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Critiques

Le Lynx, Silvia Avallone

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Italie, Editions Liana Levi

Le Lynx, trad. italien Françoise Brun (La lince, 2011, inédit publié par le Corriere della Sera), 64 pages . Ecrivain(s): Silvia Avallone Edition: Editions Liana Levi

 

Avec ce court récit de cette autrice juste trentenaire (elle est née en 1984), dont le roman D’acier a remporté un important succès en Italie comme chez nous, c’est une véritable petite pépite littéraire que nous offrent les éditions Liana Levi. En une cinquantaine de pages, Silvia Avallone nous montre un de ces basculements comme il peut parfois en survenir dans la vie d’un homme, imprimant irrémédiablement un avant et un après.

Nous faisons rapidement connaissance de Piero, sûr de lui, roublard, séducteur et bien sûr flambeur. Un petit truand qui se la joue et aime à vivre sur le fil, tutoyant plus que nécessaire la justice. Encombré d’une épouse qu’il a connue trop jeune, Piero refuse un peu de vieillir, de devenir raisonnable. Le personnage semble tout droit sorti du cinéma italien des années 60 entre les Vitelloni de Fellini (1), les Ragazzi de Pasolini et Bolognini (2), peut-être frère de Rocco (3). Un de ces trentenaires dont l’adolescence semble s’éterniser, jusqu’à ne jamais finir, jusqu’à devenir un style de vie que rien n’arrêtera jamais.

Géants, toute l’histoire du basket-ball, Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

Ecrit par Jean Durry , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Histoire

Géants, toute l’histoire du basket-ball, Chroniques Editions, août 2015, 304 pages, 39 € . Ecrivain(s): Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

 

En mai 2012, Chroniques Editions avaient signé un coup de maître avec la publication de Jours de Fête, ouvrage de référence sur l’histoire du Tour de France cycliste, signé de Françoise et Serge Laget – meneur de jeu –, Philippe Cazaban – déjà –, Gilles Montgermon. Dans cette même collection, après « XV L’incroyable Aventure du Rugby », « Jours de Foot » et précédant « Skateboard, de la rue à la rampe », voici donc « Géants, toute l’histoire du basket-ball ». C’est une nouvelle réussite d’une série novatrice, étayée sur une maquette grand format (32,5x24cm) imbriquant de manière spectaculaire une rare iconographie et des textes souvent originaux. En cinq chapitres, déroulant une chronologie de 125 années, de l’invention du jeu par James Naismith à l’automne 1891 jusqu’à nos jours, nous est proposé le parcours qui a conduit au Sport récemment popularisé par les exploits de Michael Jordan devenu star planétaire, et pour l’hexagone de Tony Parker emmenant l’équipe tricolore aux plus beaux succès.

La face nord de Juliau, treize à seize, Nicolas Pesquès

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 29 Avril 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Flammarion

La face nord de Juliau, treize à seize, 2016, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Nicolas Pesquès Edition: Flammarion

 

« Il y a tout de suite de l’écart. Il y a tout de suite un instant qui s’en va ».

1.

 

1. 1. 1. « J’écris dans la bouche ».

1. 1. 2. « J’écris dans la bouche jusqu’à la jouissance des yeux ».

 

1. 2. 1. « [I]l n’y a pas de contradiction entre les mots et les choses, et […] la grammaire n’est pas un socle sûr et définitif, mais notre corps nécessairement étendu ».

1. 2. 2. « Ce que les phrases font est comparable à ce que la colline procure. Corps et paysage sont des composés l’un de l’autre, ils communiquent facilement ».

Injection mortelle, Jim Nisbet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/noir

Injection mortelle (Lethal Injection), janvier 2016, trad. américain Freddy Michalski, 269 pages, 8 € . Ecrivain(s): Jim Nisbet Edition: Rivages/noir

 

Les trois premiers chapitres de ce livre vont vous poursuivre longtemps. Leur noirceur, leur violence et – malgré tout – leur bouleversante humanité sont de ces moments de littérature qui entrent dans le panthéon imaginaire des lecteurs. Ils constituent aussi la matrice narrative qui va déployer les lignes de tension de tout le roman : la culpabilité, la quête de rédemption, le châtiment.

Bobby Mencken est au bloc des condamnés à mort. Il attend. C’est imminent. Le prêtre est là, qui radote. Bobby s’en fiche. Il regarde son seul ami dans sa cellule : un cafard.

« Le cafard se tenait là avec ses six bas carmins et son fuselage zébré, à jouer de ses antennes, comme s’il battait la mesure de la prière qui descendait sur lui des hauteurs des cintres, presque comme un acteur sur sa scène, où les jambes noires du prêtre seraient les tentures d’une chapelle funéraire. Matilda le cafard, petite maîtresse du temps et de l’espace, qui savait aller et venir en ces lieux à son gré, témoignage d’un idéal de survie élégante et sans effort ».

1557, Jean-Pierre Croset

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Histoire

1557, éd. Zinedi, mai 2016, 280 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jean-Pierre Croset

 

Préfacé par Xavier Bertrand, maire de Saint-Quentin et Président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le roman narre un épisode trop peu connu de l’Histoire de France, à savoir le siège de cette bourgade picarde de 8000 âmes par l’armée impériale espagnole de Philippe II, commandée par Emmanuel-Philibert de Savoie, qui eut lieu du 2 au 29 août 1557. Saint-Quentin finit par capituler, mais les semaines gagnées entraînèrent l’affaiblissement de l’ennemi, et Philippe II renonça à marcher sur Paris. Le récit se poursuit par les aventures des deux héros, Anne Dassonville et Guillaume de Rhuis, dans le Paris d’Henri II, de Catherine de Médicis et au château d’Anet de Diane de Poitiers, et jusqu’à Florence et Rome.

Dans la première partie, le texte de Jean-Pierre Croset séduit par de minutieuses descriptions de combat, très documentées, et par un lexique soigné qui reproduit et informe sur les usages de la guerre à la Renaissance, avec des notes de bas de page précisant l’acception des termes d’époque :