Dans son dernier roman, Trust (KC Editions, 2025), Pavel Hak plonge le lecteur dans les trames invisibles et violentes du monde globalisé contemporain. Le roman ne suit pas une intrigue linéaire et progresse à travers de courts chapitres narratifs qui se déroulent dans différents lieux du monde (de New York à Shangaï, De Londres à Bombay), en suivant plusieurs personnages, parmi lesquels se distingue le protagoniste Roy Kingsley. Les différentes lignes narratives - qui passent du micro au macro, des bas-fonds des mégalopoles au trafic mondiale de la drogue - révèlent au lecteur les mécanismes qui régissent le capitalisme global et son alliance avec la guerre ainsi qu’avec la sécurité.
Hak, écrivain tchèque translingue, emploie une langue française directe, dépourvue de rhétorique et réduite à l’essentiel, d’une lucidité telle qu’elle semble par moments hyperréaliste. Le ton froid et fragmenté contraint le lecteur à se confronter à une réalité dans laquelle la démocratie est vidée de sa fonction représentative et où l’individu est réduit à un simple rouage. Dans le capitalisme avancé de Trust, les parlements sont totalement dépossédés de leur rôle et le consensus populaire est orienté par un pouvoir invisible pour la majorité, réticulaire, exercé par des oligarchies économiques et politiques qui agissent loin de tout contrôle public (l’influence de Michel Foucault est ici manifeste).