Identification

Histoire

Le Pays des Celtes, Mémoires de la Gaule, Laurent Olivier (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Vendredi, 29 Octobre 2021. , dans Histoire, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Le Pays des Celtes, Mémoires de la Gaule, Laurent Olivier, Seuil Points Histoire, avril 2021, 448 pages, 10,80 €

À qui désire un livre sur les Celtes, leur culture, leur histoire, etc., le livre de Laurent Olivier ne s’adresse pas, ou du moins pas tout à fait ; on recommande plutôt les ouvrages de Venceslas Kruta, soit Les Celtes, aux Puf pour les amateurs de petits formats, soit Les Celtes, Histoire et dictionnaire, chez Robert Laffont pour les très curieux. D’ailleurs, le premier de ces deux ouvrages est mentionné par Laurent Olivier dans la riche bibliographie à la fin du Pays des Celtes, ce qui n’empêche en rien la critique du point de vue « ethnique » sur les Celtes de Kruta, qui confond « l’extension des productions de la culture matérielle » avec des « phénomènes de migration de peuples, pour ne pas dire de mouvements de conquête ethnique » :

« Selon ce schéma, les Celtes, finalement, reviennent occuper la place laissée vacante par les Germains de la “préhistoire allemande”, qui, l’un et l’autre, avaient été défaits en 1945. Sur un fonds aussi poreux aux interprétations de l’archéologie raciale allemande, il n’est guère surprenant de voir se greffer des thèses visant explicitement à la réhabilitation des “Indo-Européens” ou plus exactement des “Indo-Germains”, tels que les avaient célébrés les anciens chercheurs du régime national-socialiste ».

L’histoire d’Erika, Ruth Vander Zee, Roberto Innocenti (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 15 Octobre 2021. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Jeunesse

L’histoire d’Erika, Ruth Vander Zee, Roberto Innocenti, éditions D’Eux, septembre 2021, trad. anglais, Christiane Duchesne, 24 pages, 14 €

 

Déportation


Ruth Vander Zee, née près de Chicago, longtemps enseignante puis suppléante, a écrit deux livres à succès, Erika’s Story et Mississipi Morning. Après une première version intitulée L’étoile d’Erika, sortie en 2003, France Leduc et Yves Nadon, des éditions canadiennes D’eux, ont jugé important de publier à nouveau ce grand album jeunesse, avec un tout nouveau graphisme et une nouvelle traduction de Christiane Duchesne. L’histoire est terrible en soi : une femme confie un secret douloureux, ayant été lancée nourrisson hors d’un train en route vers un camp de la mort nazi en 1944, élevée par quelqu’un qui a risqué sa propre vie pour sauver la sienne. L’histoire d’Erika est illustrée par Roberto Innocenti, né près de Florence en 1940, affichiste et graphiste, dont l’œuvre plastique a été couronnée du Prix Hans Christian Andersen en 2008.

Confrontations avec l’histoire, François Hartog (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 05 Octobre 2021. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Confrontations avec l’histoire, François Hartog, mai 2021, 368 pages, 9,70 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Dans le numéro 566 du trimestriel La Recherche, dont le thème est « Le Temps et l’Espace », l’historien François Hartog (1946) répond aux questions de Philippe Pajot – un historien dans « Le magazine de référence scientifique » ? Oui, tout à fait à sa place, en accord total avec le thème développé : le temps. En effet, celui-ci semble avoir définitivement cessé de couler depuis le début de la pandémie en cours, en particulier durant les différents confinements, incitant à un présentisme absolu – lié aussi à l’incapacité que semble avoir l’Homme de se projeter dans l’avenir de façon positive depuis quelques décennies. Pour faire bref, entre des machines qui ont accéléré tant les rapports économiques que les rapports humains, les seconds s’inféodant aux premiers, tous réduits à l’instantanéité (d’ailleurs, il est remarquable qu’un réseau social populaire porte un nom proclamant l’instantanéité comme valeur, Instagram), et l’effondrement de plus en plus envisageable d’un certain modèle civilisationnel, l’Homme s’est réfugié dans le présent, devenu le seul moment à discuter, à prendre en considération – et au passage l’histoire a cédé le pas à la mémoire, la tentative de compréhension du passé a cédé le pas à la commémoration, et l’inscription au Patrimoine Mondial de l’Humanité tel que décrété par l’Unesco est devenue la garante de l’existence.

Le mystère Richelieu, Philippe Le Guillou (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 01 Octobre 2021. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Robert Laffont

Le mystère Richelieu, Philippe Le Guillou, avril 2021, 180 pages, 18 € Edition: Robert Laffont

 

« À partir d’une simple allure, d’une démarche glissante, latérale, à partir d’une barrette cardinalice – plutôt que l’imposant chapeau à houppes –, à partir d’une forme, un triangle en mouvement, le peintre janséniste, unique portraitiste du cardinal a imposé un genre, de manière définitive. Il a créé l’esthétique du portrait de pouvoir ».

Devant nous : un tableau signé Philippe de Champaigne où apparaît le cardinal de Richelieu, c’est cette apparition qui fonde Le mystère Richelieu, qui le nourrit et qui l’éclaire, comme nous éclaire Philippe Le Guillou, grand lecteur de l’épopée politique du cardinal. Arnaud Jean du Plessis de Richelieu eut un pied au XVIe siècle et son corps souffrant et glorieux se déplaça au XVIIe. C’est le siècle d’un homme qui embrassa le pouvoir, la gloire, suscita des jalousies, des ressentiments et des haines, qui brille dans ce livre. Le mystère Richelieu est le roman de ce pouvoir, le récit de cette épopée, de cet homme d’État, saisi au plus profond de son être par une « mystique de l’État », et c’est ce saisissement que décrit, que fait résonner Philippe Le Guillou, tout attentif qu’il est au parcours de ce religieux d’exception.

Chroniques du bord du monde, Histoire d’un désert entre Syrie, Irak et Arabie, Vincent Capdepuy (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 02 Septembre 2021. , dans Histoire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Payot

Chroniques du bord du monde, Histoire d’un désert entre Syrie, Irak et Arabie, Vincent Capdepuy, mars 2021, 480 pages, 23 € Edition: Payot

 

Intéressantes et documentées chroniques où l’auteur nous rappelle que « les blancs des cartes sont aussi souvent des blancs de l’Histoire, à la lisière parfois de hauts lieux comme Damas ».

Le désert a fait les hommes et les peuples parfois mouvants comme les sables qui en révèlent la matière principale. L’Histoire des peuples est semée d’embûches et d’utilisations diverses rendues pratiques dans le quotidien quand, par exemple, des colonnes antiques sont intégrées au bâti récent.

C’est que l’Histoire, comme le sable, a ses propres et parfois regrettables, mouvances : « L’objectif de ce livre est une tentative de se décentrer en mettant la focale sur la steppe, la badiya, sans qu’on attribue nécessairement une identification précise aux populations qui l’ont habitée : Bédouins, Arabes, Saracènes, Araméens, ou je ne sais quel autre ethnonyme ».