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Création poétique

L’Arpenteur d’infini, par Mustapha Saha

Ecrit par Mustapha Saha , le Vendredi, 23 Mars 2018. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Mille trois cent cinquante au creux du siècle sombre

Je n’eus que l’abaque pour tromper mon angoisse

Et les chiffres romains pour supputer les nombres

Quand la grande peste dépeuplait les paroisses

 

J’acquis l’art des échecs pour braver la Camarde

Elle misait du temps je jouais mon destin

Vainqueur je repartis sous mon manteau de barde

Vers d’autres royaumes sans macabres festins

Gérard de Nerval, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Mardi, 20 Mars 2018. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

j’ai connu les barreaux de Sainte-Pélagie

l’alchimie des humeurs, la liesse et les orgies

j’ai fêté mes vingt ans sous les rêves de Faust

lourd de graves pensers, fin comme un timbre poste

 

je suis ailleurs, je suis ici, je suis l’Orient

sur les bords de Sylvie, prospecteur surconscient

des chimères de feu, sous l’aube inconsolable

où la brune hirondelle étend son long retable

Dévotion, par Eric Seyrac

Ecrit par Eric Seyrac , le Mardi, 13 Mars 2018. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

 

 

(J’ai peut-être écrit ce poème. Je ne sais plus. Je le publie, en tout cas. J’y identifie des moments de ma vie. D’autres vers, et leurs allusions, me sont en revanche impénétrables. L’auteur en serait-il ce voyageur sans bagage qui sortit de sa chambre dans la banlieue de Lisbonne après avoir réglé sa note et dont on retrouva le corps roulé par les vagues sur la plage de Cascais ? Quant à Edwin Holmes, nom par lequel le texte se conclut, la lecture rêveuse d’une biographie d’Arthur R. donnera quelques pistes, je crois).

 

A des matins et à des soirs

Aux jours qui, de ces matins à ces soirs, n’ont pas été trop massacreurs.

A mes jours massacrés.

Saccagés.

Des phrases. Un melon, par Khalid El Morabethi

Ecrit par Khalid El Morabethi , le Lundi, 12 Mars 2018. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Les poissons boivent de l’eau salée.

Le microbe choisit toujours les belles robes.

Quand j’allume mon ordinateur, il me dit que je suis le bienvenu.

Depuis le début, c’était simple comme Van Gogh.

Mon Moby Dick pourrait se trouver dans un autre univers ou une autre partie de l’univers.

Il existe un homme sourd mais il peut écouter la pluie quand elle tombe.

Des ombres dans l’immeuble, ils attendent que les cafards deviennent vides pour qu’ils les hantent.

Je vois tout ce qui va sortir par la bouche.

La fourchette est une intelligence humaine.

Ophélie, par Hans Limon (hommage à A. R.)

Ecrit par Hans Limon , le Mercredi, 07 Mars 2018. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

tu flottes comme un nymphéa sur les eaux vertes

Ophélie sacrifiée, sœur aimée de Laërte

les rois du Danemark ont noyé tes versets

de leurs nappes de sang largement déversées

 

« m’aime-t-il ? est-il fou ? que cherche-t-il au fond

de mes vierges pensées ? dans mes plus noirs tréfonds

son nom béni pénètre et m’obsède et me guette

et mon corps alourdi soupire encore : Hamlet !