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Seuil Jeunesse

La Grande Galerie des monstres, Aude Le Pichon (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 07 Janvier 2020. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

La Grande Galerie des monstres, Aude Le Pichon, octobre 2019, 88 pages, 18 € Edition: Seuil Jeunesse

 

La chimère et l’enfant

Ce très bel album jeunesse de grand format, doté d’un titre intrigant, La Grande Galerie des monstres, et d’une couverture picturale, annonce une sorte de musée imaginaire de l’épouvante et du surnaturel. Trente-sept espèces de prodiges monstrueux sont répertoriées. L’enfant trouvera ainsi plusieurs catégories de créatures extraordinaires, réparties selon les continents, les croyances et les époques – de l’antiquité au monde contemporain –, issues de cultures diverses. Comme l’indiquent le sommaire et la typologie de fantaisie, ces monstres sont soit multiples, hybrides ou uniques. L’ouvrage s’ouvre sur la chimère, qui est sans doute l’archétype de l’animal fabuleux, ici une bête tricéphale, à la fois lion, chèvre et serpent, sculptée à Arezzo, 380-360 av. J.-C.

La visite de la grande galerie commence donc par cette rencontre et se termine par la représentation contemporaine d’une fresque murale urbaine. La chimère, qui est aussi une hallucination et une vanité, se trouve au cœur de l’admirable recueil de Baudelaire, Petits Poèmes en prose, Chacun sa chimère, qui débute ainsi :

Une histoire des images pour les enfants, David Hockney, Martin Gayford, Rose Blake (par Ivanne Rialland)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 13 Février 2019. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse

Une histoire des images pour les enfants, septembre 2018, trad. anglais Céline Delavaux, 128 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): David Hockney, Martin Gayford, Rose Blake Edition: Seuil Jeunesse

 

Une histoire des images pour les enfants est la version jeunesse, écourtée à peu près des deux tiers, d’Une histoire des images parue chez Solar en 2017. Le principe reste similaire : de courts chapitres mettant en scène une discussion entre l’artiste David Hockney et le critique d’art Martin Gayford. L’approche mêle les différents arts visuels pour offrir non pas une histoire de la peinture mais une réflexion sur la création et la perception des images mettant en valeur l’évolution des techniques de représentation, des peintures rupestres aux images numériques.

Le dispositif de la conversation a l’intérêt de donner de la vie aux réflexions proposées et de faciliter la lecture en aérant le texte. Martin Gayford joue nettement le rôle du comparse : ses répliques, synthétiques, fournissent au lecteur quelques éléments d’histoire de l’art, tandis que David Hockney, dans des textes plus développés, commente les images reproduites en s’appuyant sur sa propre pratique artistique. Les œuvres de David Hockney sont ainsi relativement nombreuses dans l’ouvrage et leur analyse par l’artiste intéressera sans nul doute les amateurs du peintre.

Les Palsou, Un conte de Noël, André Bouchard

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 09 Janvier 2017. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Les Palsou, Un conte de Noël, octobre 2016, 40 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): André Bouchard Edition: Seuil Jeunesse

 

C’est un vrai conte de Noël que nous propose ici l’auteur/dessinateur André Bouchard, vrai parce qu’on y parle de joie, de générosité, de partage, d’entraide et d’ouverture à l’autre. Vrai parce que le père noël, s’il existait, pourrait bien être un vieux monsieur à barbe blanche qui vit et apprend aux enfants au cœur d’un bidonville « le bricolage, le jardinage, la politique, la mécanique, l’infirmerie, la littérature, la couture, la soudure et l’arithmétique ». Un bidonville où « pour les langues étrangères on se débrouille entre nous. Dans le quartier, on parle couramment chinois, espagnol, arabe, polonais, grec, bambara, portugais, français et verlan ».

Avec de belles illustrations qui prennent leurs aises sur toute la page, mélange de gris hachurés et de couleurs pétantes, André Bouchard nous présente la famille Palsou et ses quatre enfants. Comme toutes les familles, elle fait ses courses au marché et au supermarché et les enfants prennent le goûter au parc, comme tout le monde quoi. Enfin presque…

L’oiseau, Paule Battault, Marie Caillou

, le Lundi, 03 Octobre 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

L’oiseau, juin 2016, 48 pages (dès 4 ans), 13,90 € . Ecrivain(s): Paule Battault, Marie Caillou Edition: Seuil Jeunesse

Aki a sept ans. Pendant les vacances d’été qu’elle passe chez son père, elle découvre une jeune hirondelle blessée dans le jardin. Elle décide donc de l’adopter et lui prépare un nid dans une boîte, une bouillie de riz au lait de soja et fait de son bol préféré une piscine pour l’oiseau. Mais sa déception est grande : aucun de ces éléments ne semble convenir. L’oiseau est-il malade, est-il en danger ? Le papa intervient et explique alors qu’il s’agit d’une hirondelle et que son régime alimentaire ne peut se satisfaire de bouillie de soja. Le soir, à l’heure de la lecture, ils regardent ensemble l’encyclopédie des oiseaux migrateurs et Aki s’endort en rêvant de voyage et de vol en dormant.

Le temps passe et l’oiseau est devenu familier. Mais un matin, il donne des signes d’un prochain départ en s’exerçant à l’envol. Aki se vante auprès de ses camarades de l’apprivoisement de l’hirondelle et cède à leur curiosité. Mais l’hirondelle n’est pas un jouet. Peu l’ont compris et, ballottée, pressée d’une main à l’autre, elle finit par disparaître dans les airs. Aki est désespérée. L’oiseau n’est pas revenu au nid et il est temps de retrouver la maman puis de rentrer à l’école. Pour son départ, le papa lui offre un joli pendentif en forme d’hirondelle, pour qu’ensemble elles continuent « leurs migrations ». Sur le chemin du retour, soudain un vol, une nuée d’hirondelles et leurs cris, comme pour saluer l’enfant. Un adieu, jusqu’au prochain printemps.

Le pacha qui s’ennuyait, André Bouchard

, le Mercredi, 06 Juillet 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Le pacha qui s’ennuyait, avril 2016, 48 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): André Bouchard Edition: Seuil Jeunesse

C’est un bon gros pacha, bien paisible, bien installé dans son fauteuil, lui-même posé sur une pile de coussins moelleux. Bien habillé, de jolies babouches, des bijoux et bagues à chaque doigt, et pourtant… malgré le confort, des serviteurs zélés, des distractions de plus en plus acrobatiques et extravagantes, notre pacha s’ennuie. Rien ne vient relever ses paupières tristement grises et à demi baissées, pas même la lecture du soir que lui fait Shéhérazade. Un seul recours possible, le « Plus grand Génie du royaume », qui arrive, sitôt convoqué, à bord de son tapis volant. « Ton mal vient du fait que tu vis sur un nuage, Pacha. Je vais te faire redescendre sur terre ! » Et aussitôt le vœu s’accomplit. Voilà le pacha en guenilles au milieu de ce peuple qu’il ne savait même pas exister. Et le voici confronté à la cruauté de celui qui les terrorise.

Mais sous les haillons le Pacha a gardé son autorité. Sa résistance au tyran lui attire la reconnaissance de ces gens jusque-là persécutés. Et lorsqu’il use du « nous » de majesté, ses sujets croient que ce sauveur est des leurs. Le voici porté en triomphe dans un cortège qui ne cesse de s’accroître et s’étirer dans les rues de la ville. Au palais, on craint l’insurrection. Le Grand Chambellan, les gardes, les hussards finissent par déserter, croyant à la fuite du souverain face au danger. Mais le Pacha rentre au palais, accompagné des habitants de la ville qui profitent alors de tous ses bienfaits.