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Création poétique

Prémices d’une expression (par Julien Quittelier)

Ecrit par Julien Quittelier , le Mercredi, 08 Janvier 2020. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Le ciel bleu de la nuit s’est couvert de dentelles

Quand nous avons posé nos corps sur l’infini,

Et que perclus nos sens se sont mis en ombelles ;

Retrouvant dans leur lit un parfum plus béni.

 

J’aime secrètement respirer l’existence,

Surtout l’encens qui flotte au-dedans la beauté,

Pour enfin m’enivrer de toute sa fragrance

Et de tous les flacons qui font sa royauté ;

Petit traité d’équitation éthologique (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 12 Décembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

l’instant est cheval / cheval que nous pourrions

en-lâchant-prise

construire (pas autrement) / en étant

de toute notre pluralité / à son écoute

ainsi que nous l’enseigne / l’équitation

éthologique / construire comme

maisons

*

* *

Eloge des voix douces (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Jeudi, 05 Décembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Eloge des voix douces, du chuchotement.

Eloge des chemins du bord des fleuves.

Eloge des pas dans la neige.

Eloge du silence en forêt quand les sentiers bifurquent ou se confondent.

Eloge de la rouille, de la mousse, des palissades lépreuses, des façades ravagées où cent tableaux intriguent.

Eloge d’une route pavée où l’herbe regimbe.

Eloge d’un cimetière à l’abandon près d’une église dont on a égaré les clefs.

Eloge d’un parc dont il faut escalader les grilles.

Eloge des ruines tenaces, des quartiers poussiéreux, des squares blafards.

Quand l’hiver grêlera ma chair rose et spectrale (par Julien Quittelier)

Ecrit par Julien Quittelier , le Mercredi, 04 Décembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Extrait du recueil de poésie, Vespéral de l’être.

 

Quand l’hiver grêlera ma chair rose et spectrale…

Que mes cris fouleront le ciel de blanc et d’or,

D’un havre où je verrai le sépulcre en mentor,

Je serai l’hydre aux gongs de l’ultime chorale ;

 

Plus que la densité rêche et fourbe ou morale,

Mourir cent ans n’a plus la saveur de la mort,

Je sens entre mes mains le Céleste du tort :

Quelque avé d’un sang pur qu’estampe l’âme australe.

Poèmes de Pedro Belo Clara Traduits du portugais par Stéphane Chao (2)

, le Mercredi, 27 Novembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

NO ABRAÇO DE MAIO

Vales e colinas de jade luzente. À flor dura da tarde, tudo cintilava em cegueiras de vidro. Só a sombra, despida, dançava aos pés do carvalho emudecido.

Os corpos respiravam como o mundo: lentos, naquela ondulação suave de quem não conhece fome. Não viviam sonhos ou cores que não aquelas. As aves bastavam, desfraldadas à brisa de dorso palpitando como prata ao beijo do sol.

À boca levavas o cálice com a graça de quem louva a luz resplandecente, num gesto de rio reconhecendo águas semelhantes. Meu era o silêncio dos trevos. Naquela intimidade solar, esquecia o insistente apelo dos orvalhos.

Nenhum toque era pedido. Parecia que na tangível eternidade do dia as boninas cintilariam pelas noites vindouras. Mas setembro nunca deixa o verão celibatário em sua morte. Que linho se não tinge no desflorar das amoras?