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Histoire

Visions Capitales, Julia Kristeva

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 22 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Fayard

Visions Capitales. Arts et rituels de la décapitation, Fayard/Editions de La Martinière, mars 2013, 144 pages, 35 € . Ecrivain(s): Julia Kristeva Edition: Fayard

 

Ecrit par la philosophe et psychanalyste française d’origine bulgare, Julia Kristeva, lauréate de nombreux prix et distinctions en plus de quarante ans de présence in libro dans la vie des idées, des concepts et des lettres, et accessoirement épouse de Philippe Sollers, voici un livre illustré de la plus belle facture, qui a pour thème ravissant… la décollation ! A parcourir un thème si barbare, point de dégoût toutefois, Julia Kristeva aura eu le bon goût de le rendre appétissant…

 

Caput !


« C’était un de ces hivers blancs et froids qui congèlent les Balkans et réunissent les familles autour des poêles à charbon. Penchée sur la plaque rougeoyante, je réchauffais mes joues glacées et mes doigts gourds en écoutant distraitement une émission de radio destinée aux enfants :

1914, le destin du monde, Max Gallo

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 11 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres

1914, le destin du monde, XO Editions, février 2013, 368 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Max Gallo

Dérèglements climatiques, éruptions volcaniques, tsunamis, tremblements de terre, calamités naturelles… Face à ces phénomènes déconcertants, toujours l’humain chercha d’abord des explications puis imagina les moyens de réduire son immense vulnérabilité. Du chinois Zhang Heng – génial inventeur du premier sismographe au second siècle de notre ère – jusqu’à nos jours, la science et les théories de ceux qui la mettent en lumière initièrent en effet progressivement des dispositions sensiblement préventives, notamment face aux imprévisibles accidents de la géophysique, à la fois catastrophiques pour le monde du vivant et d’une arrogante fatalité pour les esprits. Au fil du temps alors, grâce à la conjugaison des approches et des analyses, des examens rapprochés et des expérimentations resserrées, les infimes petits pas gagnés par le scientifique sur la compréhension générale des lois naturelles se commuèrent peu à peu en bonds fructueux vers certaines résolutions salutaires. L’amélioration des moyens de sauvegarde s’exprima dès lors dans l’élaboration de relatives parades (constructions antisismiques / réflexes éduqués des populations) ainsi que dans le perfectionnement constant de leur technicité. Rien qui ne permette encore à l’heure actuelle de maîtriser vraiment les humeurs soudainement furibondes et dévastatrices de la planète, certes. Mais, à l’instar du sismographe originel constamment amélioré, tout de même de quoi parfois crier gare et même souvent d’anticiper pour le salut des populations ni plus ni moins qu’exposées à de collectifs et inopinés dangers d’extermination…

VIII, Harriet Castor

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 08 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

VIII, traduit de l’anglais par Victoria Duhamel, Pôle ED MA / Diffusion : Gilles Paris, mai 2013, 405 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Harriet Castor

 

Il en est des romans historiques, comme des livres de cuisine. Sur un même sujet, des bons, qui vous mettent d’entrée l’eau à la bouche, et d’autres, insipides et prétentieux qui vous tombent des mains, avant même d’avoir sorti votre cocotte. Ce VIII là est incontestablement à garder dans le camp des très bons, et à recommander.

Voilà un roman – historique, mais l’auteur saurait à n’en pas douter assaisonner sa remarquable écriture nerveuse à l’actualité la plus immédiate – qu’on ouvre, et dès l’entame, on est capté par l’histoire, celle de ces Tudors qu’on pensait bien connaître, les personnages, Henri le sinistre VIIIème, le Barbe Bleue de l’Angleterre, la suite étonnamment dynamique des dialogues travaillés comme peu. On entre comme dans une eau particulière, à la fois sombre et d’un vert étrange Shakespearien, dans l’univers mental vraiment dérangé, d’un jeune homme attachant et fragile qui devint, aidé par pas mal d’hallucinations, le roi sanguinaire qu’on connaît…

Mémoire et image. Regards sur la Catastrophe arménienne, Marie-Aude Baronian

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 04 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Âge d'Homme

Mémoire et image. Regards sur la Catastrophe arménienne, 2013, 180 p. 19 € . Ecrivain(s): Marie-Aude Baronian Edition: L'Âge d'Homme

 

 

Le génocide arménien de 1915, le premier du XXe siècle, « se distingue à la fois par sa fonction inauguratrice et par sa non-reconnaissance qui n’en est pas moins son accomplissement et sa “réussite” » note Marie-Aude Baronian, dès les premières pages de son essai. L’oubli dont il souffre et l’impunité dont il a bénéficié fit de lui un « mode d’emploi à l’usage du parti nazi ». Mais penser la mémoire du génocide aujourd’hui amène à distinguer cette Catastrophe de celle qui lui succèdera. Il est vrai, en ce qui concerne la Shoah, que les images ont participé à la prise de conscience visuelle de l’horreur et à la transmission mémorielle alors que le génocide arménien se confronte, lui, à une perte de mémoire, due justement à l’absence de la circulation d’images. C’est sur cet aspect particulier que le présent ouvrage se penche. Comment se transmet la Mémoire d’un génocide sans images ? Que dire « de la traduction et des représentations visuelles de la Catastrophe » proposées par des artistes arméniens contemporains tels que Atom Egoyan, Gariné Torossian ou Mekhitar Garabedian ?

La milice française, Michèle Cointet

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 27 Septembre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Fayard

La milice française, août 2013, 341 pages, 23 € . Ecrivain(s): Michèle Cointet Edition: Fayard

 

Les Français ont eu, longtemps, du mal à regarder en face l’histoire de l’Occupation, du régime de Vichy, considérés comme des révélateurs désagréables de certains pans de l’histoire de France, de l’existence de courants d’idées contraires à nos valeurs républicaines. Michèle Cointet, historienne spécialisée dans l’histoire de la Collaboration, de la Résistance, et du gaullisme, énonce dans son livre La Milice française un terrible constat : la Milice, par ses crimes et ses exactions, s’est hissée au même niveau de barbarie que les SS, confirmant ainsi le caractère décisif, et douloureux, d’un réexamen de cette période de l’Histoire de notre pays, dramatique à plus d’un titre.

Ce qui frappe, dès les premiers paragraphes, c’est le malentendu originel sur lequel est fondée la création de la Milice le 31 janvier 1943. Laval, en confiant le commandement de ce corps à Joseph Darnand, pense que « ses hommes l’aideront sans trop l’engager. Sur cette erreur commence l’aventure de la Milice française ».