivains actuels se pensant aboutis ; modernité totale de la syntaxe, du phrasé, de l’organisation du récit, de son parti pris, aussi, et, pour tout dire, du sujet.

Filiation, certes, dans les pas de Stafan Zweig – cela a été dit, ça et là – mais, aussi, en fond d’écran, passe L’idiot, et cette Suite française d’Irène Némirovsky, qui offre à l’identique une facture parfaitement classique et une étonnante modernité.

L’histoire tient dans le petit sac que l’étranger porte sur le dos, dans son errance française : Hongrois – milieu aisé, intellectuel (le père vit au bord des vignes, en peaufinant un ouvrage d’Histoire, jamais fini, au titre impossible). Lettré et diplômé lui-même, nanti de bonnes études en Allemagne. Il prend le train pour Paris – c’est le début du livre –, et le dernier chapitre le trouve en gare, avec, à la main, un billet retour pour Budapest. Entre les deux, la France de l’entre-deux guerres ; les pérégrinations de ce Hongrois, jeune, dont on ne sait même pas le nom ; ses ressentis, ses rares rencontres.

Réponds correctement !, Eva Janikovszky

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 04 Février 2013. , dans Pays de l'Est, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, La Joie de lire

Réponds correctement !, illustrations de Lászlò Réber, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, septembre 2012, 40 pages, 12,20 € . Ecrivain(s): Eva Janikovszky Edition: La Joie de lire

 

« Quand on me pose une question, je sais que je dois donner la bonne réponse » se dit le petit garçon de cet album vif et impertinent. La difficulté, c’est que ses réponses conviennent rarement aux adultes. De plus les questions d’adultes sont rarement pertinentes et intéressantes. En résulte un calvaire de tous les instants pour l’enfant partagé entre l’envie de bien faire et ses propres désirs. « Réponds correctement » lui intime-t-on ! Mais quelle est la réponse correcte à « Tu peux me dire pourquoi tu brailles ? », « Qu’est-ce que tu veux manger demain, mon lapin ? », « Alors, quoi de neuf ? »…

L’enfant est fasciné par le langage des adultes où existent mille et une façons de dire oui, non et bonjour. Il ne sait jamais comment les satisfaire, sans s’attirer reproches, moqueries ou réprimandes. Que peut-il répondre aux invités lorsqu’ils lui demandent s’il préfère son papa ou sa maman ? s’il aime l’école ou ce qu’il veut faire plus tard ? Alors le petit garçon se tait et il sait que ce n’est pas la bonne réponse.