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Asie

Grand-père avait un éléphant, Vaikom Muhammad Basheer

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 04 Juillet 2012. , dans Asie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Zulma

Grand-père avait un éléphant, trad. du malayalam par Dominique Vitalyos, 2005, 136 p. . Ecrivain(s): Vaikom Muhammad Basheer Edition: Zulma

Comment est le monde selon Kounnioupattouma, la fille de la fille chérie d’Anamakkar ?

Kounnioupattouma voit tout en rose, y compris les éléphants, surtout celui de son grand-père.

En effet, lui répète-t-on à longueur de jour, son grand-père avait un éléphant ! Et pas un petit, un maigre, un efflanqué ! Non, le plus grand, le plus fort et le plus beau des éléphants : un mâle gigantesque avec de grandes défenses, qui avait tué pas moins de quatre de ses cornacs, des kafir, évidemment.

Kounnioupattouma, enfant de sucre, ornée des plus précieux bijoux, grandit sur un piédestal, symbole vivant de la réussite sociale de ses parents, au milieu de sa maison, qu’elle ne quitte quasiment jamais, parée dans l’attente du mariage que ses parents arrangeront pour elle avec un jeune homme de son rang et de sa communauté avant d’accomplir leur pèlerinage du Hadj.

Toutes les femmes qui étaient déjà venues l’examiner croulaient sous l’or. Toutes des maîtresses de grandes maisons… Certaines lui avaient ouvert la bouche pour regarder à l’intérieur si elle avait toutes ses dents…

Kounnioupattouma n’avait pas une seule dent gâtée…

Ici comme ailleurs, Lee Seung-U

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 18 Juin 2012. , dans Asie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Zulma

Ici comme ailleurs, 2012, trad. du coréen par Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, 220 p. 21 € . Ecrivain(s): Lee Seung-U Edition: Zulma

 

Kafkaïen est le premier qualificatif qui vient à l’esprit en lisant ce roman, pour l’univers dans lequel il se déroule et l’absurdité qui émane du parcours du personnage principal. Yu est muté par sa boite, le Gangsan Complex Resort, à Sori, une ville perdue entre un lac et des montagnes à l’Ouest du pays. « Lorsque, dans son guide, il a lu que “la petite ville de Sori, du fait de sa topologie particulière avait servi de lieu de bannissement”, son cœur s’est de nouveau mis à balancer ».

L’histoire démarre sur ses mots qui donnent d’emblée le ton :

« Le vent a des hurlements de bête féroce. Au moment de quitter sa voiture, Yu a l’impression qu’un molosse enragé se jette sur lui. Il a un mouvement de recul. Le long des rues, papiers sales et sacs plastique tourbillonnent sous la bourrasque. Quelques véhicules cahotent sur la chaussée éventrée en soulevant des nuages de poussière ocre. Les rares passants, silencieux, font la gueule ».

Ici comme ailleurs est un roman hybride, indéfinissable. Il tient du polar, du roman noir, psychologique, métaphysique, à la limite du fantastique, et on pense à des films de cet extrêmement riche cinéma sud-coréen, en particulier ceux de Kim Ki-Duk, qui de même échappent à toute définition.

Le Talisman, Vaikom Muhammad Basheer

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 16 Juin 2012. , dans Asie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Zulma

Le Talisman, trad. du malayalam par Dominique Vitalyos, 2012, 210 p. . Ecrivain(s): Vaikom Muhammad Basheer Edition: Zulma

Douze nouvelles, les unes drôles, les autres sombres, d'autres sombres et drôles à la fois, sont rassemblées dans ce précieux petit  recueil de VM Basheer.

Douze nouvelles, et autant de plongées au coeur de l'Inde fourmillante, grouillante, foisonnante.

 

Douze histoires tirées de la vie quotidienne d'une société, toujours extraordinaire pour l'occidental cartésien,  où se mêlent religions, croyances, de légendes, superstitions, traditions, interdits, où ce qui pour nous est irrationnel trouve son explication et passe pour normal, réel, faisant partie de l'ordre raisonnable du monde.

Ainsi, une "banale" histoire d'amour entre un chien musulman et une chienne hindoue peut avoir des conséquences sur un crucial problème de calvitie, et cela n'étonne personne.

Ainsi le narrateur lui-même se retrouve mêlé à des évènements auxquels il participe pleinement tout en glissant dans son texte, sans grande conviction : "Disons que c'est une histoire de fantôme". Métalangage ironique amusant...

Delhi Noir, Hirsh Sawhney

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 23 Mai 2012. , dans Asie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Asphalte éditions

Delhi Noir, trad. de l’anglais (indien) par Sébastien Doubinsky, Avril 2012, 288 p. 21 € . Ecrivain(s): Hirsh Sawhney Edition: Asphalte éditions

 

Après Londres, Paris, Los Angeles, Rome, Brooklyn et Mexico, et en attendant Barcelone et Haïti, les éditions Asphalte nous font faire un tour en Inde avec ce recueil de nouvelles consacré à Delhi.

Quatorze histoires ordonnées selon trois grandes parties dont les titres sont tirés de trois slogans publicitaires de provenances bien variées.

La première, Avec vous, pour vous, toujours, devise de la police de Delhi, rassemble cinq nouvelles qui prennent, c’est le moins qu’on puisse dire, le contrepied de ladite devise. En effet, la police y apparaît souvent trop absente et, lorsqu’elle est présente, travaille à préserver ses intérêts plus que ceux des citoyens.

La deuxième partie prend, elle, au pied de la lettre le slogan de Pepsi Cola, Youngistan, en nous plongeant, cinq autres nouvelles durant, au cœur de la jeunesse qui se presse dans la deuxième métropole de l’Inde. Une jeunesse innocente par certains côtés, mais dont les illusions fondent très rapidement face à la réalité du monde dans laquelle elle est plongée.