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Le Coudrier


Maison d’édition artisanale privilégiant la littérature de création principalement poétique, les éditions LE COUDRIER, actives depuis 2001, publient à compte d’éditeur 10 livres en moyenne par an.

Elles comptent 3 collections :

Coudrier, qui correspond au tirage courant : livres brochés format A5, généralement illustrés sur papier dessin.

Sortilèges, qui est une collection bibliophile et comprend des tirages de tête et des livres uniques ainsi que des recueils cousus, au format italien.

Coudraie, qui regroupe des récits ou des textes divers non spécifiquement poétiques.

Les éditions LE COUDRIER privilégient une écriture personnelle marquée par l’imagination, la sensibilité, la musicalité, et aux antipodes d’une intellectualisation poétique ou d’une recherche stérile de formalisme. L’éditrice est particulièrement sensible au chant des mots et ses choix éditoriaux lui font privilégier des écritures colorées où les images répondent à la musicalité dans une expression construite des sentiments. L’ailleurs est souvent convoqué, qu’il s’agisse d’un retour à l’enfance ou aux origines humaines ou encore d’un voyage onirique dans les mythes et légendes.

 

 

La fantaisie répond à la mélancolie, François Baillon (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Lundi, 20 Avril 2020. , dans Le Coudrier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

La fantaisie répond à la mélancolie, François Baillon, novembre 2019, ill. Odona Bernard, 139 pages, 20 € Edition: Le Coudrier

 

Dieu hésite au-dessus de son œuvre dans la bouillante marmite de sa création. Aurait-il un doute ?

François Baillon l’aide-t-il à faire feu de tout poème à précipiter, entre les mots du juste questionnement, la vivacité culinaire de la Poésie ?

C’est qu’il ne manque pas d’ingrédients à épicer une mélancolie philosophale d’une pincée de fantaisie : « Je réduis la cuisson, se dit Dieu, et tous les éléments devraient pouvoir rester ».

Dieu et le scientifique se confrontent dans une sorte d’hilarité explosive qui n’a rien à envier aux rétrécissements et agrandissements « d’Alice » dans son « Pays des merveilles », François tirant les audaces littéraires d’une sorte de chapeau d’Eternité, laissant éclater une sorte d’irresponsabilité d’un Dieu laissant échapper un projet inabouti ou peut-être bien, plus volontairement, obligeant l’Homme à prendre ses responsabilités.

Partage de la nuit, Patrick Devaux (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Lundi, 09 Mars 2020. , dans Le Coudrier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Partage de la nuit, Patrick Devaux, Ill. Catherine Berael, 70 pages, 16 € Edition: Le Coudrier

 

Nous voici dans un moment où notre conscience se laisse glisser vers un autre niveau du monde, à moins qu’à l’inverse elle n’ait enfin le moyen de s’éveiller pleinement à ce monde. Nous voici dans ces instants déterminants où l’aube est sur le point d’apparaître, où le crépuscule est si bien installé qu’il nous place dans le mystère et l’expectative, qu’il nous invite à une observation plus minutieuse de l’espace, qu’il nous met face à quelques questionnements centraux.

C’est l’impression qu’apporte ce très délicat Partage de la nuit de Patrick Devaux qui, dans une langue poétique aussi épurée que suspendue (la disposition graphique elle-même semble faire état d’une suspension, suspension du temps, suspension du geste), nous emmène au sein d’une oscillation entre ombre et lumière, nous conduit à cette frontière incertaine où tentent de se rencontrer le jour et la nuit, où le jour et la nuit s’essayent à un partage des éléments.

Le bourdonnement de la lumière entre les chardons, Claude Donnay (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 27 Juin 2019. , dans Le Coudrier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le bourdonnement de la lumière entre les chardons, juin 2019, 90 pages, 18 € . Ecrivain(s): Claude Donnay Edition: Le Coudrier

 

Sommes-nous, avec Claude, dans « le bourdonnement de la lumière entre les chardons », dans un processus d’éternel retour ou d’éternelle continuité ? Ce recueil, en tout cas, nous rappelle brillamment ce très court laps de temps qui fait notre éblouissement puisqu’« il n’est question/ Que de passer/ Du doigt au sable/ Du sable à la vague ».

Devant le doute, certes « le ciel rougit de notre immobilité »… mais il flamboie car « au-delà du choix/ Le chemin pose/ Son évidence ».

Tributaire du corps, l’âme serait-elle en sursis quand « le monde survit/ Le temps/ D’un battement de cils » ?

C’est que le bourdonnement se fait intense au moment où on s’y attend le moins, sorte de résistance globale à vouloir prendre un certain élan quand « la vie coule à pic ».

Le mendiant sans tain, Philippe Leuckx (par Sonia Elvireanu)

, le Vendredi, 19 Avril 2019. , dans Le Coudrier, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le mendiant sans tain, février 2019, ill. Joëlle Aubevert, 54 pages, 16 € . Ecrivain(s): Philippe Leuckx Edition: Le Coudrier

 

Poète et critique belge réputé dans le monde francophone, Philippe Leuckx est l’auteur d’une œuvre considérable, récompensée de nombreux prix, dont Prix Pyramide (2000), Prix Emma-Martin (2011), Prix Gros Sel (2012), Prix Robert Goffin (2014), Prix Maurice et Gisèle Gauchez-Philippot (2015), Prix Charles Plisnier (2018).

L’un de ses plus récents recueils de poèmes, Le mendiant sans tain, paru chez les Éditions Le Coudrier en 2018, est illustré par deux portraits réalisés par Joëlle Aubevert : un homme qui semble interroger un ailleurs lointain, en correspondance avec le personnage des poèmes. Philippe Leuckx parle de la solitude, de l’absence, du vide de la vie par un personnage qui en est écrasé, mais ranimé encore par le souvenir d’un meilleur de la vie qu’on lui refuse : « Parfois un souvenir étoile le front éteint/ Comme une grappe de joie/ Qui désaltère la peur/ Qui s’indigne et prolonge/ Nos petites mains tremblantes ».