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Bassin méditerranéen

Aharon Appelfeld à Montpellier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 23 Juin 2011. , dans Bassin méditerranéen, Les Dossiers, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Documents

Aharon Appelfeld, Valérie Zenatti à Montpellier. 22 juin 2011

Tout au long de l'année, les «  Rencontres de la médiathèque centrale  Emile Zola » à Montpellier rappellent, s'il en était besoin, qu'on est là dans une des villes les mieux servies de France, pour la culture. En partenariat avec la mythique librairie Sauramps, et, ici le CCCJ, ces rencontres : «  Au café des lettres » n'ont rien de poussiéreuses conférences «  universitantes » ; on a du vivant, du culturel de haut niveau sans une once de pédanterie, du bonheur ! Comme ce soir !

Aharon Appelfeld - pas moins  - et sa traductrice - complice et romancière, Valérie Zenatti, nous ont fait entrer en fanfare dans l'été ; hier, on fêtait la musique, et ce soir, la littérature.

Deux livres étaient à l'honneur : « le garçon qui voulait dormir » d'Appelfeld et « mensonges » de Zenatti (tous les deux ayant été recensés dans « la cause littéraire ») ;  publiés chez le Seuil – l’Olivier, dynamique et talentueuse maison d'édition, faut-il le rappeler...

L'amphithéâtre de Zola, reine méritée des médiathèques, est comble : public connaisseur, à l'évidence, élégant dans l'écoute, ravi de rencontrer «  son » Appelfeld ; public aussi de curieux, amateurs de découvertes, prêts à l'enthousiasme - j'en fais assurément partie -

Les Tétins de Sainte Agathe, Giuseppina Torregrossa

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 19 Juin 2011. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

Les Tétins de sainte Agathe, traduit de l’italien par Anaïs Bokobza, 2011, 344 pages, 22€. . Ecrivain(s): Giuseppina Torregrossa Edition: Jean-Claude Lattès


Voilà un roman jubilatoire, drôle et sensuel. Un roman consacré et dédié aux femmes signé d’une plume alerte. Un roman de la transmission. « Ce sont elles qui possèdent le secret de la vie, qui tissent patiemment, jour après jour, l’histoire de leurs familles, puis la racontent aux autres pour qu’ils en fassent un trésor ».

Le récit s’ouvre littéralement sur la savoureuse recette des tétins de sainte Agathe, gâteaux préparés pour la célébration de la martyre sus nommée. Cette recette transmise par une grand-mère à sa petite-fille donne le prétexte à l’aïeule de confier des secrets essentiels à la jeune génération. Secrets en décalage complet avec l’âge de la future narratrice : « Parce que tu dois savoir que si tu ne ressens pas de plaisir quand ils te touchent, les hommes se sentent atteints dans leur virilité, mais gare à toi si tu y prends du plaisir, parce que là ils te prennent pour une putain ».

Le souvenir de ces rencontres culinaires permet à la narratrice devenue adulte d’évoquer les figures féminines des deux branches de sa famille sicilienne. A chaque génération, se découvrent l’amour et la sensualité, se créent et se déchirent des couples et des familles. Les tantes jumelles de Malavacata survivront à toutes les épreuves. La puissante et sauvage Assunta initiera tous les jeunes gens avant d’arranger leur mariage.

Le poids du papillon, Erri de Luca

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Dimanche, 05 Juin 2011. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Recensions, Critiques, La Une Livres, Récits, Gallimard

Le poids du papillon, mai 2011, 9 euros 50. . Ecrivain(s): Erri de Luca Edition: Gallimard


Il faut s’asseoir au coin d’un feu imaginaire et écouter le merveilleux conteur qu’est Erri De Luca, ce livre mince comme un papillon ouvert dans les mains qui gardent le poids des images contenues dans les pages. Des pages, qui, quand elles sont tournées, restent présentes quelque part. La langue de De Luca est nue, rocailleuse parfois, un peu à l’image de l’homme qui aime les choses simples, le café, les aliments que l’on trempe dans la tasse et que l’on mange en s’ébouillantant presque, en écoutant le chant du silence, à l’ombre des arbres qui murmurent leur solitude. Ou le cœur pris dans le chant des grillons.

Ici la langue de ce grand écrivain atteint l’épure (grâce aussi au talent de Danièle Valin – cet ouvrage fut initialement publié en italien en 2009), suivant les fils d’un premier conte (« Le poids du papillon ») qui est presque une parabole (le livre est constitué de deux courts textes) et suivant l’harmonie d’un récit (« Visite à l’arbre ») non pas clôturant l’ouvrage mais le suspendant dans un silence plein de tous les mots qui se sont précipités jusque-là avec leur rudesse et leur simplicité chantante, un silence qui se découvre, presque à sa propre surprise, harmonique.

Le poids du papillon, Erri de Luca

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi , le Dimanche, 05 Juin 2011. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Gallimard

Le poids du papillon, mai 2011, 9 euros 50. . Ecrivain(s): Erri de Luca Edition: Gallimard

« Le présent est la seule connaissance qui est utile. L’homme ne sait pas vivre dans le présent ».

C’est un conte merveilleux. Une merveille de légèreté qui se lit à tout âge. Mais certes pas avec la même profondeur. La confrontation entre la proie et le chasseur est un thème « classique », mais lorsqu’il s’agit de symbole, le détail est tout. Dans l’écriture, dans l’élément nouveau, dans la vérité surtout de l’idée pure qui sous-tend la fable. On suit cette histoire montée dans une tension retenue, avec fièvre presque, émus de plus en plus. Ravis au sommet.

Un chamois magnifique à son dernier combat, et un chasseur redoutable mais à la fin de sa vie : deux regards qui se fondent, deux mâles dominants, deux mondes imperméables, et la vie.

« Les chamois ne vont pas jusqu’au bout dans un combat, ils décident du vainqueur aux premiers coups ».

Le combat se décide bien en amont, le combat se prépare intérieurement (oui, pour la bête aussi). C’est une sorte de danse, comme l’est celle de la séduction. Une danse du désir. Le désir qui parle autant à la vie qu’à la mort. Mais vie et mort ont-ils encore un sens distinct à l’acmé ?

La vie sexuelle des super héros, Marco Mancassola

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 29 Mai 2011. , dans Bassin méditerranéen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard

La vie sexuelle des super héros – Traduit de l’italien par Vincent Raynaud. 546 pages, 24,90 € . Ecrivain(s): Marco Mancassola Edition: Gallimard


Réveillez le geek qui sommeille en vous. Vous aussi vous avez été élevé au Strange ? Vos héros d’enfance s’appelaient Spiderman ou Batman, Spiderman ou Wolverine, Daredevil ou Le Punisher ? Vous prenez encore un plaisir non coupable à vous plonger dans des comics ? Vous ne manquez pas un seul des films de super-héros qui fleurissent au cinéma ?

Alors, le dernier livre de Marco Mancassola, La vie sexuelle des super héros, est assurément fait pour vous.

Comme l’annonce son titre, ce livre est d’abord un programme de choc. Où l’on va connaître les super-héros sous un jour un peu plus intime. Car s’il existe une certaine constante dans les comics, c’est bien souvent l’absence de sexualité des super-héros. Pas de repos du guerrier pour les braves. Défendre la veuve et l’orphelin, sauver le monde contre des hordes de super-méchants vide-t-il de toutes ses forces ? Mais peut-être aussi parce que le public auquel s’adressent les comics est plutôt jeune…