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Poésie

Le mémo d’Amiens, Jean-Louis Rambour

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 02 Avril 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Henry

Le mémo d’Amiens, 2014, vignette de couverture Isabelle Clement, 96 pages, 8 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Rambour Edition: Editions Henry

 

« C’est un pays étrange, cette ville, avec tous ces gens », c’est sur cette citation du Clézio que s’ouvre ce recueil, qui bien que tenant dans la poche, pèse son poids de vies humaines et d’un siècle condensé. 90 poèmes-photos, 90 portraits de 14 lignes. Une ville, Amiens et des gens, des habitants. Des prénoms, quelques noms, des histoires, des rêves, des ambitions, des douleurs, des misères, des saloperies aussi de tout un siècle découpé en guerres, en entre-deux, en révolutions.

 

Ici Julia parle de la grande souffrance d’Amiens (…)

La grande souffrance dit-elle Deux guerres mondiales

À elle seule L’idée qu’on a pris forme humaine

Pour vivre la somme des malheurs la note élevée

Pris forme humaine pour offrir ses ruines

Nous sommes à peine écrits, Chemin vers Egon Schiele, Matthieu Gosztola

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Recours au poème Editeur

Nous sommes à peine écrits, Chemin vers Egon Schiele, février 2015 . Ecrivain(s): Matthieu Gosztola Edition: Recours au poème Editeur

 

Avec en exergue cette citation de Gil Jouanard : « Si le monde veut être vu, s’il veut être senti, écouté et touché, goûté et pressenti et deviné, c’est qu’il ne s’est pas encore fait à l’idée de nous perdre » (dans Le Goût des choses). L'ensemble poétique de Matthieu Gosztola rassemble de courts textes posés sur la page comme un désir de laisser une trace, peut-être celle d’un visage impossible à effacer, pour :

– Tenter de capter un regard, un sourire, garder ce visage qui n’a pas besoin de mots, quelque chose ou plutôt quelqu’un qui a disparu à jamais, « La vie du visage est intacte /Que le poème l’a traversée ».

– Chercher à retrouver une part de l’autre, quelque chose qui parle d’elle, et attendre peut-être un retour improbable, avec tous les désirs pour déplacer le temps qui fuit et nous prend tout, « chercher les mots/pour t’entourer/et faire que le miracle abolisse ».

Il y est question de mourir et de vivre, dans cet ordre, il y est question de ces rêves qui tiennent seuls et nous gardent en eux seuls, « se souviendront de nous », « ta mort a rendu la vie un peu/Folle d’épouvante ».

Assis sur le fil, Cyril Dion

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Table Ronde

Assis sur le fil, octobre 2014, 80 pages, 12 € . Ecrivain(s): Cyril Dion Edition: La Table Ronde

 

Fondateur, avec Pierre Rabhi, de l’ONG Colibris, Cyril Dion en est aujourd’hui le porte-parole. Conseiller éditorial chez Actes Sud, Directeur de la rédaction du magazine Kaizen, il a coproduit avec Colibris un film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, avant de tourner Demain, dont il est l’auteur et le coréalisateur avec Mélanie Laurent.

Son recueil de poèmes intitulé Assis sur le fil, aux éditions de La Table Ronde, aurait très bien pu s’appeler « sur le fil du je ».

Toile tissée, sur les tissus colorés,

Darchok, exposés aux 4 vents des cavernes intérieurs.

Je suis un, ne veut pas dire Un, « moi qui ne suis que moi seul ».

Je suis celui que je ne vois pas.

Miroir des fils des corps,

Les paradoxes du lampadaire suivi de A NY, Marc Tison

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 16 Mars 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Les paradoxes du lampadaire suivi de A NY, textes, collages et photos de Marc Tison (autoédition) . Ecrivain(s): Marc Tison

 

Un recueil élancé, format vertical sur papier lisse et luisant comme une ville la nuit, un remix/réécriture d’un texte publié dans la revue collective « Numéro 8 » en 2008 suivi de A NY, remix/réécriture d’un texte publié par « contre-poésie » en 2011.

« La ville est une arythmie (…) constance de la règle : l’urbain bruit ». Magistralement rendue ici par Marc Tison, la ville, sa schizophrénie jour/nuit, ses monstres, ses perditions et ses « fausses nostalgies des solitudes paisibles/ Dans l’indifférence speedée des changements de métro ». Une langue qui claque, qui swingue, qui râpe et dérape sur le béton, le bitume, aiguillonne le lecteur, le pousse, le bouscule de boulevards rutilants en « sombres chemins de rescousses », de fantasmes en sordides réalités, sans jamais céder à la facilité d’un hymne bidon à une urbanité trop souvent à la limite du bidon elle aussi, au contraire l’auteur, lucide, nous livre la désintégration des romantismes/ Ravalement des façades à l’heure du dégueuli.

Correspondance avec l’ennemi, Christophe Esnault

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 14 Mars 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Correspondance

Correspondance avec l’ennemi, éd. Les doigts dans la prose, janvier 2015, 149 pages, 16 € . Ecrivain(s): Christophe Esnault

 

 

Avant-propos : Correspondance avec l’ennemi est le huitième ouvrage des Éditions Les doigts dans la prose. Mention spéciale pour le graphisme & le design de la 1ère et 4ème de couverture, dont la présentation en avant-dernière page vaut le coup d’œil & de lecture : le livre a été composé au Mans en Titillium par Anne Milet, D.A. de l’Agence Atribu, qui a tiré à boulets rouges sur la couverture, avant d’en confier l’impression à L’Imprimerie Graphique de l’Ouest, sise Chemin des Amours au Poiré-sur-Vie (Vendée), pour démultiplication à 550 ex., sur Munken white print de 80 gr pour l’intérieur, carte Arktika une face mate de 250 gr pour la couverture illuminée par un Pantone rouge sang 485 C, rehaussé d’une touche de noir intense sous son pelliculage mat, la première quinzaine du mois de décembre 2014 ; le tout constituant l’édition originale. L’impression d’image 3D majore le look vraiment réussi de ce bel Objet-Livre.