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publie.net

publie.net est une maison d'édition consacrée au numérique créee par François Bon


30 ans dans une heure, Sarah Roubato (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 14 Janvier 2019. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

30 ans dans une heure, septembre 2018, 142 pages, 14 € . Ecrivain(s): Sarah Roubato Edition: publie.net

 

30 ans dans une heure : qu’est-ce qui relie les paroles de ces presque trentenaires d’ici et d’ailleurs ? Un âge qui marque une étape importante dans la vie, l’âge où la pression sociale se fait plus forte et où on commence à prendre conscience du temps qui passe.

Toutes ces voix rassemblées dans ce roman forment une polyphonie dont la note commune est un questionnement sur le sens, une quête de sens, de liberté et d’authenticité. Tout ne coule pas de source, et dans le monde qui se présente à elles, elles n’ont plus forcément envie de perpétuer des habitudes, des modes de vie et de pensée sans en interroger véritablement le sens. C’est une sorte de crise qui se traduit plus fortement pour ces personnes – pour cette génération ? – par un besoin pressant et vital de cohérence.

« C’est une espèce de courbature à l’âme. Comme un muscle qui tire chaque fois qu’on triche ».

Certains ont déjà fait le pas, le pas de côté.

L’Être Urbain, Raymond Bozier

Ecrit par Germain Tramier , le Mardi, 14 Mars 2017. , dans publie.net, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

L’Être Urbain, 73 pages, 4,99 € . Ecrivain(s): Raymond Bozier Edition: publie.net

 

Variations d’une musique cinétique

Dire la ville : être uniforme, immense et dépersonnalisé ? tirer de cette foule d’image et d’objet de quoi l’arracher à la fadeur ? battre l’uniformisation des comportements au fer glacé. Une évocation de l’urbain par la machinerie des mots.

 

Après son recueil Roseaux, qui portait le sous-titre Appréhension spatiale du contemporain, Raymond Bozier continue son exploration de l’espace quotidien, prolongeant son intérêt poétique urbain et ses décors artificiels.

Choses vues d’une ville en sédimentation

La tendresse, Jacques Ancet

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 25 Juin 2013. , dans publie.net, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Poésie, Roman

La Tendresse, publie.net, collection Temps Réel, janvier 2011, 120 pages, 3,49 € . Ecrivain(s): Jacques Ancet Edition: publie.net

 

Voyez le pianiste Nelson Freire, lorsqu’il joue : ses mains à chaque instant font comme – exactement comme – si elles dessinaient, sans tremblement, sans même l’esquisse d’un vacillement, un cercle parfait.

Et Nelson Freire, quand il se met au piano, transforme chaque morceau en une seule phrase musicale, avec ses différents tempi, faisant ressentir à quel point l’ampleur du mouvement (mouvement de vie, mouvement d’eau, mouvement de lumière) donné à la partition par ses mains, et l’extraordinaire précision dans cette ampleur confèrent à chacun des accords confiés à l’ivoire, aux cordes et au bois du piano son identité indivisible. Sa particularité secrète. Qui irradie en nous. Soudain. Cet accord, dans cette irradiation par quoi il paraît totalement, de toute son unicité, se voyant renvoyé au monde duquel il ne peut s’extraire et qui est constitué de la totalité des accords (et du silence, sans quoi rien ne peut se dire, d’une musique qui, pour ne rien vouloir dire, signifie tout, suivant l’adage steinerien). Au monde qui loin de nier sa singularité la façonne de bout en bout.

Du toucher, essai sur Guyotat, Antoine Boute

Ecrit par Sophie Galabru , le Mercredi, 05 Septembre 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Du toucher, essai sur Guyotat, 3,49 € . Ecrivain(s): Antoine Boute Edition: publie.net

 

Si Antoine Boute est un écrivain et poète dont la pratique repose sur l’exploration des formes de langage, de ses détournements, de sa sonorité et ses rythmes, il n’est pas étonnant alors qu’il se soit consacré à faire parler la langue de Pierre Guyotat. Langue parlée-écrite, expérimentant ses limites, refusant sa simple fonction de représentation du réel ou de communication d’un sens ; chez Guyotat on peut bien dire que la langue ne parle pas de quelque chose, mais que quelque chose parle en elle. Cette écriture au lieu de figurer défigure, ne livrant aucun un sens, car en réalité elle se préoccupe des sens, et essentiellement de celui du tact. D’ailleurs, dans cet essai, Antoine Boute ne veut s’intéresser à l’écriture de Guyotat que sous la perspective d’une écriture qui refuse toute forme ou tout esprit pour être pure matière, pur toucher.

Si vous n’avez pas lu Guyotat, l’ouvrage en offre une introduction qui sait mêler évènements biographiques et conséquences littéraires. Hanté par la présence de la guerre, de l’esclavage prostitutionnel et du viol durant la guerre d’Algérie à laquelle il fut appelé, Pierre Guyotat ne cessa d’élaborer un langage nouveau en rupture avec les traditions, détourné de sa faculté représentative, bref un langage prostitutionnel et corporel.

Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway (trad. François Bon)

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 16 Mai 2012. , dans publie.net, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Aventures

Indisponible. Trad USA François Bon. 2012 . Ecrivain(s): Ernest Hemingway Edition: publie.net

 

Évoquer un ouvrage indisponible (sauf pour quelques petits futés, geeks espiègles, militants du libre, partageurs insouciants ou farouches partisans, gentils, disposés à défendre et à illustrer, justement, la cause littéraire) ne relève pas de la gageure mais d’un engagement bien concret à transmettre quelques informations à celles et ceux qui voudront bien se prêter à un jeu dont la légalité rivalise avec la moralité.

La morale rejoint ici le droit en cet appel à la lecture quasi-impossible de la nouvelle traduction de François Bon. Traduire est moins trahir que lire et relire, de près, égrainer pour rassembler, planter pour faire pousser.

« Traduire c’est reprendre un texte comme du gravier, lentement. Par rapport aux autres textes d’Hemingway, presque un travail de statuaire : si peu de mots, et le tournoiement de leurs répétitions, des didascalies qui détourent les phrases comme un vitrail. Le jeu précis de miroitements entre les paroles que le vieil homme dit à haute voix pour le ciel, le poisson ou lui-même, et son monologue intérieur. Le travail comme sur du marbre entre homme et animal, et l’égalité terrible devant mort et destin ».