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Etudes

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (2/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 06 Décembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Ou de l’importance des sites Internet la faisant exister

 

En lisant la poésie contemporaine de cette manière tout à la fois hasardeuse, libre, sauvage et précautionneuse, on la lit en l’éprouvant, en faisant en sorte qu’elle se communique à nos vies et ainsi on fait peu à peu tomber tous les a priori (d’illisibilité) la concernant, car il existe de très nombreuses formes de poésie contemporaine, lesquelles, pour beaucoup d’entre elles, ne résistent pas du tout, ou très peu, face à la compréhension que l’on peut immédiatement en avoir. Immédiatement. Et, pour les autres plus difficiles d’accès, plus audacieuses dans le travail effectué sur la langue, l’illisibilité (toute relative) ou l’inintelligibilité apparente visent à nous pousser à réinventer notre façon de lire, à envisager la langue qui s’offre à nous comme une altérité radicale nous présentant la possibilité d’y être soudain plongé comme en terre étrangère. Merveilleux présent que nous fait la poésie contemporaine qui est celui de nous faire nous sentir en terre étrangère au plus intime de notre terre quotidienne, de notre terre de tous les instants. Nous avons alors, pour reprendre la formulation deleuzienne, en lisant semblable poésie le sentiment d’être étranger au sein de notre propre langue maternelle.

Nécessité de lire la poésie contemporaine ... (1/5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

ou De l’importance des sites Internet la faisant exister

 

 

La poésie contemporaine est l’hypostase du quotidien. Hypostase doit être pris ici dans le sens médical de « sédiment » contenu « dans un liquide organique », le courant du quotidien se confondant avec celui héraclitéen d’un liquide, mais au-dedans (devenant par là même « organique »), le quotidien étant le cours du temps et de l’espace (liquide impétueux) qui emporte l’homme plus ou moins loin au-dedans de lui (le mettant face à un soi tout à la fois nouveau et permanent dans le même mouvement, dans un mouvement qui est mouvement constant sans direction), le faisant résonner avec des parties de lui jusqu’ici entrevues seulement, mettant en présence des fragments jamais mis en présence, épousant des recoins qui pouvaient supposément ne pas exister, sans qu’il ait forcément à faire, du reste, le moindre mouvement. Ou peu s’en faut. Le quotidien n’est pas ce qui survient. Le quotidien est uniquement la façon qu’a le dedans d’accueillir.

Belles saisons obscures, Gérard Bocholier

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 17 Novembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Belles saisons obscures, Gérard Bocholier, Ed. Arfyuen, 2012, 10 €

 

La poésie contemporaine (que je ne détache pas du corpus de la poésie en général) cherche. Les poètes sont aux prises avec les possibilités infinies du langage en même temps que défaits par avance par le sujet qui les occupe, et sont donc aujourd’hui en ce sens plus des chercheurs que des créateurs. Je dis cela d’une façon un peu nonchalante, je l’avoue, mais je crois que la part du chercheur est très belle. Dans ce sens, il faut faire confiance au chemin que l’on fait en compagnie de la poésie d’aujourd’hui.

Or voici que quelques jours avant la Toussaint, je traverse le dernier recueil de Gérard Bocholier – que je connais un peu grâce à une entrevue au café Costes du Centre Georges Pompidou –, lequel est animateur d’une revue très sérieuse de littérature contemporaine, revue souvent bien illustrée. Et j’ai bu d’un seul trait, pourrait-on dire, comme on boit un alcool fort, une eau de vie violente, ce livre Belles saisons obscures que publie le très intéressant éditeur Arfuyen. On me pardonnera ainsi les imprécisions, la nervosité de mes paroles qui ne sont que le développement rapide de quelques mots pour cette chronique, qui essaye d’illustrer ce livre dont la couverture représente un ciel d’orage qui convient bien à l’atmosphère de l’ouvrage.

Peter Singer, la libération animale

, le Mardi, 06 Novembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

La Libération animale, Peter Singer, traduction de l’anglais par Louise Rousselle, relue par David Olivier, présentation Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Petite bibliothèque Payot, 2012, n°884, 480 pp., 10,65 €

 

En quelques décennies, la « question animale » s’est imposée dans le débat public. Les campagnes de défense, les prises de position de stars ou de personnalités en faveur de tel mammifère menacé ou contre telle pratique jugée indigne (la corrida ou le port de la fourrure par exemple), les créations d’associations et même les décisions concrètes au niveau politique se sont multipliées. Elle semble bien révolue, l’époque où Brigitte Bardot semblait crier seule sur la banquise à l’arrêt du matraquage des bébés phoques aux grands yeux innocents. Les tenants de la cause animale sont désormais légion, et comme il en va dans tout courant d’opinion, leur discours est loin d’être monolithique. À bien y regarder, des sensibilités se dessinent, allant des plus modérées aux plus extrémistes et, aussi bizarre que cela paraisse, dans l’ardente promotion de leur combat, des essayistes (brillants par ailleurs) ne tiennent pas des propos moins aberrants que l’activiste un brin foldingue incarné par Brad Pitt dans L’Armée des 12 singes.

A propos des "Petites métanies du temps" de Patrick Maury

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 03 Novembre 2012. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

A semer large

 

Petites métanies du temps, Patrick Maury, Editions Obsidiane, collection Les Solitudes, 2000, 61 pages, 9,90 €

 

On pourrait, bizarrement, commencer l’ouvrage de Patrick Maury par le bandeau de la fin qui explique que le livre a été imprimé entre la Toussaint et le Jour des morts 2000, veille du Grand Anniversaire, qui est sans doute de la main de l’éditeur, mais qui permet une entrée aux 53 poèmes qui sont comme 53 petites prières de pénitence. On pourrait raisonner aussi en voyant le souci des 52 semaines de l’année, 52 semaines plus une, qui permettent au poème de passer les jours, les fêtes, les saisons, pour revenir juste un peu au-delà d’où il était venu.