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Histoire

Histoire de ma vie, tome I, Casanova en La Pléiade

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 24 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, La Pléiade Gallimard

Histoire de ma vie, tome I, édition sous la direction de Marie-Françoise Luna avec la collaboration de Gérard Lahouati, Furio Luccichenti et Helmut Watzlawick, Bibliothèque de la Pléiade, n°132, 14 mars 2013, 1488 p . Ecrivain(s): Giacomo Casanova Edition: La Pléiade Gallimard

 

Qui était vraiment Casanova ? Cet homme se cache, au cours de sa vie tempétueuse, sous de multiples masques : « [v]énitien, beau parleur, imposteur, séducteur, homme de lettres »… Et s’il est, d’où qu’on le regarde, l’une des éminentes figures d’aventuriers « qui traversent le XVIIIe siècle », c’est également parce qu’il a conçu, envisagé, vécu l’écriture comme une aventure, dans la façon qu’il a eue de retranscrire et l’élan de sa vie et le luxe de détails qui en ont fait le goût ; un goût qui est saveur, tant il est vrai que Casanova apparaît, selon la formule de Zweig, comme l’homme « le plus vivant de tous les vivants ».

L’écriture, une aventure ? Et non des moindres. Jugez plutôt : « [v]oyageur infatigable, parfois pourchassé par la police, [Casanova] franchit les frontières, change d’apparence selon les circonstances, et même de nom »… Etc. (Etc.) Et c’est tout cela qui est retranscrit.

De Lénine à Gagarine, Alexandre Sumpf

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 23 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard)

De Lénine à Gagarine, Folio/Histoire, avril 2013, 944 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Alexandre Sumpf Edition: Folio (Gallimard)

 

Une histoire sociale de l’URSS

Il est sans conteste que cette gigantesque étude permet au lecteur de mieux appréhender les vicissitudes de l’histoire de la Russie, de la Révolution Russe de 1917 à la « révolte » de Novotcherkassk en 1962. Dès l’« Avant-propos », l’auteur donne le ton à son étude :

« Début juin 1962, la ville soviétique de Novotcherkassk s’embrase comme jamais dans son histoire. Pendant trois jours, ses habitants vivent dans une atmosphère confuse où se mêlent intense désespoir et espoir démesuré. Des personnes qui ne se connaissaient pas occupent les rues, la foule s’empare des principaux lieux du pouvoir, réclame à voix haute le droit à vivre mieux, dignement, justement ».

S’emparant de cet événement, Alexandre Sumpf remonte dans le temps et étudie ces soubresauts sociaux qui ont été des ondes de choc en Russie depuis la Révolution de 1917. Il s’attarde sur les motivations et les répercussions sociopolitiques sur ce ballet agressif entre les gouvernants et les gouvernés afin de faire émerger les zones de compromis qui ont dû être mises en place pour maintenir en équilibre un pouvoir souvent contesté et très attaqué par la masse des anonymes.

Visions Capitales, Julia Kristeva

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 22 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Fayard

Visions Capitales. Arts et rituels de la décapitation, Fayard/Editions de La Martinière, mars 2013, 144 pages, 35 € . Ecrivain(s): Julia Kristeva Edition: Fayard

 

Ecrit par la philosophe et psychanalyste française d’origine bulgare, Julia Kristeva, lauréate de nombreux prix et distinctions en plus de quarante ans de présence in libro dans la vie des idées, des concepts et des lettres, et accessoirement épouse de Philippe Sollers, voici un livre illustré de la plus belle facture, qui a pour thème ravissant… la décollation ! A parcourir un thème si barbare, point de dégoût toutefois, Julia Kristeva aura eu le bon goût de le rendre appétissant…

 

Caput !


« C’était un de ces hivers blancs et froids qui congèlent les Balkans et réunissent les familles autour des poêles à charbon. Penchée sur la plaque rougeoyante, je réchauffais mes joues glacées et mes doigts gourds en écoutant distraitement une émission de radio destinée aux enfants :

1914, le destin du monde, Max Gallo

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 11 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres

1914, le destin du monde, XO Editions, février 2013, 368 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Max Gallo

Dérèglements climatiques, éruptions volcaniques, tsunamis, tremblements de terre, calamités naturelles… Face à ces phénomènes déconcertants, toujours l’humain chercha d’abord des explications puis imagina les moyens de réduire son immense vulnérabilité. Du chinois Zhang Heng – génial inventeur du premier sismographe au second siècle de notre ère – jusqu’à nos jours, la science et les théories de ceux qui la mettent en lumière initièrent en effet progressivement des dispositions sensiblement préventives, notamment face aux imprévisibles accidents de la géophysique, à la fois catastrophiques pour le monde du vivant et d’une arrogante fatalité pour les esprits. Au fil du temps alors, grâce à la conjugaison des approches et des analyses, des examens rapprochés et des expérimentations resserrées, les infimes petits pas gagnés par le scientifique sur la compréhension générale des lois naturelles se commuèrent peu à peu en bonds fructueux vers certaines résolutions salutaires. L’amélioration des moyens de sauvegarde s’exprima dès lors dans l’élaboration de relatives parades (constructions antisismiques / réflexes éduqués des populations) ainsi que dans le perfectionnement constant de leur technicité. Rien qui ne permette encore à l’heure actuelle de maîtriser vraiment les humeurs soudainement furibondes et dévastatrices de la planète, certes. Mais, à l’instar du sismographe originel constamment amélioré, tout de même de quoi parfois crier gare et même souvent d’anticiper pour le salut des populations ni plus ni moins qu’exposées à de collectifs et inopinés dangers d’extermination…

VIII, Harriet Castor

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 08 Octobre 2013. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

VIII, traduit de l’anglais par Victoria Duhamel, Pôle ED MA / Diffusion : Gilles Paris, mai 2013, 405 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Harriet Castor

 

Il en est des romans historiques, comme des livres de cuisine. Sur un même sujet, des bons, qui vous mettent d’entrée l’eau à la bouche, et d’autres, insipides et prétentieux qui vous tombent des mains, avant même d’avoir sorti votre cocotte. Ce VIII là est incontestablement à garder dans le camp des très bons, et à recommander.

Voilà un roman – historique, mais l’auteur saurait à n’en pas douter assaisonner sa remarquable écriture nerveuse à l’actualité la plus immédiate – qu’on ouvre, et dès l’entame, on est capté par l’histoire, celle de ces Tudors qu’on pensait bien connaître, les personnages, Henri le sinistre VIIIème, le Barbe Bleue de l’Angleterre, la suite étonnamment dynamique des dialogues travaillés comme peu. On entre comme dans une eau particulière, à la fois sombre et d’un vert étrange Shakespearien, dans l’univers mental vraiment dérangé, d’un jeune homme attachant et fragile qui devint, aidé par pas mal d’hallucinations, le roi sanguinaire qu’on connaît…