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Critiques

Jack et la mort, Tim Bowley (illustration de Natalie Pudalov)

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 20 Décembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse

Jack et la mort, OQO éditions, octobre 2013, 32 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Tim Bowley

 

 

Cette histoire inspirée de La mort attrapée dans une noix, un conte traditionnel britannique, traite avec délicatesse d’un sujet lourd et grave comme la mort d’une maman pour un petit garçon, et recèle un trésor de sagesse qui permet aux petits comme aux grands de comprendre, très facilement, une leçon des plus essentielles : la mort fait partie de la vie, elles sont indissociables.

En effet, quand le petit Jack croise « une silhouette élancée, vêtue d’une cape noire et le visage caché sous une capuche », qui cherche où se trouve sa maison, Jack comprend aussitôt que c’est la Mort qui vient chercher sa maman malade. Quoi de plus inacceptable pour un petit garçon ? Laisser la mort lui enlever sa maman ! Aussi comme il est malin, il va faire perdre du temps à la Mort en la défiant de nombreuses façons jusqu’à trouver le moyen de l’enfermer dans une bouteille.

Fugue)s(, Walid Hajar

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 19 Décembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Ipagination

Fugue)s(, 20 novembre 2013, 288 pages, version numérique : 6,99 € . Ecrivain(s): Walid Hajar Edition: Ipagination

 

Lisa Elatre-Levy, de père antillais, de mère polonaise ashkénaze, rêve de « réussir », de sortir de la banlieue, de gravir les échelons, refuse « le système » de la reproduction générationnelle définie par Bourdieu, et rejette la perspective de connaître la vie médiocre qu’ont vécue ses parents.

Fugue.

David, amant de Lisa, rêve de faire avec elle son alya… et le réalisera sans elle…

Fugue.

Salem Bensayah, fils d’immigrés nord-africains, bac+5, rêve d’échapper à la discrimination à l’emploi que lui vaut son nom arabe. Et quand la réussite est là, que l’avenir professionnel s’annonce financièrement brillant…

Vie électrique, Jean-Philippe Rossignol

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Gallimard

Vie électrique, 173 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Jean-Philippe Rossignol Edition: Gallimard

 

Premier roman intéressant d’un jeune auteur qui s’attache à faire que sa vie chemine en prenant doucement la main de la transgression ; car, comme l’écrit Michel Foucault dans Préface à la transgression (in Hommage à Georges Bataille, Critique, n°195-196, août-septembre 1963), « [r]ien n’est négatif dans la transgression. Elle affirme l’être limité, elle affirme cet illimité dans lequel elle bondit en l’ouvrant pour la première fois à l’existence ».

S’ouvrir à l’existence est en effet la vocation de tous les instants de Jean-Philippe Rossignol, rendue lisible par ce roman conçu comme témoignage.

Témoignage d’une vie, d’une pensée.

Vie et pensée mêlées.

Et il faut, étrangement, pour saisir toute l’ambition de Jean-Philippe Rossignol, faire un détour par une auteure qu’il ne cite jamais : Anaïs Nin. Et plus précisément son Journal. Encore plus précisément : les dates du 10 et 21 mai 1933, du 12 juin 1934 et du 10 janvier 1937.

La garçonnière, Hélène Grémillon

Ecrit par Alexis Brunet , le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion

La garçonnière, septembre 2013, 354 pages, 20 € . Ecrivain(s): Hélène Grémillon Edition: Flammarion

 

Une scène d’ouverture accrocheuse, où un médecin est accusé du meurtre de sa femme par quelques policiers véreux, puis une série de pages où la suite des évènements tarde à venir. Pour autant, il ne faudrait en rester là.

Hélène Grémillon plante lentement le décor, les personnages, et divulgue peu à peu l’intrigue. Argentine, Buenos-Aires. Les années suivant la dictature militaire menée par le général Videla durant les années 80, et qui a laissé de profondes séquelles. Faute de procès, anciens bourreaux en liberté ont repris leur petite vie, comme si de rien n’était, et se mêlent à leurs concitoyens, parmi lesquels d’anciennes victimes. Tel Miguel, pianiste de renom, effroyablement torturé par la junte militaire durant des jours, des semaines, comme il le révèle point par point à Vittorio, son psychanalyste, n’omettant pas de lui glisser que durant ces horreurs, bon nombre de psychanalystes étaient au service de l’armée.

Nous, les mecs Essai sur le trouble actuel des hommes, Daniel Welzer-Lang

, le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Payot Rivages

Nous, les mecs Essai sur le trouble actuel des hommes, novembre 2013, 192 pages, 7,65 € . Ecrivain(s): Daniel Welzer-Lang Edition: Payot Rivages

 

 

Dans les dernières pages de son texte troussé dans une langue élégante, Isabelle Miller raconte que son prétendant lui promit de lui offrir des orchidées de chez Lachaume si un jour elle venait à le quitter. Le lecteur masculin comprendra que le titre, La déclaration d’amour (2013), n’est pas du chiqué, tant s’en faut. N’y-a-t-il plus belle déclaration, plus bel amour, que d’affirmer que son affection est indéfectible, inconditionnelle, donc indépendante des sentiments de l’autre ? Mais Isabelle Miller ne l’entend pas de cette oreille : « Il n’avait aucune raison de douter de moi et je lui en voulais de dénigrer la certitude que j’avais alors de l’aimer toujours » (1). Elle fait de cette déclaration une lecture littérale et le gage d’amour devient très vite une suspicion de désamour, une rupture annoncée. Mais est-il si difficile de comprendre un mec ?