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Les Livres

Le Chapeau de Mitterrand, Antoine Laurain

Ecrit par Alexandre Muller , le Mardi, 10 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Flammarion

Le Chapeau de Mitterrand, 212 pages, 18 € . Ecrivain(s): Antoine Laurain Edition: Flammarion

Daniel Mercier entra dans une brasserie parisienne, adresse prestigieuse, se vit installer à une table dressée d’une nappe d’un blanc vif, presque bleuté, se fit servir une bouteille de Pouilly-Fuissé et un plateau royal de fruits de mer dont les prix dépassaient sensiblement ce qu’il avait imaginé. Soudain le maître d’hôtel accueillit trois nouveaux clients. L’entrée de ces trois personnages dans la brasserie donna un tournant exceptionnel à la soirée peu ordinaire de Daniel. A la table d’à côté viennent de prendre place, François Mitterrand, Roland Dumas (son ancien ministre des Relations extérieures), et un troisième homme, un dénommé Michel, gros trapu à lunettes et cheveux frisés.


« Je dîne à côté du Président de la République, se dit Daniel à plusieurs reprises afin de pouvoir donner une forme de réalité à ce fait récent, nouveau, irrationnel ».


Daniel finira son repas doucement, le plus doucement du monde, buvant les paroles présidentielles, rêvant d’être le quatrième homme de la table présidentielle. François Mitterrand était si près qu’il aurait suffi qu’il approche sa main pour le toucher.

Paperboy, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 09 Janvier 2012. , dans Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Points

Paperboy (The Paperboy), 374 p., traduit de l’anglais (USA) par Brice Matthieussent, 7,50 € (1995) . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Points

1965. Floride, comté de Moat.

Le Shériff Thurmond Call a été retrouvé mort, éventré. Dans l’exercice de ses fonctions, il avait tué bon nombre de personnes, mais des Noirs, ce qui, dans la Floride des années 60, n’était pas si grave que ça… Un jour, un peu trop éméché, il tue à coups de pieds Jérôme Van Wetten. Un vendeur de voitures. Et un blanc.

Une semaine plus tard, l’un de ses cousins, Hillary Van Wetten était arrêté et reconnu coupable du meurtre du représentant de l’ordre et il est condamné à la chaise électrique.

Son cas va intéresser deux journalistes d’investigation d’un journal de Miami,  le frère du narrateur, Ward et son collègue Yardley Acheman. Les deux hommes ont, grâce à leurs premiers articles, acquis une certaine notoriété et ils comptent sur le cas d’Hillary Van Wetten pour emmener leur carrière vers les sommets et le Prix Pulitzer. En effet, le procès s’est déroulé de manière un peu hâtive, beaucoup de zones d’ombre n’ont pas été explorées.

Ils pensent pouvoir sortir le prisonnier du couloir de la mort.

Revue "Dissonances" N°21, "le Vide"

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 09 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres


Dans une présentation assez austère, la revue « Dissonances » propose en fait à ses lecteurs des réflexions et des textes littéraires qui ne le sont pas du tout !

De l’innovation linguistique (les « antijours, vendrimanche, Dimadredi » aux fantaisies typographiques ("Anaéro’bic", "Alexie" …), en passant par des analyses et des écrits pétillants de nouveauté, les pages grises et blanches du numéro 21 ("Le vide") sont en fait pleines de couleurs et de vie !!

Ne vous laissez pas prendre … ni par le sérieux un peu triste de l’apparence, ni par le titre de ce numéro. Ce « vide » est plein à ras-bord de créativité !

Les « regards croisés » sur le livre de Bruce Bégout « Le Park » offrent 4 articles fort pertinents et divers. Tous auraient même mérité de paraître dans… La Cause Littéraire aux côtés de l’article que nous avons publié sur le même livre. C’est vous dire !

Une année studieuse, Anne Wiazemsky

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 06 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Gallimard

Une année studieuse, janvier 2012, 262 p., 18 € . Ecrivain(s): Anne Wiazemsky Edition: Gallimard

 

Eté 1966, Anne Wiazemsky, 19 ans, fille du Prince russe Yvan Wiazemsky et petite-fille de François Mauriac, prépare son bac pour la nouvelle session fixée à l’automne de la même année. Au détour d’un cocktail d’été organisé dans les jardins de la Maison d’édition Gallimard, elle rencontre François Jeanson. « [Il] rendait vivant n’importe quelle pensée abstraite. Des concepts ardus s’incarnaient, devenaient accessibles. Il faisait le lien entre la philosophie, les philosophes et notre vie quotidienne, en 1966 ». En écho à sa demande, le philosophe accepte immédiatement de lui donner des cours de rattrapage en vue de ses prochains examens. Au cours de leurs discussions, Francis Jeanson n’aura de cesse de marteler : « Précise ta pensée » ; ce conseil, Anne Wiazemsky s’en rappelle aujourd’hui encore.


Ce même été 1966 voit également la naissance de sa magnifique histoire d’amour avec le cinéaste Jean-Luc Godard. Son décor, les paysages et les senteurs du Sud de la France ; son cadre, la belle demeure de son amie Nathalie :

Trop loin la mer, Frédérique Niobey

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Vendredi, 06 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Trop loin la mer, 2011, 137 p. 10 € . Ecrivain(s): Frédérique Niobey Edition: Le Rouergue

 

Rosa est dure, Rosa fume le regard fixé dans le vague, Rosa ne parle guère ou si peu, Rosa fugue. Sans cesse. Rosa cherche, mais quoi ? De Rosa, on ne sait pas grand-chose, ou alors des choses qui ne devraient pas être : un père parti aimer ailleurs une autre femme, une autre fille, plus blondes, plus belles, loin. Une mère qui « n’a jamais fait autre chose le dimanche que fumer et mater des films, affalée dans le canapé avec ses vieux joggings, aussi informes que la journée ». Le temps qui s’écoule, lentement entre le vide et le parking où se réunissent d’autres jeunes, au rythme des mots que Frédérique Niobey égraine comme l’on sème : lentement et attentivement.

Alors, au bout du bout, les services sociaux envoient Rosa dans le Périgord au Lieu de Vie, un foyer d’accueil minuscule peuplé de personnages aussi schématiques que symboliques : Sister, la petite fille timide et traumatisée par on ne sait quoi ; Toni, Rino et Nordi, le Trio, trois garçons identiques, un peu bêtes, un peu revêches, figés dans leur rôle de « mecs des cités », et les éducateurs, Sid et Mame, si gentils, si compréhensifs, si… famille. Mais Rosa n’est pas dupe de ce décor, de ces gens en carton-pâte qui posent pour la première page, « celle qui est censée s’imprimer dans sa tête ».