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Espagne

Mon premier voyage, Paloma Sánchez Ibarzábal et Massilimiano di Lauro

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 05 Juin 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Italie

Mon premier voyage, trad. de l’espagnol par Maud Huntingdon, OQO éditions, février 2013, 40 p. 15,50 € . Ecrivain(s): Paloma Sánchez Ibarzábal et Massilimiano di Lauro

Celui qui raconte cette histoire ne sait pas trop qui il est. Serait-il un étrange poisson glissant dans un océan accueillant ? Serait-il aux commandes d’une puissante navette dont les moteurs vrombissent de POUM POUM incessants ? Serait-il un nuage flottant dans le ciel ? Un événement terrible survient, le projetant hors de sa navette. Il craint le pire : va-t-il mourir ?

Au terme de son voyage, il n’a toujours pas de réponse à ses questionnements identitaires mais il sait qu’il vit et que le voyage ne fait en réalité que commencer. Il retrouve sa navette chaude et moelleuse et leurs deux moteurs vibrent à l’unisson.

Dans ce bel album se dessine le voyage par lequel débute toute existence et le jeune lecteur comprend d’emblée que le narrateur est un enfant à naître. Tout le plaisir réside alors dans la mise en images de ce que cet être en construction imagine et devine de l’espace dans lequel il grandit et « voyage », dans la joyeuse naïveté de ses paroles et de ses hypothèses. D’une page à l’autre, la situation se précise : de la bulle à la navette, de la poche à la fenêtre, le cordon prenant diverses formes.

Le gardien invisible, Dolores Redondo

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 03 Mai 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Stock

Le gardien invisible, traduit de l’espagnol par Marianne Million, Stock La Cosmopolite Noire, mars 2013, 453 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Dolores Redondo Edition: Stock

 

Voici le premier roman d’une trilogie policière qui se déroule au Pays Basque espagnol. Des adolescentes sont retrouvées dans la vallée de Baztán, étranglées, les vêtements déchirés de part et d’autre de leur corps, maquillage effacé et un txatxingorri déposé sur leur pubis rasé. Les txatxingorris sont des gâteaux typiques de la région. De plus, des poils d’origine animale sont retrouvés sur chacune d’elles. L’enquête est confiée à l’inspectrice Amaia Salazar, originaire d’Elizondo, le chef-lieu de la vallée, qui n’y était jamais revenue depuis qu’elle l’avait quitté. Amaia Salazar est une femme fine et intelligente, dotée d’une ferme volonté, formée au FBI, elle est spécialisée dans la traque de tueurs en série. C’est donc confiante dans ses capacités qu’elle va se lancer, plus ou moins bien secondée de ses co-équipiers, dans une course contre la montre pour identifier et arrêter le tueur, mais ce retour sur les lieux de son enfance, où elle a encore de la famille, est loin d’être anodin. Surtout qu’une de ses deux sœurs, Flora, prend visiblement plaisir à réactiver ce passé.

« Oublier est un acte involontaire. Plus on essaie de laisser quelque chose derrière soi, plus cette chose vous poursuit ».

La nuit du loup, Javier Tomeo

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 05 Février 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Christian Bourgois

La nuit du loup, Janvier 2013, traduit de l’espagnol par Denise Laroutis, 150 p. 15 € . Ecrivain(s): Javier Tomeo Edition: Christian Bourgois

 

Voici une bien drôle d’histoire, serait-on tenté de dire. Dans une ambiance inquiétante qui frôle le fantastique, Javier Tomeo nous fait assister tout au long de La nuit du loup à une longue et étrange discussion. Cela se passe une nuit de 30 novembre, une date qui n’est pas anodine, cependant le sujet n’est pas là. Le sujet, ce sont deux hommes partis faire un petit tour après le repas, et qui tous deux, à une cinquante de mètres de distance l’un de l’autre, se foulent malencontreusement la cheville. Les voilà donc immobilisés là, dans la lande déserte. Tout proches, et cependant hors de vue, à cause d’un virage qui sépare Macarío, le premier, réfugié sous un abribus, d’Ismael, le deuxième, assis plus loin au bord de la route. Macarío vit à cinq cents mètres à peine de là, c’est un retraité solitaire, poète lyrique et un peu bizarre. Ismael, qui s’est foulé la cheville quelque temps après Macarío, est un assureur qui devait passer une nuit à l’hôtel du village, après avoir vendu quelques assurances-vie à des villageois faciles à convaincre. Un homme qui ne fait rien de plus que son métier, en somme, un citadin, marié, dont la seule bizarrerie serait d’aimer les films de vampires et de loups-garous, ce qui ne peut que nourrir l’imagination un peu plus qu’il ne le faudrait dans une telle situation.

Le pont des assassins, Arturo Perez-Reverte

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Seuil

Le Pont des Assassins (El Puente de los asesinos), traduit de l’espagnol par François Maspero, octobre 2012, 349 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Arturo Pérez-Reverte Edition: Seuil

 

Voilà qui ravira les amateurs des romans de cape et d’épée, et en particulier, ceux dont l’enfance a retenti des cliquetis d’épée et des éclats de mousquetons des Pardaillan, de Lagardère, ou de nos mondialement célèbres Trois Mousquetaires.

Tout comme celles de Pardaillan ou de d’Artagnan, les aventures du Capitaine Diego Alatriste y Tenerio, le mercenaire espagnol que nous retrouvons en ce volume, se déclinent en plusieurs tomes. Celui-ci en est le septième.

Partageant la vision, tantôt critique, tantôt dubitative, souvent admirative, toujours respectueuse que porte le narrateur, le jeune spadassin basque Iňigo Balboa, sur les faits, les dires et les gestes du Capitaine Alatriste, dont il est à la fois le serviteur, le disciple, l’assistant, le sbire et le compagnon dévoué, nous suivons jour après jour le récit d’un complot visant à renverser, pour le compte de l’Espagne, le doge de Venise, Giovanni Cornari, trop lié avec la France au goût de Philippe IV.

L’objectif une fois annoncé, le décor se met en place, le complot s’ourdit, la stratégie se dessine, les protagonistes se rencontrent, font connaissance, s’organisent.