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Poésie

Je n'en dirais guère plus, Jean-Michel Bongiraud

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 30 Avril 2012. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Editions de l'Atlantique

Je n’en dirai guère plus, 2012, édition à tirage limité et numéroté, 45 p. 14 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Bongiraud Edition: Editions de l'Atlantique

 

 

Il est pas mal question du doute dans ce recueil, mais en le refermant, c’est du titre que l’on doute. Difficile en effet de croire que Jean-Michel Bongiraud n’en dira guère plus, et on ne le souhaite pas en tout cas, car lire ce livre, c’est comme passer un moment en tête à tête avec un ami. Il ne s’agit pas ici juste d’une formule, mais d’un ressenti bien réel. L’auteur est comme assis en face de nous, le livre devient une table à laquelle on s’accoude, on partage un verre, voire plusieurs, et Jean-Michel Bongiraud nous ouvre son cœur, sans prétention, sans flonflons, sans faux semblants. Une telle simplicité est rare, une telle sincérité aussi. Elle mettra ceux qui sont prompts à juger sans doute mal à l’aise. Il y a quelque chose d’inconvenant, pour ceux qui ne jouent pas cœur sur table, à se livrer ainsi. C’est donc un livre qui fait du bien, qui remet les choses à leur place, la poésie dans la vie, l’homme au cœur de sa vie d’homme, ni plus, ni moins et les mots tissent des ponts, car au centre de ce livre, il y a un irrépressible désir de partage.

Langue française et poésie, Robert Notenboom

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 25 Avril 2012. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Le puits de Roulle

Langue française et poésie, 2012, 102 p. 10 € . Ecrivain(s): Robert Notenboom Edition: Le puits de Roulle

 

Robert Notenboom a donné une conférence au SIEL de Paris le 27 novembre 2011. Le verbatim de celle-ci figure en première partie de son ouvrage et le rappel des règles de la prosodie classique constitue la seconde.

L’auteur n’a, selon ses propos, pas hérité de la langue française, il a dû la conquérir, ce qui explique, sans doute, le profond attachement qu’il lui porte. Dans cet essai, il dépeint la langue de Molière, son histoire, sa nature, son vocabulaire, son orthographe, sa richesse vocalique, son rythme, son statut actuel entre « classicisme rassurant et verlibrisme délirant ». Il présente, avec bonheur et un souci marqué du détail, la langue française sous toutes ses facettes. Un peu à l’image d’un artisan travaillant la matière. Sa démarche, il l’explique en quelques lignes : « De même qu’un maçon doit connaître le sable et la chaux, ainsi que le maniement de la truelle, un ébéniste doit distinguer les différents bois, en connaître la dureté et la densité, maîtriser l’usage de la gouge et du maillet ; de même le poète doit-il connaître la langue qu’il a choisi de servir, être à l’aise avec sa grammaire, sa syntaxe et ce que l’on nomme communément la prosodie, à laquelle je préfèrerais donner le nom de rythmique ».

N'oublie pas les oiseaux..., Marguerite Clerbout

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 18 Avril 2012. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

N’oublie pas les oiseaux…, illustrations Marthe Ansiaux, Ayeneux, Tétras lyre, 1992 . Ecrivain(s): Marguerite Clerbout

Marguerite Clerbout est une auteure singulière. Rencontrer ses textes est comme vivre une résonance de la lumière. La vivre comme on vit une rencontre qui marque, qui ne finira pas de se répercuter, comme les souvenirs font des ronds éblouis dans l’eau de nos pensées – nos pensées comme un fil tendu dans « nous ».

Un fil sur lequel se pose doucement la poésie de Marguerite Clerbout, papillon de mots, de pensées et de silences.

L’auteure porte sa poésie dans la page, dans le silence, dans la vie ; elle la pose comme un trait d’union sur une page déchirée par un enfant, déchirée d’un grand cahier pour que puisse s’y voir un soleil dessiné par lui, par ses mains, par ses rêves, avec son empressement, soleil – chauffant de ses rayons le squelette juste esquissé d’une maison – dessiné avec des crayons de couleur qui ont l’arc-en-ciel qu’ils font une fois mis ensemble, toutes les couleurs d’une vie commençante, avec toutes les courbes en elle de ce qui est infini, et se sait tel.

Comme un trait d’union ? Un trait d’union entre l’étoile et l’oiseau, qui sont une même réalité. La poésie de l’auteure dans son mystère l’indique. Un trait d’union qui est un point. Un point comme un soleil.

Seigneur ermite, L'intégrale des haïkus, Bashô

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 29 Mars 2012. , dans Poésie, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, La Table Ronde, Japon

Seigneur ermite, L’intégrale des haïkus, Edition bilingue par Makoto Kemmoku & Dominique Chipot. mars 2012, 480 p. 25 € . Ecrivain(s): Bashô Edition: La Table Ronde

 

Quel bel objet déjà ! Un écrin à la hauteur du contenu, la couverture est  d’un vert qui fait aussitôt penser au jade, ce même vert se retrouve à l’intérieur pour le texte en version japonaise. Ce livre, dédié aux victimes  et sinistrés du grand tremblement de terre du Tōhoku, région que Bashō a visité lors de ses voyages, s’ouvre sur une note concernant la traduction. Elle commence ainsi, ce qui résume bien le propos : Traduire c’est trahir, et expose les difficultés auxquelles ont été confrontés les traducteurs et donc leurs partis-pris.

Ensuite, une introduction aborde en un tour rapide mais instructif l’histoire de la poésie japonaise, suivie d’une biographie détaillée de Bashō, illustrée par quelques haïkus. Indispensable pour la compréhension de son œuvre. Nous entrons alors dans la chair même de l’ouvrage : l’intégrale des haïkus du maître en la matière, souvent précédés par des avant-propos de Bashō lui-même, classés par ordre chronologique.

Le premier est daté de 1663 :

Le silence des chiens, Jacques Ancet

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 07 Mars 2012. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, publie.net

Le silence des chiens. Février 2012. 186 p. 2,99 € . Ecrivain(s): Jacques Ancet Edition: publie.net


"Pourquoi rééditer aujourd’hui ce livre vieux de plus de vingt-cinq ans ? Sans doute parce qu’après toutes ces années, sous les horreurs qui le traversent et qui n’ont jamais été d’une actualité aussi brûlante, j’y retrouve toujours la même énergie de vie. Une énergie qui, malgré tant d’obstacles et de raisons de désespérer, ne cesse de s’affirmer contre la mort. C’est là que je verrais le sens de cette activité chaque jour plus invisible qu’on appelle littérature : être une force qui vous saisit, en deçà de toute figuration ou représentation – terrain sur lequel cinéma et nouveaux arts de l’image l’ont depuis longtemps supplantée –, en deçà de tout discours constitué et autres messages à faire passer ; une force qui vous jette dans cette « obscurité sans voix où les mots sont des actions » (Faulkner) où un corps, et toute sa charge biologique, historique, sociale, rencontre un autre corps, le touche dans le présent de son passage dont chaque texte ou chaque livre est la trace recommencée. Autrement dit, et simplement, profondément, être la vie du langage et le langage de la vie. Telle serait, pour moi, la leçon toujours vivante de ces pages de ténèbres et de mort."