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Création poétique

Martin Eden, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Jeudi, 15 Juin 2017. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

il roule de l’épaule au gré des bibelots

comme si tout son corps flottait au ras des eaux

boxeur-armoire-à-glace épris d’une apparence

il prise l’aventure et l’amour et la science

 

brillant autodidacte, il se force à l’étude

s’enivre de projets, contraint ses attitudes

mais la célébrité se refuse au novice

Ruth oublie son amour, Martin est au supplice

Hommage à Baudelaire XVI - Paris, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Mardi, 23 Mai 2017. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Paris


il me semble à présent que la belle Paris

gît sous un édredon, privée

de son mari

le métropolitain glissait vers les abîmes

les pensers souterrains ruminaient leurs victimes

les pas perdus tonnant sur les lugubres dalles

répandaient par à-coups leurs douleurs capitales

Sous pieds Cythère, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Vendredi, 21 Avril 2017. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

ouragan d’Ouranos ensemençant les ondes

sexe tranché des mains d’un Cronos à la ronde

l’écume amère et maculée s’offre à la mer

dans un glissement lent d’envolées éphémères

 

sidération des nues découvrant Cythérée

nue sur la pâle conque aux atours éthérés

souffle quelconque ouvrant la voix des plaisirs purs

depuis les bleus tréfonds griffonnés de guipures

Hommage à Baudelaire XII - Les ports du Zuiderzee, par Charles Duttine

Ecrit par Charles Duttine , le Mercredi, 12 Avril 2017. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Qui pourrait imaginer dans ce pays de cocagne, au septentrion de l’Europe, là où parfois les glaces emprisonnent les canaux, une grande étendue d’eau que les locaux appellent « la mer du Sud » ? Le long de cette mer intérieure s’égrène un chapelet de petites cités dont les noms résonnent de leurs consonances graves et mystérieuses, Enkhuizen, Elburg, Urk, Harderwijk, Blokzijl…

Le visiteur curieux, souvent solitaire, arpentant ces cités ne peut qu’être sensible au charme indolent de ces villes endormies. On devine en errant au milieu de leur architecture qu’elles furent autrefois prospères, vivantes et sérieuses. Aujourd’hui, les fières façades de leurs riches maisons semblent regarder, dans les bassins des ports, sommeiller de rares bateaux. Ces navires à l’arrêt tanguent lentement. Ils semblent jouer, tels des enfants sages, en se balançant au gré des vents souvent froids, brise ou bise, qui font claquer leurs voiles repliées ou leurs pavillons.

Craie des brumes, par Joëlle Petillot

Ecrit par Joelle Petillot , le Lundi, 10 Avril 2017. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Faire tous les voyages au seuil d’un temps sans ride, sans terme, sans mot, un temps d’une lenteur sévère. S’y grefferont des rêves à la sauvagerie de tableau noir.

Il y eut une nuit coupée de lune comme d’étoiles, d’un noir d’araignée où la douleur m’attendait, patiente. La patience n’exclut pas la voracité.

Depuis l’infini de la blessure renaît de ce qui n’est même pas ses cendres.

L’écho des nuits humaines dure au-delà d’elles.

La survivance n’est pas la vie, mais elle la cherche dans chaque geste : le pied meurtri sur la pierre, le poing serré sur un bijou, la mèche écartée d’un souffle et le sommeil savon qui s’amuse à déprendre et rit de l’abandon.