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Gouverner au nom d’Allah, Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, Boualem Sansal

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 07 Mars 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Folio (Gallimard), Essais, Histoire, Maghreb

Gouverner au nom d’Allah, Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, novembre 2016, 182 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Boualem Sansal Edition: Folio (Gallimard)

 

Algérien, Boualem Sanlal consacre le premier chapitre de cette étude historico-sociologique à montrer comment « des prédicateurs discrets », pour la plupart des Frères Musulmans censurés dans leur propre pays, mais aussi des wahhabites « diligentés par l’Arabie Saoudite » se sont glissés, à la faveur d’un renouveau nationaliste et d’un sentiment général anti-occidental, dans toutes les couches d’une société algérienne en pleine reconstruction.

L’auteur donne ensuite une vue d’ensemble détaillée de l’Islam et du monde musulman, permettant au lecteur d’y voir un peu plus clair dans la définition des termes dont usent et abusent souvent sans discernement les médias d’une part et tout un chacun voulant aborder ce sujet complexe d’autre part.

Qu’est-ce qui différencie le musulman « ordinaire » du fondamentaliste, ce dernier de l’intégriste, du salafiste, du djihadiste ? Quand parler d’islamisme, de fondamentalisme, d’intégrisme, de salafisme, d’islam politique, d’islam radical ?

La colombe et le moineau, Khaled Osman

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 04 Mars 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Roman, Vents d'ailleurs

La colombe et le moineau, mai 2016, 186 pages, 20 € . Ecrivain(s): Khaled Osman Edition: Vents d'ailleurs

 

Le narrateur adopte en vision interne le point de vue de son personnage principal, Samir, un Egyptien qui s’est parfaitement bien intégré en France après y avoir fait ses études. Maître-assistant à la Sorbonne, chargé de cours d’histoire de la civilisation arabe, Samir, quelque temps après avoir mis fin à une liaison mouvementée avec Basma, une jeune Syrienne, vit une relation stable et calme avec Hélène, de qui il a fait la connaissance alors qu’elle assistait à son cours.

C’est cette situation initiale normalisée que vient brutalement troubler un appel téléphonique. En plein printemps arabe égyptien, en direct de la place Tahrir, un mystérieux correspondant annonce à Samir que son frère jumeau Hicham, avec qui il a n’a plus de contact depuis belle lurette, vient d’être grièvement blessé dans les manifestations, et qu’il le supplie de se rendre d’urgence à son chevet, accompagné de Lamia, leur amie d’enfance, avec qui Hicham a eu autrefois une relation amoureuse.

Or Samir a perdu depuis longtemps la trace de Lamia, étudiante en arts, après l’avoir aidée à s’installer à Paris.

Il n’y a pas d’écriture heureuse, Alain Marc

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 22 Février 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Revues

Il n’y a pas d’écriture heureuse, Le Petit Véhicule, Revue Chiendents n°109, septembre 2016, Cahier d’arts et de littératures, 5 € . Ecrivain(s): Alain Marc

 

Ce numéro de la précieuse revue Chiendents est consacré à Alain Marc, dont un ouvrage fondamental en deux parties, Chroniques pour une poésie publique, et Mais où est la poésie ? a fait l’objet il y a quelque temps d’une présentation dans La Cause Littéraire.

Alain Marc est pluriellement remarquable. Il possède un talent, une vertu, et un boisseau de capacités :

D’abord il est poète, naturellement, spontanément, foncièrement.

Ensuite il est militant, défenseur acharné d’une poésie qui serait, qui redeviendrait ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : publique.

Enfin il est, simultanément ou successivement, critique, analyste, lecteur attentif, sourcilleux, exigeant, à l’affût de tout ce qui se fait, se dit, s’expose, se publie dans le domaine de la poésie, domaine qu’il appréhende et parcourt en long et en large en faisant montre d’une culture littéraire, théâtrale, événementielle quasiment encyclopédique.

Bribes d’une décennie à l’ombre, Mohamed El Khotbi

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 06 Février 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Biographie, Maghreb, Récits

Bribes d’une décennie à l’ombre, Kalimate Edition (Rabat, Maroc, 2012), 141 pages, 10 € (au Maroc 50 DH) . Ecrivain(s): Mohamed El Khotbi

 

Mohamed El Khotbi, enlevé en pleine nuit en 1972 par la police, a passé en prison dix des années de plomb qu’a connues le Maroc sous le règne de Hassan II. C’est cette expérience douloureuse qui constitue l’objet de cet ouvrage. Si l’époque et les circonstances évoquent immédiatement les œuvres d’Abdellatif Laâbi, la tonalité et le mode d’expression de ces « bribes » en sont totalement différents.

Notre auteur brosse, simplement, en une douzaine de chapitres, sans linéarité artificielle, sans montage romanesque, une série de tableaux montrant des choses vécues. On n’est pas dans le roman. Le dessein est clair : il s’agit à la fois d’exprimer la monotonie, la banalité, la médiocrité des jours et des jours d’enfermement, et d’en faire émerger les pauvres faits divers qui parviennent à rompre par ci par là la déprimante régularité des rythmes carcéraux et des rituels collectifs et individuels. Certes la souffrance personnelle est perceptible, mais elle reste, pudiquement, non-dite. Pour prendre de la distance, l’auteur se dédouble. Dans la préface, son propre personnage est présenté par Jamal Bellakhdar, un de ses compagnons du militantisme étudiant des années soixante au Maroc.

Asinus in fabula, Guido Furci

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 02 Février 2017. , dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Cardère éditions

Asinus in fabula, avril 2015, 61 pages, 12 € . Ecrivain(s): Guido Furci Edition: Cardère éditions

 

Asinus in fabula. Certes, l’âne est dans la fable depuis longtemps, l’âne est un personnage littéraire depuis la littérature, au moins depuis Apulée. Comment cet asinus in fabula est-il devenu le titre de ce singulier recueil de Guido Furci ? L’âne est présent, au milieu du recueil, dans une très courte fable originale d’une page en italien faisant face à une page en français, fable dont il est le héros. Grâce à ses oreilles en forme d’hélices, il vole jusqu’à la lune, s’y pose, et constate : « La lune est une énorme ricotta. C’est juste qu’elle ne bouge pas à droite et à gauche comme un flan… ». L’âne est capable de voir ce que le commun des hommes mortels ne voit pas. L’âne est capable de comprendre la lune. L’âne est un poète. L’auteur est un poète. L’auteur est un âne. L’auteur âne poète a des oreilles en forme d’hélices. Tous les poètes auraient-ils des oreilles d’âne en forme d’hélices ?

L’ouvrage est structuré de façon symétrique comme un diptyque dont le centre est le conte de l’âne. D’un côté, et de l’autre, deux compositions de versets numérotés de un à vingt-quatre, soit quatre-vingt-seize au total. Le lecteur est incité à mettre en correspondance, une à une, les compositions qui précèdent le conte de l’âne avec chacune de celles qui le suivent.