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Etudes

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (5/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 05 Janvier 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

Est-ce qu’écrire, après avoir fait l’apprentissage du désapprendre fondamental qui est seul à même de permettre l’érection de la singularité d’une voix (ou de voix multiples, toute voix étant la réunion possible d’une multiplicité de voix), c’est aussi, ensuite, désapprendre le désapprentissage qui s’est révélé comme un apprentissage – puisque désapprendre se révèle aussi constructeur, bon an mal an, de figures et de schèmes ?

Aussi, écrire ne peut-il se concevoir, un désapprendre devant être suivi de mille autres, que comme une geste incessante ? La geste incessante du vivre, puisqu’écrire, c’est d’abord faire l’expérience du désir ? Et l’expérience du désir, est-ce toujours faire l’expérience de son insatisfaction ?

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (4/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

La poésie contemporaine ne présente pas le quotidien tel qu’il peut survenir tout au long de la vie humaine avec ses thèmes invariables mais la jonction profonde entre l’homme et celui-ci (ou plutôt la dénaturation de cette jonction qui est seule jonction possible, autrement dit une anti-jonction qui est seule jonction possiblement exprimée en accord avec une sincérité profonde de l’homme plongé au sein de l’Histoire – de tout homme en somme – et ne se tenant pas dans une posture d’aveuglement), au travers de ses interrogations, de ses inquiétudes, de sa quête angoissée de sens, lesquelles trouvent la forme d’une interrogation constante sur la langue et la forme, la langue et la forme devenant véritablement cette interrogation, son cours, ses méandres, ses frémissements, cette interrogation qui se poursuit inlassablement, cherchant à se figer sous une posture qui lui permettrait d’être dans la vérité d’une apparition : d’une apparition, c’est-à-dire d’un apparaître qui soit constant et structuré.

Du style tardif, Edward Wadie Saïd

Ecrit par Nadia Agsous , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Du style tardif, Edward Wadie Saïd, essai traduit de l’américain par Michelle Viviane Tran Van Khal, éditions Actes Sud, Hors collection, septembre 2012, 320 pages, 25 €

Titre original : On late style, éditeur original Panthéon Books/Random House, Inc., New York, 2006

 

« Je considère le silence comme un aspect du style »

 

C’est vers la fin des années 1980 qu’Edward Wadie Saïd (1935-2003), intellectuel palestinien, théoricien et critique littéraire, s’est intéressé aux œuvres tardives de musiciens et d’écrivains. C’est ainsi qu’il consacra au thème du style tardif une série d’articles. Il donna également quelques conférences dans des universités et anima un séminaire en 1990. Il projetait d’exploiter ces matériaux dans un ouvrage. Cependant, en raison de sa disparition en 2003, le projet demeura inachevé. Quelques années plus tard, il fut confié au critique américain, Richard Poirier, qui supervisa le livre, et à Michael Wood qui orchestra le tout. L’ouvrage posthume fut publié pour la première fois en 2006.

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (3/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 14 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

Tous les faisceaux de voix extrêmement différentes les unes des autres présentes dans Poezibao, Recours au poème, Sitaudis, Terre à ciel…, convergent vers le quotidien, ou plus exactement s’élaborent en résonnances profondes avec le quotidien, le donnant à voir, à ressentir, et même plus qu’à ressentir. Toutes les écritures poétiques (ou les écritures prosodiques fictionnelles, du reste, quand le travail opéré sur la forme, en ce qui les concerne, confine aux exigences du poème) présentent la substance du quotidien (le sédiment du courant du quotidien, son hypostase, ce terme devant être pris, comme cela a été évoqué en ouverture, dans le sens médical) telle qu’elle est visible lorsqu’elle a été passée au crible de la théorie prenant en charge l’Histoire et le corps comme outils structurels d’analyse concernant la matière brute drainée par le langage (le réel qui n’est jamais tout à fait soluble dans le dire) et l’émotion que l’auteur cherche à (res)susciter dans la tension qui s’élabore entre lui et cette matière par l’utilisation notamment, savante, des images poétiques. En somme telle qu’elle est visible alors que le courant du quotidien a été véritablement asséché.

Lumières

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 12 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

A propos de Camera Work dans la collection Photo-Poche 1983

 

Après la lecture des chroniques sur la photographie d’Hervé Guibert qu’il a fait paraître de 1977 à 1985 dans le journal Le Monde, j’ai appris beaucoup. Non seulement sur l’art de chroniquer, grâce à sa manière fine et libre, tout en faisant infuser le sentiment de partage de ce qu’il aime, mais aussi sur la photographie. Dans ce sens, je me suis procuré quelques livres de photographie, de celles que pouvait avoir vues et traitées Guibert dans ses chroniques, et moi aussi m’exercer à ce travail difficile sur l’image.

Ainsi, comment décrire la lumière sirupeuse et plastique de cette nature morte de 1908 du baron de Meyer ? Il faudrait un vocabulaire de glace, de givre ou de cristal pour redire la composition de ces quelques fleurs, pivoines ou nénuphars, qui gisent dans un petit peu d’eau au milieu d’une coupelle plate, laquelle se reflète sur un morceau de table en verre, qui répète la scène voluptueuse et ces deux fleurs qui se perdent dans un reflet aléatoire. Car c’est bien ainsi que la possibilité nous est donnée de dire quelque chose sur la photographie.