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Poésie

D'un pays sans amour, Gilles Rozier

Ecrit par Anne Morin , le Vendredi, 21 Octobre 2011. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Grasset, La rentrée littéraire

D’un pays sans amour, 439 pages, 2011, 21,50 € . Ecrivain(s): Gilles Rozier Edition: Grasset


A Rome, dans son palais, Sulamita, une très vieille dame, vit volontairement recluse dans quelques pièces, hors du temps. Elle règne sur une bibliothèque dont elle a patiemment collecté les pièces, des archives, des livres. Peut-être ce que Claudel aurait appelé des « documents démantibulés ». Elle est la mémoire de ce pays perdu, le Yiddishland d’où a rayonné entre deux guerres à Varsovie la plus haute poésie. Cette langue immémoriale, le yiddish, rejaillissant à travers les œuvres telle une source inspirée, et inspiratrice.

A Paris, un jeune orphelin Pierre, trouve chez un bouquiniste une revue illustrée par Chagall où figure un écrit d’un certain Uri-Zvi Grinberg. A la recherche de ses origines, désormais seul au monde avec un nom, celui de sa grand-mère polonaise, il entre en correspondance avec Sulamita, et ils se rencontrent dans ce qu’elle appelle son « palais de mémoire ».

Entre la vieille dame et le jeune homme s’ouvre une histoire d’amour et de correspondances : elle retrouve en lui Ezra, l’amour perdu de sa jeunesse, et lui Anna, sa grand-mère.

Ariel, Sylvia Plath

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 11 Octobre 2011. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Gallimard

Ariel. 113 p. Poésie / Gallimard 5 € (réédition Gallimard Du monde entier, 2006). . Ecrivain(s): Sylvia PLATH Edition: Gallimard

La mort pour mettre fin à la vie du désastre.


Sylvia Plath, Ariel, présentation et traduction de Valérie Rouzeau, Gallimard, Collection Poésie / Gallimard, 2009, 5 euros.

Ariel paraît en 1965, « deux ans après que Sylvia Plath s’était donné la mort à Londres, par l’un de hivers les plus froids qu’ait connu l’Angleterre ». Ces poèmes ont été écrits pour la plupart « entre octobre 1962 (après le départ de Ted Hughes) et février 1963 – les derniers écrit sont datés du 5 février, il s’agit des poèmes « Balloons » (« Ballons ») et « Edge » (« Extrémité »). Sylvia est morte le 11 », comme le note Valérie Rouzeau dans son avant-propos. Il faut saluer une fois encore, à l’occasion de cette réédition en poche, après que l’a fait Jean Bogdelin au sein de La Cause littéraire, sa traduction, libre et inventive autant que précise, qui permet aussi de mesurer à quel point les trouvailles poétiques de Plath ont enrichi son écriture non pas de traductrice mais de poétesse : Pas revoir bien sûr, mais surtout Quand je me deux (Le Temps qu’il fait, 2009), ou encore Va où (Le Temps qu’il fait, 2002).

Chaque fois l'éternité, Roland Tixier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 01 Octobre 2011. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Le pont du change

Chaque fois l’éternité, Editions Le Pont du Change, 12 €, 62 p. juillet 2011 (réédition) . Ecrivain(s): Roland Tixier Edition: Le pont du change

En poésie, quand les mots, le rythme, le balancement servent à tout : les images, les sons, les odeurs aussi… il peut y avoir du lyrique, du romantique, du grandiose et parfois du grandiloquent, de l’hermétique aussi – ce qui n’enlève rien au bonheur qu’on prend à cet art particulier des mots…

Et puis, il y a aussi, de temps à autre, des petits livres rares et précieux, comme celui-ci, et ses cinq vers, qui, d’entrée, résument le tout :


« fin juin en ville

ailleurs les blés

le temps de l’enfance

les grandes vacances

chaque fois l’éternité »

Coplas por la muerte de su padre de Jorge Manrique, Michel Host

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 28 Septembre 2011. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Espagne, Editions de l'Atlantique

présentation et traduction de Coplas por la muerte de su padre de Jorge Manrique, 14 €, 40 p. . Ecrivain(s): Michel Host, Jorge Manrique Edition: Editions de l'Atlantique

L’humaniste Michel Host, le subtil et discret, nous offre une magistrale traduction de Jorge Manrique. Il ravive ainsi un chef-d’œuvre de la littérature espagnole, et mondiale, parmi les plus cités et les plus proverbiales.

Le destin des apophtegmes s’origine souvent dans la mise en abîme de l’auteur. Plus l’œuvre grandit, plus l’homme diminue. Aussi, bien des chefs-d’œuvre rendent les hommes plus humains.

Dans le sillon de Homère et de Virgile, de Lucrèce même (un vrai Lucrèce où les divinités sont loin), Manrique tutoie cet universel touché par Rutebeuf et Villon.

(XXXVIII)

« Vouloir un homme vivre

quand Dieu désire qu’il meure

c’est folie ».

Quant à Saint-Germain-des-Prés ... Nicolas Grenier

, le Dimanche, 31 Juillet 2011. , dans Poésie, Les Livres, Recensions, La Une Livres

... trente et un tanka sur la main d’après, aux Editions du tanka francophone, 2011, 54 p. 16€. . Ecrivain(s): Nicolas Grenier

 

Quant à Saint-Germain-des-Prés, trente et un tanka sur la main d’après est un recueil de tanka inspiré de l’ambiance et des rues du célèbre quartier de Paris : Saint-Germain-des-Prés.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un tanka ? Le tanka est une forme poétique japonaise classique. Il comprend 31 syllabes sur 5 vers. La métrique est de 5/7/5 pour le tercet, et ensuite de 7/7 pour le distique.

Après une préface de Jean Orizet, membre de l’Académie Mallarmé, un peu plus d’une trentaine de tanka suivent. Ces cours poèmes nous font voyager à Saint-Germain-des-Prés, mais aussi aux alentours, dans Paris. On se promène effectivement au fil des vers, avec l’auteur.