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Critiques

Camus, Herbert R. Lottman

Ecrit par David Campisi , le Mardi, 15 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Biographie, Le Cherche-Midi, La rentrée littéraire

Camus, traduit de l’anglais (USA) par Marianne Véron, septembre 2013, 1056 pages, 22 € . Ecrivain(s): Herbert R. Lottman Edition: Le Cherche-Midi

Le 24 novembre 1978, il y a 35 ans, Bernard Pivot ouvrait le 167ème numéro de son émission Apostrophes par cette phrase : « Si on avait pris le pouls de Camus et de Mauriac, je suis sûr qu’on aurait entendu battre le monde ». Parmi les invités : Marie Susini, romancière, Louis Guilloux, grand ami d’Albert Camus et célèbre écrivain breton, Guy Dumur, critique dramatique, alors chef du service littéraire du Nouvel Observateur, ainsi que trois grands spécialistes de Mauriac et un élève du Lycée Racine, Bruno Blanckeman, âgé de 17 ans, jeune lecteur à l’époque.

Le sujet du jour : une biographie énorme d’Albert Camus, un pavé lourd de Herbert R. Lottman, un américain.

La première biographie consacrée à Albert Camus fait débat : on lui reconnaît des défauts, des qualités aussi. Certains sont dithyrambiques « le travail est splendide », mais les désaccords fusent : peut-on rester objectif ? On reproche a Lottman d’avoir essayé de ne jamais prendre parti, de rester neutre. L’enquête qu’il a menée auprès de ceux qui ont connu Camus est qualifiée d’« enquête policière » froide. Guy Dumur est estomaqué : « Cette biographie est curieuse et bouleversante pour ceux qui ont connu Camus ». Certaines erreurs sont pointées – des détails, bien sûr – on va reprocher à Lottman de ne pas être allé au fond des choses.

Arizona Tom, Norman Ginzberg

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 14 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Héloïse D'Ormesson

Arizona Tom, août 2013, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Norman Ginzberg Edition: Héloïse D'Ormesson

« À Brewsterville, les distractions sont rares. /…/ Ce n’est pas moi qui m’en plaindrais. Moins il s’en passe mieux je me porte. Je suis le shérif de ce bled. Un shérif placide et discret, ni bégueule ni fiérot. Pas un de ces paltoquets qui bombent le torse devant les voleurs de poules, une main sur l’étoile, l’autre sur la crosse de leur colt. Je suis shérif comme d’autres sont putains ou croquemorts, parce qu’il en faut ».


Ocean Miller, alias Ocean Meier, fils de juifs immigrés venus chercher fortune en Amérique après avoir fui Hambourg où ils ne vivaient que dans la malédiction, la misère et le mépris, se livre au soir de son existence au jeu des confidences. Une vie sans grande étoffe, souvent marquée par la poisse, jusqu’à ce poste de shérif dans ce trou perdu d’Arizona aux limites du désert de Mojave. Entre deux rasades de bourbon, il se remémore… les petit boulots d’avant, les succès faciles auprès des femmes, l’engagement dans l’Union pendant la guerre de Sécession aux côtés du général Chamberlain, le poste d’adjoint d’un marshal dans le Kansas, la traque aux voleurs de bétail, les amitiés trahies et au bout de la route, ni épouse, ni enfants, ni même un toit, dans ce bled où il ne se passe rien ou presque. Sauf le mercredi 8 juin 1883, où le chemin du shérif croise dans le désert celui d’un gamin sourd-muet, Tom, tirant au bout d’une corde un homme-tronc.

La bobine de Ruhmkorff suivi de Sexe et tremblements, Pierre Meunier

Ecrit par Marie du Crest , le Lundi, 14 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Théâtre, Les solitaires intempestifs

La bobine de Ruhmkorff suivi de Sexe et tremblements, octobre 2013, 80 p. 13 € . Ecrivain(s): Pierre Meunier Edition: Les solitaires intempestifs

Sex last night


Le dernier volume de Pierre Meunier publié aux Solitaires Intempestifs regroupe trois textes. Le premier, Introduction verbale sexe et géopolitique, est une manière de courte préface enjouée qui détourne les codes d’un article de science politique, les codes rhétoriques de la dissertation en plusieurs parties : « primo, deuxio, tertio » p.5 et 6, ou sa terminologie latine : « visus, allocutio, tactus, osculum et coitus » de la p.5 à la p.7. Il y est question de l’analogie entre la diplomatie entre deux pays et la relation charnelle entre deux êtres. Le troisième et dernier texte, au titre « nothombien » mais sans le Japon, Sexe et tremblements, est un dossier préparatoire ou mieux encore « laboratoire » qui précède la création de la Bobine de Ruhmkorff. En effet, certaines parties sont reprises dans la version définitive et d’autres constituent des « passerelles » entre Sexamor créé en 2009 avec Nadège Prugnard, spectacle où il était déjà question de « soulever la question du sexe » comme « Le trou » p.43 ou « Début » p.45 et la Bobine de Ruhmkorff. Dans ce texte, l’écriture se donne comme recherche de l’épure, du fragment poétique humoristique : monostiche en hésasyllabe, p.68 :

Chroniques de l’Occident nomade, Aude Seigne

Ecrit par Alexis Brunet , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Editions Zoe

Chroniques de l’Occident nomade, Zoe Poche, parution : juin 2013, 156 p 9 € . Ecrivain(s): Aude Seigne Edition: Editions Zoe

 

« Chroniques de l’Occident nomade », c’est un bon titre. Un titre simple et évocateur, au goût de voyages et d’errance. Errance parmi les hommes, leurs mœurs et leurs cultures. Errance parmi les territoires et les paysages. Errance enfin pour s’éloigner, et se trouver.  Inde, Russie, Ukraine, Roumanie, Hongrie ou Italie. Il n’est de séjour narré par la protagoniste dans un ces pays qui n’ait l’odeur du vécu. D’une page à l’autre, Aude Seigne nous transporte. De Kiev à Damas, en passant par Ouagadougou, Rome, Stockholm ou Melbourne ; au hasard des trajectoires et des rencontres, la protagoniste semble découvrir toujours un peu plus d’elle-même.

L’écriture est moelleuse, délicate, presque onctueuse. Les lieux sont décrits minutieusement, à travers des détails bien choisis. Aude Seigne parvient à retranscrire avec finesse les situations vécues par la protagoniste. On pourra néanmoins regretter que la trame narrative se limite aux pérégrinations de la protagoniste, et que les seules ébauches d’intrigues reposent sur la vie sentimentale et sexuelle de cette dernière. Néanmoins, la scène du dépucelage est narrée avec brio, avec une intensité qui mérite le détour.

AutoGRObiaphie, Pierre Dupuis

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Biographie

AutoGRObiaphie, Editions Racine et Icare, juillet 2013, 130 pages, 9,90 € . Ecrivain(s): Pierre Dupuis

 

 

L’auteur est-il obèse ? Il l’écrit, tout en déclarant immédiatement qu’il n’en fait jamais mention dans ses écrits…

Je ne parle jamais de mon obésité dans mes nouvelles, pourtant elle est là, partout, larvée, prête à jaillir.

En souffre-t-il ? Il le dit aussi, une fois pour toutes, en avant-propos. Point final ?

C’est ma blessure.

Et voici qu’elle s’expose, cette obésité, qu’elle s’impose, qu’elle explose dans le titre, en gros et en gras.

« autoGRObiaphie »