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Poésie

Jeux, Dominique de Rivaz

Ecrit par Olivier Bleuez , le Mercredi, 05 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Zoe

Jeux, février 2014, 142 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Dominique de Rivaz Edition: Zoe

 

Décrivons d’abord l’objet : un livre au format atypique, horizontal si l’on peut dire, du beau papier et quelques phrases, parfois une phrase, par page. Il faut une grosse vingtaine de minutes (à une vitesse normale, sans qu’on se prononce sur le concept de normalité en la matière) pour lire Jeux. Mais le livre est loin d’être épuisé après cette première lecture. C’est l’impression de concentration de qualité, de prose poétique et de choix méticuleux de chaque mot qui ressort de la plupart des pages. L’impression aussi qu’il y a des connexions entre différentes pages, que c’est tout de même une espèce d’histoire qu’on nous donne. La relecture permet de savourer ces sens cachés (ou de les laisser intacts) et d’extrapoler seul. Elle permet aussi d’apprécier cette économie du langage et ce travail sur le texte court, sur la densité du sens inversement proportionnelle au nombre de phrases.

Cela tourne autour d’un même lieu : un square d’une ville. L’auteur nous donne quelques fragments de scènes de vie ayant lieu autour ou dans ce square, des pensées de personnes habitant autour de ce square (ou peut-être pas d’ailleurs). Le plus souvent, nous sommes en présence de textes forts et bien affûtés :

Usage des cendres, Jean-Paul Bota

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 14 Février 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Usage des cendres, précédé de Feuillets du Midi (Chartres Lisbonne Venise), Jean-Paul Bota, Le préau des collines, 2010, 107 pages, 12 €

 

Le voyage, un « pèlerinage vers l’éclat »

 

Peut-on dire le voyage ?

Et le dire tel qu’il se révèle être, lorsque, loin de voyager seul, l’on fait de sa route l’irruption d’un moment d’infini partagé avec un autre, une autre ?

Pour Jean-Paul Bota, le voyage ne peut être séparé de cette façon, propre à l’amour, de cheminer à deux. L’être proche, si proche (être pudiquement nommé par la lettre « H. » ; ses paroles réveillées), devient ce qui est non-séparé-de-soi.

Une garance pour le violoncelle, Mylène Vignon

Ecrit par Etienne Ruhaud , le Jeudi, 13 Février 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Une garance pour le violoncelle, éditions Unicité, octobre 2013, 80 pages, 13 € . Ecrivain(s): Mylène Vignon

 

Une série d’hommages : ainsi pourrions-nous qualifier le nouveau recueil de Mylène Vignon, femme de Lettres, bloggeuse, journaliste, et animatrice du site « Saisons de culture ». Reprenant, par le titre, une métaphore de Maria Elena Vieira da Silva (1), Une garance pour le violoncelle ressemble en effet d’abord à une belle suite de dédicaces, ou plutôt d’odes, à diverses personnes aimées, ou à des éléments, des lieux familiers.

Ainsi, page 42, lorsque l’auteure s’adresse à Nina, dans le texte « Vers Nina » : Dors/Et j’écris le poème/Pour toi/Nina/Rien que pour toi, ou encore page 24, dans le texte « Vers les saisons » : Regarder une fleur/Avant de s’en aller/Sans se retourner/Observer le printemps/La veille d’un été/Et rêver. Une large part est faite aux créateurs, musiciens et plasticiens, que la poétesse, par ailleurs critique artistique (2), prend plaisir à célébrer, non sans une certaine complicité : Paris New York/West Side Story/Bernstein/Des cris joyeux/Percent l’hiver/Neigeux (page 26).

La Grande Fête sans fin, Jean Hans Arp

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 11 Février 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arfuyen

La Grande Fête sans fin, janvier 2014, 13,50 € . Ecrivain(s): Jean Hans Arp Edition: Arfuyen

 

Le poème-vie

C’est avec une vraie attente que j’espérais le livre de Jean Arp, recueil de poèmes venus de l’allemand, langue qui est une des langues maternelles du poète. Et ce que l’on sent tout de suite, même en français, c’est la vitalité du rythme et de la prosodie. On n’y sent pas un homme appesanti par l’âge ni sommeillant dans une routine poétique. C’est l’effet de vie, et presque de violence, qui entête le lecteur et je trouve que cette force esthétique un peu iconoclaste va bien aux cinq recueils qui constituent l’ouvrage.

Cela dit il faut expliquer la vie, le caractère vital qui sourd du recueil. Et tout d’abord par l’impression de mouvement, impression que rien n’est statique, que tout est tendu, instable, susceptible de grandir ou de se rompre, de se dilater. J’ai d’ailleurs commencé cette lecture à l’écoute de La Mer de Debussy, et je me dis maintenant qu’il n’y a pas tout à fait de hasard et que cette poésie se rattache peut-être d’avantage à la musique française, et notamment à Erik Satie, avec ses Gymnopédies par exemple.

Jour, Jean-Jacques Marimbert

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 10 Février 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Carnets du dessert de lune

Jour, juin 2013, 59 pages, 10 € . Ecrivain(s): Jean-Jacques Marimbert Edition: Carnets du dessert de lune

 

En poésie, il y a tant de manières d’aborder, de lire, d’aimer… et tant d’émotionnel dans cet exercice-là ! Ceux, par exemple, qui vous diront tout de l’architecture, des chemins qu’empruntent ces mots à part du reste des écritures, qui analysent, conceptualisent et vous « disent » – sans contestation aucune – le sens, le vrai, le définitif. Ceux qui sauront, presque immédiatement, les ponts si évidents, disent-ils, avec cet autre immense poète, et qui intimident au point de nous laisser à la porte de leur précieuse chapelle. Et puis, il y a ceux qui veulent voyager en poésie, à leur rythme, comme ça leur chante ; ceux qui vont au pays des vers, comme au concert, pour la musique, le voyage, le coup au cœur. Ceux qui la lisent, cette poésie, à mi-voix, et l’emportent partout en promenade, pour en savourer deux ou trois vers, ici ou là, comme deux tranches de mandarine d’hiver…

Jean-Jacques Marimbert – sa biographie le dit – est un homme à plusieurs vies, donc, un poète !