Identification

La Une Livres

Ondine, Benjamin Lacombe

Ecrit par Olivier Verdun , le Mercredi, 23 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Albin Michel, Jeunesse

Ondine, Albin Michel Jeunesse, 2012, 40 p., 19 € . Ecrivain(s): Benjamin Lacombe Edition: Albin Michel

Avec Ondine, son avant-dernier album, Benjamin Lacombe prouve une fois de plus son immense talent d’illustrateur. Un album somptueux comme rincé au lavis, qui rend hommage à quelques grands maîtres – Hokusaï, Waterhouse, Millais, Rosseti. Benjamin Lacombe réinterprète le mythe d’Ondine, inspiré par les textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et la pièce de Jean Giraudoux, et revient avec ce conte à ses amours préraphaélites.

L’histoire nous entraîne dans un monde obscur qui a pour toile de fond la « terrible Forêt-Noire ». Un monde peuplé par les esprits des eaux (les ondins) dont la douce Ondine fait partie. Née sans conscience et sans remords, recueillie par une famille de paysans pauvres mais aimants, Ondine aspire à posséder une âme. Elle doit pour cela se faire aimer d’un homme.

Un  soir, sous une pluie battante, le chevalier Hans de Ringstetten, qui s’était égaré en pleine forêt, trouve refuge chez Ulrich et Eugénie, les parents adoptifs d’Ondine. Ondine était d’une « beauté si délicate que ses traits fins se noyaient dans l’éclat de sa peau. Ses longs cheveux roux flamboyaient sur ses épaules en d’élégantes ondulations ». Comment ne pas tomber sous son charme ? Après s’être promis l’un à l’autre, Hans et Ondine scellent leur engagement d’un premier baiser au cours d’une cérémonie. Une nouvelle vie les attend dans le château de Ringstetten.

La sagesse dans le sang, Flannery O'Connor

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 22 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, USA, Roman, Gallimard

La sagesse dans le sang (Wise blood 1949). Trad. USA Maurice-Edouard Coindreau. Edition présente septembre 2012. 245 p. 7,50 € . Ecrivain(s): Flannery O'Connor Edition: Gallimard

 

 

Ce livre est une bourrasque, une tornade littéraire !

A commencer par la préface de 1959 – à ne surtout pas manquer – signée par la plume acerbe et saignante de Maurice-Edgar Coindreau, également brillant traducteur de cette œuvre. Il s’en donne à cœur-joie à propos des évangélistes qui ont toujours pullulé aux Etats-Unis :

« Il est à remarquer que, chez les femmes évangélistes tout spécialement, le démon de la chair s’éveille de bonne heure, non sans parfois troubler leur système nerveux. Mary Baker Eddy était hystérique dès son âge le plus tendre. Elle le resta jusqu’à sa mort. Crises de nerfs, convulsions, épilepsie ; catalepsie. Il fallait la calmer à grand renfort de morphine, à moins que quelque personne obligeante ne la prît dans ses bras et ne la berçât. Les bras d’homme étaient particulièrement efficaces. »

L'homme-joie, Christian Bobin

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 22 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, L'Iconoclaste

L'homme-joie, octobre 2012,190 p., 17 € . Ecrivain(s): Christian Bobin Edition: L'Iconoclaste

 

Christian Bobin, écrivain chrétien vivant en marge du monde littéraire, et même un peu de notre monde moderne, ne fait pas l'unanimité chez les critiques. Certains jugent en effet son écriture mièvre et son propos d'une douceur béate et résignée, tandis que d'autres le tiennent pour un des plus grands poètes de notre temps !

Il n'est pas besoin de partager la croyance de l'auteur pour reconnaître  dans L'homme-joie, son dernier livre, la marque d'un authentique poète dont les mots touchent puissamment dans leur simplicité. Et même si certains passages peuvent prêter parfois à sourire, Christian Bobin m'est plus apparu comme un écrivain mystique que religieux, comme un poète à l'écoute du silence et à l'affût de la beauté qui «[brûle] les apparences de la vie comme celle de la mort» (p.106) et  donne «assez de feu pour traverser les étendues glacées du monde» (p.124). Son regard sur le  monde et sur les hommes (vus comme «champ de bataille» et «assassins» - dont il ne s'exclut pas) n'accorde en effet qu'une importance relative à cette réalité tristement explicable, le poète veillant à préserver, à glorifier l'amour dans une vision harmonieuse  conciliant le monde «banal» et «l'autre monde». Une approche apaisée du mystère qui n'est pas exempte de beauté.

Bérénice 34-44, Isabelle Stibbe

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 22 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Serge Safran éditeur

Bérénice 34-44, 316 p., 18 € . Ecrivain(s): Isabelle Stibbe Edition: Serge Safran éditeur


La force d’une vocation artistique peut-elle tout occulter ? Peut-elle faire oublier le monde extérieur, surtout lorsque ce monde s’assombrit dangereusement ? C’est la question qu’aborde Isabelle Stibbe dans son premier roman, Bérénice 33-44.

C’est le récit d’une jeune fille, adolescente dans le Paris des années de l’entre-deux guerres, qui étouffe un peu dans sa famille, d’origine juive russe par son père, Maurice Capel né Moïshé Kapelouchnik, et par sa mère, née Valabrègue, appartenant à une vieille famille juive du Comtat Venaissin. Prénommée Bérénice en raison de la fréquentation par son père, au cours de la première guerre mondiale, d’un instituteur, Louis, très Troisième république, amoureux du théâtre classique et de Racine. Bérénice pressent, très tôt, que son existence va être remplie d’ennuis, de renoncements, si elle ne se consacre pas de toutes ses forces à la réalisation d’un rêve qui revêt les caractères d’un impératif pour elle : monter sur les planches. Elle s’en aperçoit en assistant à une représentation de la Comédie-Française, Lorenzaccio. Elle y éprouve l’appel de la vocation, la sensation du sacré dans le statut de comédien :

Angle mort, Ingrid Astier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 21 Janvier 2013. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Polars, Roman, Série Noire (Gallimard)

Angle mort, Ingrid Astier, janvier 2013, 510 pages . Ecrivain(s): Ingrid Astier Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Un « policier » ? Encore un ? enquête, sang, cris, sandwichs et interrogatoires… bagnoles qui démarrent au feu rouge, dans un boucan d’enfer, à coups de gyrophares, bleu, bien sûr… un « série noire », de plus, qu’on va lire, tranquille, en terrain balisé, au coin d’une cheminée, comme le veut la saison.

Oui, si l’on veut.

Sauf, que là, on est vraiment dans autre chose.

Dès la première page – pas forcément fréquent – le ton, l’ambiance, quelque chose à la fois de lapidaire et de dense ; tout pour nous embarquer. J’oubliais aussi l’écriture, là, déjà ! « je viens de Barcelone et j’ai déménagé autant de fois que le nombre de coups dans le chargeur d’un Beretta 92 ; quinze ».