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Jean-Claude Lattès

Les éditions Jean-Claude Lattès (JC Lattès) sont une maison d'édition française appartenant au groupe Hachette Livre et dont le siège social se situe au 17 rue Jacob à Paris (6e).

 


À l’ombre du Baobab, Alexandra Fuller (par Laurent LD Bonnet)

Ecrit par Laurent Bonnet , le Lundi, 05 Octobre 2020. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

À l’ombre du Baobab, février 2020, trad. anglais, Anne Rabinovitch, 300 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Alexandra Fuller Edition: Jean-Claude Lattès

 

Alexandra Fuller, la vie, quoi d’autre ?

La société humaine a toujours eu besoin d’idoles ; le monde de la littérature française ne fait pas exception à cette règle. Ainsi voit-on, comme en cette rentrée littéraire, une partie de son paysage s’obscurcir des mêmes produits « tête de gondole et leurs clones », commentés à l’infini, prescrits plus que lus par une critique officielle qui devrait les ignorer, mais préfère en organiser un cirque médiatique, le plus souvent surjoué. Et l’on peut, à distance maintenant, se demander si l’apparition en février dernier dans le ciel littéraire de À l’ombre du Baobab, d’Alexandra Fuller, n’a pas établi l’aune d’un idéal vers lequel tendre en matière de récit, rendant aujourd’hui pitoyables de nombrilisme les imitations de la même quête qu’essaient de nous soumettre à travers leurs devoirs d’écoliers surdoués, les sieurs Carrère et Enthoven.

Juif de personne, Michel Persitz (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 02 Juin 2020. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Juif de personne, Michel Persitz, octobre 2019, 350 pages, 20 € Edition: Jean-Claude Lattès

 

En ses premiers chapitres, Juif de personne n’est pas sans présenter des analogies avec le livre de Gérard Ejnès, Comment le dire avec circoncision ? (paru quelques semaines plus tôt) : même humour un peu lourd, même ironie qui se veut voltairienne vis-à-vis des dogmes du judaïsme, de ses récits fondateurs et de ses rituels millénaires, même insistance pesante sur l’acte de la circoncision (p.32). Le chapitre 8 développe ainsi une comparaison irrévérencieuse entre la Bible hébraïque et une quelconque série de Netflix : « Dernière saison : le Tanakh, les “Écrits”. Là, on sent vraiment monter la fatigue des scénaristes. Même le titre n’est pas accrocheur. C’est un vrai foutoir. Les Psaumes, les Proverbes, divers récits : Ruth, Esther, Daniel. Les rédacteurs sont payés à la page. Tout cela est réservé aux inconditionnels, aux barbus à chapeau noir, papillotes et kaftan, aux véritables accros de la série » (p.65). On est embarrassé de rappeler à Michel Persitz que l’acronyme Tanakh désigne la Bible hébraïque en entier, et pas seulement sa dernière partie. Le lecteur comprend vite que l’auteur n’est pas un Juif orthodoxe et qu’il a des comptes à régler avec la religion de ses pères, mais à quoi bon en faire un livre qui ne convaincra que ceux qui le sont déjà ? Inscrivons à son crédit qu’il ne fait point partie de ces croyants totalement étanches au doute, quelle que soit leur foi.

Monologues de l'attente – Hélène Bonnaud (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 27 Février 2020. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Monologues de l'attente – Hélène Bonnaud novembre 2019 – 176 pages – 18 euros Edition: Jean-Claude Lattès


Sept personnages se dévoilent durant ce moment particulier de l'existence, ce moment où le temps, suspendu, ne coule plus, ce moment où entre en nous autre chose que des bruits courants ou des velléités utilitaristes, ce moment où l'ennui fore dans la psyché, y révélant parfois des gisements de désir ou des sources cicatricielles : l'attente.

En l'occurrence, Hélène Bonnaud se penche sur l'attente précédant la séance de psychanalyse, terme ayant revêtu depuis sa naissance il y a plus d'un siècle une aura particulière, un peu solennelle et ronflante, parfois aussi sujet à d'épaisses badineries. In fine, cette exploration du sujet découle d'un souci élémentaire de se connaître soi-même, prescription de la sagesse antique relayée par Socrate et sa maïeutique, puis par Montaigne qui indique que « tout homme porte en lui la forme entière de l'humaine condition. » Se connaître un peu mieux, se découvrir, affleurer ses fragilités et ses fêlures, identifier les ressorts qui nous animent en profondeur, et surtout approcher le farouche inconscient, concept nouveau depuis Socrate et Montaigne, et que Lacan définit ainsi : « L'inconscient est ce chapitre de mon histoire qui est marqué par un blanc ou occupé par un mensonge : c'est le chapitre censuré. »

Travelling, Un tour du monde sans avion, Christian Garcin, Tanguy Viel (par Sylvie Zobda)

Ecrit par Sylvie Zobda , le Mercredi, 15 Mai 2019. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Voyages

Travelling, Un tour du monde sans avion, mars 2019, 281 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Christian Garcin, Tanguy Viel Edition: Jean-Claude Lattès

 

A l’heure de la mondialisation, de l’internet 4G, des liaisons satellitaires, des flux où vitesse et densité vont de pair, qu’est-ce qui pousse Christian Garcin et Tanguy Viel à réaliser un tour du monde sans avion, en cent jours, pour faire une boucle dans l’hémisphère Nord, entre le 35ème et le 55ème parallèle ? Le titre de ce roman écrit à quatre mains annonce un travelling, un déplacement de l’ordre de la promenade, et non du survol rapide, un voyage doux posé sur des rails préétablis, délimitant les routes du cargo, de la voiture, du bus, du train, passant par l’Atlantique, les Etats-Unis, le Pacifique, le Japon, la Chine, la Russie puis l’Europe.

La géographie s’annonce donc variée, mais le livre est bien plus encore un voyage dans le temps, celui du réel, et non du fictionnel, encore moins de la légende collective, des représentations grossières, du passé plus ou moins glorieux. Les deux écrivains, pour parvenir à leur fin, restent dans le terre-à-terre, ils s’accrochent au sol présent.

Trois jours à Jérusalem, Stéphane Arfi (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 16 Avril 2019. , dans Jean-Claude Lattès, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Trois jours à Jérusalem, octobre 2018, 316 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Stéphane Arfi Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les « vies de Jésus » forment une sous-catégorie particulière du genre littéraire appelé « biographie » et aucun être humain, si longue que soit son existence, ne pourra les lire toutes. Comme cela se produit invariablement, cet amoncellement de volumes, qui soutiennent des positions contradictoires, finit par s’auto-annuler et par s’affaisser sous sa propre masse. On en revient alors au point de départ, à ces quelques dizaines de pages du Nouveau Testament, dues à de très grands écrivains, de même qu’on revient toujours à Platon ou à Shakespeare, quand les yeux et l’esprit sont fatigués d’avoir compulsé des piles de thèses et d’études critiques à leur sujet.

Loin d’être une biographie exhaustive, le mince recueil que l’on désigne sous l’expression de Nouveau Testament garde un silence infranchissable sur des pans entiers de la vie du Christ. De même que certains individus ne supportent pas le silence et éprouvent le besoin de le remplir par ce qui vaut rarement mieux que lui – du bruit ou du verbiage – on a très tôt tenté de meubler le silence des Évangiles. Une bonne part de ce qu’on appelle la littérature apocryphe n’est rien d’autre qu’une tentative, très rarement réussie, de briser ce silence.