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Ecrits suivis

Clore (5), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 07 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Un peu plus tard, dans un couvent. C’est un dimanche. C’est le soir, le début de soirée. Quelques visiteurs, sont-ce les mêmes personnes qui dialoguaient à l’acte I ? On ne sait pas au juste le but de la réunion. Est-ce la fête de Saint Benoît ? On ne sait pas. Il ne faut pas exclure un peu d’ivresse. Il y a beaucoup de monde, et on peut même imaginer engager des figurants pour faire un peu de foule d’où sortiront les voix des personnages incriminés. Ce qui permet de penser que les personnages de l’acte I se sont trouvés à un moment ou un autre pris par les effets de la fête qui a lieu ici. Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes dans une abbaye et que le son des voix est alourdi, assourdi, feutré. Il y a peut-être aussi un groupe de touristes, lesquels viendraient pour un séminaire, un colloque, des rencontres professionnelles. Mais, c’est une supposition.

 

Français ?

Français.

Il est dit qu’une fois le fleuve franchi on a une belle vue sur le coteau. C’est pareil en Bourgogne, l’exposition des vignobles qui entraîne une lecture des paysages.

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (5)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 04 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

Vous parlez

 

Un prénom suivi

De son nom

 

Il vous semble

Que c’est la réponse

À tout

 

*

Clore (4), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 27 Novembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

On peut considérer que les paroles qui suivent sont du même ordre que les précédentes, avec quelque chose en moins, comme si le texte diminuant, se densifiait et allait vers l’essentiel. Donc, il est tout à fait envisageable que l’acteur s’adresse directement au public, par exemple depuis un proscenium, comme si l’acteur pouvait parler aux spectateurs sans la convention de la scène, un peu comme le font les orateurs des Speakers’ Corner à Hyde Park. En tous cas, on doit sentir que quelque chose a changé dans la manière dont évolue l’action.

J’ai un peu peur. Vous savez comme dans Vargtimmen, où le peintre écoute cette minute. Écoutez. Vous entendez ? Cette minute. Juste pour se contempler, les yeux dans les yeux. Pour être convaincant. De la dépression. C’est comme cela que ça s’appelle. Pour moi, il y a une force, un mouvement violent, une puissance en surcroît, qui permet de poursuivre, vous savez, quelque chose comme le struggle for life. Une lutte. Parce que la mort n’a aucun attrait. Non, c’est juste un peu de peur. Le trac. Pour finir, on a tous conscience que ce n’est pas une invention, je veux dire, mourir. Le trépas, c’est ça, en vérité, que l’on redoute. Toi ? Moi ? Nous ? Nous. D’accord, nous. Le trépas c’est le trépas et c’est justement ce qui fait peur parce qu’avec la mort, tout est déjà fini, on ne peut rien regretter, mais au moment de disparaître, on croit que l’on peut changer encore, que l’on peut reprendre souffle. Écoutez. Écoutez ! Cette vieille chanson irlandaise. L’univers est trop petit. Trop confiné. C’est moche, non ? De mourir. C’est moche, n’est-ce pas ?

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (4), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 25 Novembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

Vous parlez

 

Parler c’est interroger

Toujours

 

Peut-être

Ne sommes-nous

Guère autre chose

Clore (3), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 24 Novembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

On comprend les personnages à mi-mots. Non, ce qui est intéressant, c’est l’énergie qui pousse les acteurs à se quereller pour des questions de virgule. Car il va de soi que les personnages sont peu ou prou concernés par le monde littéraire ou théâtral, voire artistique tout bonnement. On imagine ainsi que cette certaine violence est bien remarquable à ce groupe d’individus si particuliers que sont les artistes.

 

Ça va ?

Que veux-tu que je te dise, il boit.

Tu me suis ?

Oui. Viens.

Il me doit de l’argent.