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Histoire

Cadavres en sursis, Philip Mechanicus

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 02 Mai 2016. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Cadavres en sursis, éd. Notes de Nuit, avril 2016, trad. néerlandais Daniel Cunin, 300 pages, 21 € . Ecrivain(s): Philip Mechanicus

 

Entre journal intime et mémoire collective, Cadavres en sursis restera une œuvre capitale sur les camps de la mort. Refusant une attitude passive face à la vie, l’auteur lutta jusqu’au bout, porté et emporté par elle en refusant l’issue qui était pourtant inéluctable. Il fit de la mort des autres en prélude à la sienne le moyen de témoigner en pleine connaissance d’un processus tragique dont il montra tout ce qu’il avait de répugnant. Et c’est un euphémisme.

A l’origine le camp de Westerbork était sensé héberger des réfugiés juifs allemands. Après l’invasion de la Hollande par les Nazis, le camp passa sous leur administration. Dès ce moment il devint le corridor (à diverses strates) pour « transvaser » (écrit Mechanicus) les juifs hollandais de leur pays d’origine vers camps de Pologne. Sous couvert officiel d’« émigration », les juifs furent donc portés de toute la Hollande via Westerbork vers le massacre de masse jusqu’à la fin de 1944.

Géants, toute l’histoire du basket-ball, Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

Ecrit par Jean Durry , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Géants, toute l’histoire du basket-ball, Chroniques Editions, août 2015, 304 pages, 39 € . Ecrivain(s): Philippe Cazaban, Daniel Champsaur

 

En mai 2012, Chroniques Editions avaient signé un coup de maître avec la publication de Jours de Fête, ouvrage de référence sur l’histoire du Tour de France cycliste, signé de Françoise et Serge Laget – meneur de jeu –, Philippe Cazaban – déjà –, Gilles Montgermon. Dans cette même collection, après « XV L’incroyable Aventure du Rugby », « Jours de Foot » et précédant « Skateboard, de la rue à la rampe », voici donc « Géants, toute l’histoire du basket-ball ». C’est une nouvelle réussite d’une série novatrice, étayée sur une maquette grand format (32,5x24cm) imbriquant de manière spectaculaire une rare iconographie et des textes souvent originaux. En cinq chapitres, déroulant une chronologie de 125 années, de l’invention du jeu par James Naismith à l’automne 1891 jusqu’à nos jours, nous est proposé le parcours qui a conduit au Sport récemment popularisé par les exploits de Michael Jordan devenu star planétaire, et pour l’hexagone de Tony Parker emmenant l’équipe tricolore aux plus beaux succès.

1557, Jean-Pierre Croset

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

1557, éd. Zinedi, mai 2016, 280 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jean-Pierre Croset

 

Préfacé par Xavier Bertrand, maire de Saint-Quentin et Président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le roman narre un épisode trop peu connu de l’Histoire de France, à savoir le siège de cette bourgade picarde de 8000 âmes par l’armée impériale espagnole de Philippe II, commandée par Emmanuel-Philibert de Savoie, qui eut lieu du 2 au 29 août 1557. Saint-Quentin finit par capituler, mais les semaines gagnées entraînèrent l’affaiblissement de l’ennemi, et Philippe II renonça à marcher sur Paris. Le récit se poursuit par les aventures des deux héros, Anne Dassonville et Guillaume de Rhuis, dans le Paris d’Henri II, de Catherine de Médicis et au château d’Anet de Diane de Poitiers, et jusqu’à Florence et Rome.

Dans la première partie, le texte de Jean-Pierre Croset séduit par de minutieuses descriptions de combat, très documentées, et par un lexique soigné qui reproduit et informe sur les usages de la guerre à la Renaissance, avec des notes de bas de page précisant l’acception des termes d’époque :

Une île, une forteresse, Hélène Gaudy

Ecrit par Benoît Artige , le Lundi, 25 Avril 2016. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Inculte

Une île, une forteresse, janvier 2016, 300 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Hélène Gaudy Edition: Inculte

Il y a des « lieux que leurs noms précèdent, dont l’ombre occulte la réalité géographique, humaine ». Terezín est de ceux-là : sous le IIIème Reich, cette ancienne forteresse militaire située à une cinquantaine de kilomètres de Prague a servi de camp d’internement et de transit pour des milliers de Juifs d’Europe de l’Est. Dans une opération de propagande inédite, les nazis en ont fait un « ghetto modèle » pour rassurer l’opinion internationale sur les conditions de détention des prisonniers bientôt déportés vers les chambres à gaz. Désormais lieu de mémoire et toujours lieu de vie, la ville semble entretenir un rapport ambigu avec le leurre et la dissimulation : offrant une image faussée, lacunaire à ceux qui essayent de la comprendre, elle semble se faire passer « pour ce qu’elle n’est pas ».

C’est sur ce rapport complexe de Terezín à la vérité et à la mémoire qu’Hélène Gaudy dans Une île, une forteresse a choisi d’enquêter en séjournant à plusieurs reprises dans la ville et en allant à la rencontre de ses habitants. Sur place, elle doit composer avec la barrière de la langue, mais aussi avec les apparences trompeuses, les silences et les non-dits : être à Terezín « c’est se faire balader par ceux qui y vivent, subir des détours et des contradictions ». Alors, pour compléter ses recherches, elle compulse les archives d’époque et les travaux d’historiens, interroge les derniers survivants. Mais les fragments qu’elle rassemble n’arrivent pas à constituer de Terezín une image complète.

Histoire du monde 1, Les âges anciens, John M. Roberts et Odd Arne Westad

Ecrit par Vincent Robin , le Lundi, 04 Avril 2016. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Perrin

Histoire du monde 1, Les âges anciens, janvier 2016, trad. anglais Jacques Bersani, 460 pages, 22 € . Ecrivain(s): J.M. Roberts et O.A. Westad Edition: Perrin

 

« Ce qui a engendré le monde où nous vivons aujourd’hui ». Dans l’introduction générale de ce livre, le Norvégien Odd Arne Westad précise l’optique recherchée par son confrère John Roberts lorsque, à partir de la fin du XXe siècle et jusqu’au soir de sa vie (il décéda en 2007), l’historien anglais s’était attelé à la réalisation de son Histoire du Monde. Précédemment rééditée en anglais (2012) mais maintenant traduite en langue française par Jacques Bersani, l’œuvre complète se décompose en trois tomes, au traitement global sensiblement remanié par le Norvégien.

Assignés chacun à des moments délimités de l’histoire universelle des hommes et des sociétés diversement apparues de leur fait, les trois volumes se consacrent à des périodes de longueurs inégalement proportionnées. Une palette colorée de styles de vie et de modes sociaux nés aux antipodes de la Terre se prête ainsi successivement à l’étude du rapporteur (cette diversité sera sa profonde originalité).