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Histoire

Mémorial du génocide des Arméniens, Raymond H. Kévorkian, Yves Ternon

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 18 Février 2015. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil

Mémorial du génocide des Arméniens, novembre 2014, 496 pages, 30 € . Ecrivain(s): Raymond H. Kévorkian et Yves Ternon Edition: Seuil

 

L’année 2015 marque le centenaire du début du génocide des Arméniens, perpétré par le gouvernement turc de l’époque, Talaat Pacha, ancien ministre de l’intérieur, étant alors le maître d’œuvre des opérations. Ce fut tout d’abord l’arrestation, à Istanbul, le 24 avril 1915, de 600 intellectuels arméniens qui furent conduits à l’écart de la ville et qu’on ne revit jamais. Ce fut ensuite l’organisation méthodique de la déportation de toutes les populations arméniennes du pays, tant en convois ferroviaires, dans des wagons à bestiaux (déjà !) qu’en colonnes de déportés à pied. Dans tous les cas, la destination, pour ceux, peu nombreux, qui en réchappaient, en raison des attaques dont ils étaient victimes par les bandes kurdes sous l’œil bienveillant des soldats turcs, ou par les populations turques à qui on autorisait tout, moyennant parfois quelque argent, était le désert du nord de la Syrie, Der El Zor. Les survivants y étaient exécutés massivement, et ce lieu est devenu pour chaque Arménien de la diaspora ou d’Arménie un lieu sacré où la mémoire se fixe.

Des sorcières comme les autres, Fabienne Dumont

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 26 Janvier 2015. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Arts

Des sorcières comme les autres. Artistes et féministes dans la France des années 1970, Presses universitaires de Rennes, mai 2014, 568 pages, 26 € . Ecrivain(s): Fabienne Dumont

Dans cet ouvrage issu de sa thèse Femmes, art et féminismes dans les années 1970 en France, soutenue en 2014, l’historienne de l’art Fabienne Dumont propose une défense et illustration de l’art des femmes de la décennie, mettant en évidence à la fois son intérêt, sa richesse, sa spécificité et sa sous-représentation dans les histoires de l’art et les espaces d’exposition.

C’est à cette sous-représentation que s’attache d’abord la chercheuse. Montrant la présence importante des femmes dans les écoles d’art, elle constate ensuite leur mise à l’écart des instances les plus légitimes de visibilité, en étudiant les revues d’art, les expositions des musées, les salons et les galeries d’art. Après cette première partie, Fabienne Dumont retrace l’histoire des réseaux alternatifs ayant tenté de compenser cette marginalisation des femmes. Elle s’attache en particulier à six collectifs : l’Union des femmes peintres et sculpteurs, Féminie-Dialogue, Femmes en lutte, Femmes/Arts, Art et regard des femmes. Tout en soulignant leur impact limité pour la reconnaissance de l’art des femmes sur la scène artistique, elle montre l’importance de ces groupes pour des créatrices isolées qui prennent ainsi conscience de la spécificité de leur condition d’artistes-femmes.

Les Mystères d’Alexandre Le Grand, Michel De Grèce, Stéphane Allix

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Flammarion

Les Mystères d’Alexandre Le Grand, septembre 2014, 240 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Michel de Grèce et Stéphane Allix Edition: Flammarion

 

Deux expériences individuelles assez sensiblement différentes auront préfiguré la matière de cette étude. Les notes prises autrefois par Michel de Grèce à l’écoute patiente d’un historien anglais atypique, une vision fantasmagorique vécue autrement par Stéphane Allix durant un voyage exotique rapportent l’élan séparé de l’écrivain et du journaliste à la rencontre d’une fascination commune. Ce qui les rapprochait tous deux comprenait tant et si bien déjà leur particulière attirance pour le roi macédonien Alexandre. Cette emprise passionnelle partagée inspira dès lors la mouture de ce livre écrit comme une sonate à deux plumes. Non point nième revue biographique du héros antique et conquérant militaire « grec » cédant à la postérité les traits de gloire d’une civilisation occidentale puisés à sa source, l’ouvrage entend cette fois dévoiler les dons cachés qui distinguèrent le légendaire stratège hellénistique et colonisateur du monde : les mystères de sa réalité humaine et historique révélés par les fondements invisibles de son esprit charismatique… Façon peut-être, après un ébouriffant marathon psychologique, de mettre un terme aux plis ?

Chroniques de la Guerre Civile, Manuel Chaves Nogales

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 10 Janvier 2015. , dans Histoire, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Récits, Quai Voltaire (La Table Ronde)

Chroniques de la Guerre Civile, octobre 2014, 255 pages, 20 € . Ecrivain(s): Manuel Chaves Nogales Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

 

En se refermant sur les soubresauts ultimes de la « bête immonde », au sens où Brecht y faisait allusion, le XXe siècle européen procurait finalement ce sentiment qu’avait été vaincu par la persuasion démocratique le lot effroyable des régimes totalitaires auparavant montés de lui. Allemagne nazie, Italie fasciste, Républiques staliniennes, Grèce des colonels, Espagne franquiste, Portugal salazariste ou France vichyste auront en effet incarné ces corps infectieux et parasitaires, systèmes au bout du compte répudiés par le droit et la conscience morale mais auxquels l’humain aura payé chaque fois le lourd et sanglant tribut de sa liaison à eux. De la maltraitance des hommes à leur extermination massive, le pas avait été franchi. Jamais un siècle n’aura sans doute alors connu une telle somme de barbaries criminelles, ainsi que le rappelle aujourd’hui partout et à grands cris la prolifération commémorative. Le bilan des massacres humains démesurément sordide et hideux de deux guerres mondiales mais complété par de résurgentes tragédies annexes ou marginales traduit à jamais l’ampleur et la rudesse des abominations vécues. Aux hécatombes tout d’abord militaires se seront ajoutées les décimations ciblées de populations civiles. En cela, la répugnante singularité du siècle échu transparaît-elle absolument aussi.

Hannah Szenes, Martine Gozlan

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 12 Décembre 2014. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie

Hannah Szenes, Ed. de l’Archipel, novembre 2014, 224 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Martine Gozlan

 

Les larmes de Golda Meir

Inconnue en France, Hannah Szenes est une héroïne en Israël. Son histoire est pourtant celle d’un destin brisé : la vie est un bien perdu quand on n’a pas vécu comme on aurait voulu.

Née en Hongrie en 1921, c’est la fille du dramaturge Bela Szenes (dont les comédies ne sont pas parvenues jusqu’à nous) qui est mort lorsqu’elle avait 5 ans.

Dans les années 30, l’antisémitisme se développe en Europe de l’Est, de nombreuses professions sont interdites aux juifs. Certains d’entre eux décident donc de rejoindre la terre de leurs ancêtres, la Palestine, qui était la terre promise de Moïse.

Craignant de n’avoir aucun avenir en Hongrie, Hannah, qui a déjà écrit ses premiers poèmes, apprend l’hébreu. « Le seul espoir d’en finir avec l’antisémitisme, c’est le sionisme… »