Identification

Bassin méditerranéen

Histoire Naturelle, Pline l'Ancien, en La Pléiade

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Janvier 2014. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Pléiade Gallimard

Histoire Naturelle. Traduit du latin, présenté et annoté par Stéphane Schmitt. Octobre 2013. 2128 pages. 79 € . Ecrivain(s): Pline l'Ancien Edition: La Pléiade Gallimard

 

Première grande encyclopédie occidentale l’« histoire naturelle » de Pline l’Ancien ? Assurément oui, mais une encyclopédie comme personne n’en fera plus jamais par la suite. L’écrin, purement littéraire, qui contient cette encyclopédie en fait tout autre chose : un immense roman en quelque sorte, le roman du monde tel que pouvait le percevoir un Romain du Ier siècle après J-C. Et tout y passe, dans une sorte de boulimie cognitive et imaginative : astronomie, géologie, géographie, physiologie, anatomie, arboriculture, médecine. Une liste exhaustive serait interminable.

Avec ce que cela implique de subjectif, de fiction, d’erreurs magistrales (et d’ailleurs follement drôles parfois !) mais aussi de lyrisme, de passion. Passion, c’est probablement le mot-clé de cette entreprise monstrueuse, gigantesque. Les encyclopédistes des siècles plus proches de nous nous ont habitués à un travail d’équipe : on se partage les champs de compétence selon sa spécialité. Avec Pline rien de tel ! Il fait tout, tout seul. Il est géographe, historien, astronome, mathématicien, littéraire, en un mot homme orchestre. Il sait tout – plus ou moins bien – en tout cas il est à lui tout seul la synthèse des savoirs de son temps.

L’Enéide, Virgile, illustrée par les fresques et les mosaïques antiques

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 03 Décembre 2013. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

L’Enéide, illustrée par les fresques et les mosaïques antiques, Diane de Selliers Editeur, traduction du latin par Marc Chouet suivie du texte original, préface de Philippe Heuzé, 180 illustrations couleur, 484 p. septembre 2013 . Ecrivain(s): Virgile

 

L’Enéide vue par Diane de Selliers : 2000 ans de jeunesse


Que ceux que le latin scolaire et rébarbatif de l’enseignement public a à jamais brouillé avec les volutes capiteuses de la langue de Virgile ou d’Ovide se réjouissent ! Quant aux autres, qu’ils souhaitent s’instruire, ou juste rêver devant un livre d’images sans trouer leur porte-monnaie, « La petite collection » est un incontournable. Pensée par Diane de Selliers Editeur en 2007 comme une offre complémentaire à l’altière « grande collection » de la Maison, elle s’inscrit, par son format et son prix réduits, dans la logique de mettre les chefs-d’œuvre du patrimoine littéraire mondial à la portée du plus grand nombre. Une démarche chère à Diane de Selliers à l’heure numérique (voir notre interview consacrée à l’Enfer de Dante pour appli iPad).

Le Café du coin, Sait Faik Abasiyanik

Ecrit par Adrien Battini , le Vendredi, 18 Octobre 2013. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Le Café du coin, traduit du turc par Rosie Pinhas-Delpuech, éditions Bleu Autour, juin 2013, 192 pages, 17 € . Ecrivain(s): Sait Faik Abasiyanik

 

Rendons à César ce qui lui appartient, requiert l’adage. En l’occurrence, saluons une nouvelle fois les éditions Galaade et leur récente anthologie Ecrivains de Turquie. Sur les rives du soleil, chroniquée ici-même. Preuve de son indéniable réussite, le recueil donnait une furieuse envie de remonter dans l’histoire littéraire de la Turquie et de partir à la rencontre de ses plus belles plumes. Avec Sait Faik en alléchante promesse de voyage, c’est au tour de la maison Bleu Autour d’ouvrir la sublime porte au lecteur francophone.

Avant de pénétrer dans le texte, quelques mots sur son auteur. Ecrivain de la première moitié du XXème siècle, il faut compter Sait Faik aux côtés d’Ahmet Hamdi Tanpinar parmi les pionniers de la littérature turque moderne, et dont l’influence a coloré l’ensemble des cohortes littéraires qu’a par la suite pu enfanter le pays. Moderne, c’est effectivement le terme qui s’impose avec Sait Faik qui transfigure le genre de la nouvelle et l’amène sous de nouveaux cieux littéraires. Le format est raccourci, chaque texte excédant rarement la dizaine de pages ; des libertés sont également prises avec les codes narratifs, puisque l’écrivain ne s’embarrasse guère d’une intrigue structurant son récit, et favorise le rythme et la finalité propre à la flânerie qu’il affectionne.

Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil

Ecrit par Adrien Battini , le Lundi, 16 Septembre 2013. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Anthologie, Galaade éditions

Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil, 22 août 2013, 352 pages, 24 € Edition: Galaade éditions

 


Depuis quelques années les éditions Galaade ont fait le pari de la littérature turque, en faisant notamment parvenir au lectorat francophone les plus intéressantes de ses plumes contemporaines. Pour cette rentrée littéraire, l’éditrice voit les choses en anthologique en publiant Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil.

Seize écrivains, dix-neuf nouvelles pour un peu moins de 340 pages (en comptant introduction et avant-propos) composent cette anthologie. Sur les auteurs mis en avant, certains grands noms brillent par leur absence. Si l’on peut penser qu’Orhan Pamuk ou encore Elif Şafak n’ont plus besoin d’être présentés, il est dommage que Yaşar Kemal ou Ahmet Hamdi Tanpınar n’aient pu trôner dans le recueil, ne serait-ce que pour leur influence manifeste dans l’histoire littéraire dans leur pays. Rendons tout de même hommage à Galaade qui aura su réunir pas moins de trois générations d’écrivains.

L'épître des ombres et des trombes, Ibn Shuhayd

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 24 Mai 2013. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Récits, Sindbad, Actes Sud

L’Epître des ombres et des trombes, texte établi, annoté et traduit de l’arabe par Philippe Vigreux, mai 2013, 116 pages, 20 € . Ecrivain(s): Ibn Shuhayd Edition: Sindbad, Actes Sud

 

Le chant audacieux de Ibn Shuhayd

 

L’ouvrage est composé de trois parties accompagnées d’un prologue. Dans cette ouverture, ivre de poésie, Ibn Shuhayd compose. Cependant, il se rend compte assez vite de son manque d’inspiration. Cet état l’aurait plongé dans le désespoir s’il n’avait pas rencontré un allié bien particulier : « A ce point je restai court et le souffle tari. Je vis alors à la porte du lieu où j’étais assis un cavalier monté sur un cheval noir autant que l’était sa barbe (…) ». Il s’agit de son génie inspirateur qui désormais l’accompagne et l’aide dans sa tâche : « Depuis lors Abû Bakr dès que mon souffle se tarit, que je perds le fil de mon idée ou qu’un tour me fait défaut je n’ai qu’à chanter ces vers et mon ami m’apparaît ». Avec cette aide venue d’un autre monde, le poète ne peut que réussir dans son entreprise. D’autant plus qu’il fera sur le dos du cheval de son Génie bienfaiteur un merveilleux voyage. Il traversera des mondes inconnus, il foulera des terres lointaines et fabuleuses où il discutera avec les Génies et Djinn pour les obliger à louer son œuvre.