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Etudes

100, Boulevard du Montparnasse, Anne Gorouben (2)

Ecrit par Philippe Lumbroso , le Vendredi, 17 Janvier 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

100, Boulevard du Montparnasse, Anne Gorouben, Editions Les Cahiers dessinés, septembre 2011, 123 pages, 18 €

 

Être ou ne pas être là


Partie 2 : les cendres

 

Le deuil est impossible pour les descendants des « devenus cendre ». Ces morts s’impatientent, cherchent à se manifester, semblant réclamer aux vivants le kaddish qu’ils n’ont pas eu, apparaissent sous le crayon, se faufilent dans les doigts de l’artiste pour être représentés sur la feuille, montent à la gorge pour que l’on parle encore un peu d’eux.

Claude Simon ou l’impossible récit (1)

Ecrit par Roland Goeller , le Mardi, 14 Janvier 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Non pas pour en finir avec l’impressionnisme en littérature mais pour ne pas en abuser !

Au romancier se pose un choix cornélien. Ou bien raconter les histoires des autres (y compris lui-même), du moins celles qui le touchent. Ou bien, à l’inverse, raconter les impressions que laissent, au cours de cette longue déambulation qu’est la vie, les autres en lui. De quoi le romancier est-il le témoin : du monde ou des impressions laissées en lui par le monde ?

Un tramway au parcours obscur

Le tramway qui bringuebale dans le roman Le Tramway, de Claude Simon, circulait sans doute dans le début de la seconde moitié du XXème siècle, à une époque où les tramways convoyaient encore des bataillons d’employés et de touristes dans les petites stations balnéaires de Normandie, à moins qu’il ne se fût agi d’une petite ville du sud méditerranéen. Le narrateur du Tramway est hospitalisé. Il souffre de fièvre et d’affection pulmonaire. Il n’a pas dix ans. On ne sait pas non plus s’il est hospitalisé dans la petite ville où circule le tramway du Tramway, ou si, hospitalisé, il se rappelle d’épisodes vécus dans cette petite ville même. Cette incertitude permet à Claude Simon, narrateur, de prendre quelques libertés avec les fils de la narration. Celle-ci nous offre une succession de tableaux, lesquels apparaissent sans ordre chronologique, mais auxquels la lecture impose sa propre chronologie, ne serait-ce que parce qu’on lit un livre en tournant les pages dans l’ordre croissant.

100, Boulevard du Montparnasse, Anne Gorouben (1)

Ecrit par Philippe Lumbroso , le Mercredi, 08 Janvier 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

100, Boulevard du Montparnasse, Anne Gorouben, Editions Les Cahiers dessinés, septembre 2011, 123 pages, 18 €

 

Être ou ne pas être là


Partie 1 : Les ombres

« Lorellou, Lorellou, j’ai peur… Par moments l’obscurité, par moments les bruissements. Ecoute. J’approche des rumeurs de la mort. Tu as éteint toutes mes lampes. L’air est devenu tout vide Lorellou. Mes mains, quelle fumée ! Si tu savais… Plus de paquets, plus porter, plus pouvoir. Plus rien, petite. […]. Mes jambes, si tu savais, quelle fumée ! » (Henri Michaux, La Ralentie).

Correspondance 1927-1938, Stefan Zweig/Joseph Roth

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

 

Correspondance 1927-1938, Stefan Zweig/Joseph Roth, traduit de l’allemand et préfacé par Pierre Deshusses (1), Éditions Payot & Rivages, Collection Bibliothèque Rivages, 475 pages, 25 €

 

Une amitié, une époque, deux errances


« Vous savez bien ce que représente le temps, une heure est un lac, une journée une mer, la nuit une éternité, le réveil un enfer, se lever un combat pour retrouver la lucidité et effacer la fièvre d’un mauvais rêve ».

Joseph Roth, le 22/01/1936

Le Ruisseau, l’éclair, Laurent Albarracin

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 05 Décembre 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Le poème, le poète


Je sors à l’instant de la lecture du recueil des 56 poèmes que publie Laurent Albarracin chez L’éditeur Rougerie, livre qui garde la sobriété et l’élégance que l’on connaît de la maison de Mortemart. Nonobstant, j’ai éprouvé très vite le charme de la locution courte de l’éclat soudain et resserré et aussi la tendance à la raréfaction. Voilà un livre entier construit sur le peu, le juste ce qu’il faut de mots pour faire exister le poème et qui, cependant, permet d’entendre le poète, lequel n’est pas incolore dans sa poésie. Je connais un peu Laurent, et j’ai vu dans ce ruisseau et cet éclair certains traits qui font miroir de son âme profonde, peut-être. Je pense à ce poème :

L’éclair m’a planté

un brin d’osier dans le cœur

Depuis je le tresse

pour cueillir l’écume des rivières