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Rivages poche

La vérité et ses conséquences, Alison Lurie (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 08 Octobre 2026. , dans Rivages poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Cette semaine

La vérité et ses conséquences, Alison Lurie, trad. Virginie Buhl, 320 p., 2026, éd. Rivages poche, 9,50 € Edition: Rivages poche

 

Le désenchantement et la désillusion ont remplacé une certaine insouciance et la vie facile des années 1960 du roman de jeunesse d’Alison Lurie (1926-2020), La ville de nulle part. La romancière américaine situe le récit de La vérité et ses conséquences dans le milieu universitaire. L’on retrouve au fil de sa plume, une critique acerbe du culte des apparences et de ses (funestes) conséquences.

Ici, Alan Mackenzie, spécialiste de renom de l’histoire de l’architecture, « expert mondialement reconnu », est rendu quasi invalide à cause d’un accident. Le corps de désir et de jeunesse s’est transformé en un corps blessé, un corps malade, handicapé. Jane, son épouse, ne reconnaît plus son « prince charmant ». Très occupée par sa mission à l’université, elle évite et évince toute discussion à propos du nouvel état d’infirme de son mari tout en s’occupant de lui comme une infirmière. Obligations qui lui pèsent peu à peu comme une corvée et une servitude. Ce que nous apprend Alison Lurie à propos du couple, c’est sa lente désagrégation jusqu’à la ruine.

La ville de nulle part, Alison Lurie (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 01 Octobre 2026. , dans Rivages poche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Cette semaine

La ville de nulle part, Alison Lurie, éd. Rivages poche, trad. Élisabeth Gille, 432 p., sept. 2026, 9,50€ Edition: Rivages poche

 

Sous le soleil, le désenchantement

Paul et Katherine Cattleman, deux bostoniens, emménagent à Los Angeles (la ville de nulle part), où « Toutes les maisons étaient en stuc, couleur de crèmes glacées : vanille, citron, framboise, orange ». L’on retrouve cet « amas de crème fouettée » sur la tête des starlettes, dégoulinant comme de la crème Chantilly. Deux styles de vie s’opposent (et se méconnaissent) entre les gens très riches aux habitations aux formes importées de tous les pays, les décors kitchs, sorte de Disneyland à ciel ouvert et, à l’inverse, ceux condamnés à « vivre dans des alignements de boîtes presque identiques, en brique ou en bois, comme autant de caisses de savons à sardines ». Tout est exubérant, démonstratif, dans l’immense métropole, clinquant, « une culture au sein de laquelle n’importe quel livre était l’équivalent de n’importe quel autre ».

Ce que disent les fleurs et autres textes sur la nature, George Sand (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 09 Juillet 2026. , dans Rivages poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Ce que disent les fleurs et autres textes sur la nature, George Sand, préf. Kevin Pelladeaud, 96 p., éd. Rivages poche, juin 2026, 7€ Edition: Rivages poche

Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, future George Sand, naît le 1er juillet 1804 à Paris, et décède le 8 juin 1876 à Nohant-Vic. Fille de Maurice Dupin de Francueil et de Sophie-Victoire Delaborde, elle est, par son père, l'arrière-petite-fille du maréchal de France Maurice de Saxe (1696-1750). Du côté de sa mère, elle a pour grand-père Antoine Delaborde, un Parisien d'abord maître paumier tenant un billard puis oiselier. Aurore a donc une double ascendance, populaire et aristocratique, qui la marque profondément. Deux origines sociales diamétralement opposées qui expliquent la personnalité d'Aurore Dupin et son engagement politique à venir :

« On n'est pas seulement l'enfant de son père, on est aussi un peu, je crois, celui de sa mère. Il me semble même qu'on l'est davantage, et que nous tenons aux entrailles qui nous ont portés, de la façon la plus immédiate, la plus puissante, la plus sacrée. Or, si mon père était l'arrière-petit-fils d'Auguste II, roi de Pologne, et si, de ce côté, je me trouve d'une manière illégitime, mais fort réelle, proche parente de Charles X et de Louis XVIII, il n'en est pas moins vrai que je tiens au peuple par le sang, d'une manière tout aussi intime et directe ; de plus, il n'y a point de bâtardise de ce côté-là. »

Pur bonheur et autres récits, Katherine Mansfield (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 07 Novembre 2025. , dans Rivages poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Océanie

Pur bonheur et autres récits, Katherine Mansfield, préf. et trad. Fanny Quément, 256 p., sept. 2025, éd. Rivages, 9,70€ Edition: Rivages poche

 

Katherine Mansfield, née en 1888 à Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande, issue de la bourgeoisie blanche, est une écrivaine mondialement reconnue, en dépit de sa mort précoce à 34 ans, en 1923, à Avon, près de Fontainebleau. L’insulaire native d’Océanie a été la victime d’une grande souffrance physique et d’une vie psychique tumultueuse. Fanny Quément indique que, « néanmoins, les nouvelles de Mansfield relèvent beaucoup moins de l’autobiographie que de la fiction moderniste, et son style fut d’ailleurs le seul que Virginia Woolf ait jamais envié ».

Dès les premières pages de Pur bonheur, des éléments de la matière textuelle de l’autrice néo-zélandaise recouvrent un temps de l’enfance, éléments tendrement désuets, temps teinté d’inquiétude : « un manteau à boutons marins », « une casquette à rubans de cuirassé », « le buggy », « son réticule de soie noire », « un pilulier laqué de noir à l’extérieur et du rouge à l’intérieur, avec un peu de ouate », « son corset à jupon couvert de volants tout en soieries », « ses jarretelles », etc., tous signes marqués d’une époque.

Philosophie féline, Les Chats et le sens de l’existence, John Gray (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 18 Février 2025. , dans Rivages poche, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, USA

Philosophie féline, Les Chats et le sens de l’existence, John Gray, Rivages Poche Petite Bibliothèque, mai 2024, trad. anglais USA, Fanny Quément, 128 pages, 8,80 € Edition: Rivages poche

« Les chats sont heureux en étant eux-mêmes, tandis que les humains essaient d’être heureux en s’échappant d’eux-mêmes ». À partir de ce simple constat, John Gray propose un bref essai non dénué d’humour et de légèreté qu’on pourrait qualifier de traité d’anti-philosophie. En effet, quatre des cinq chapitres de Philosophie féline, à partir d’une observation relative au chat, sa façon d’être au monde, se transforment en critiques plutôt fines des courants centraux de la pensée occidentale, quelques rares penseurs (dont Montaigne et Spinoza) semblant trouver grâce aux yeux de Gray. Ainsi, dans le chapitre intitulé Pourquoi les chats n’ont aucun mal à être heureux, dont est extraite la phrase ci-dessus, l’auteur évoque la façon dont les philosophes ont traité du bonheur, montrant la limite effective de leur réflexion, celle de Marc Aurèle par exemple :

« Pour Marc Aurèle, la raison requiert une abdication volontaire de la volonté. Il en résulte une funèbre célébration de l’endurance et de la résignation. Le philosophe-empereur rêverait d’être une statue figée dans le silence d’un mausolée romain. Mais la vie le ramène à la réalité, l’obligeant à reprendre tout le tissage de son voile philosophique ».