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Ecrits suivis

Kafka tefka (16)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 16 Mars 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

 

Lynda ! Qu’est ce qu’il y a à dire ? Rien que l’invocation de son prénom exige la présence d’un cardiologue.

Un amour dissipé. Non, ce n’était pas un Amour téléchargeable, pas une nouvelle version coriace […], je l’ai rencontrée dans une décharge publique. Elle venait prendre des photos pour sa rubrique écologique mensuelle. Moi je cherchais mes bottes – je n’avais pas l’air d’un SDF –, j’étais civilement et correctement vêtu et même raisonnablement nettoyé. D’ailleurs je n’étais pas un SDF. Je m’étais débarrassé de mes grolles par erreur.

A cette époque, je jouais les photographes. Je m’en allais me faire photographe, me spécialisant dans le nu. Mais une fois chose faite, rien n’était nu.

Le Jardin de derrière (15) Où, comme les poissons morts, de vieilles affaires remontent à la surface

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mardi, 10 Mars 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

– Vous êtes sûre vous n’exagérez pas un peu ?

– Monsieur le maire !

Sylvie René était outrée. Le maire soupira, passa ses deux mains dans ses cheveux rares, remonta ses lunettes d’un froncement de nez embarrassé.

– Un fusil est un fusil, quand même.

Elle montrait l’objet posé sur le bureau du maire.

– … vous avez beau dire…

Le maire ne disait rien.

– … il est peut-être rouillé, mais c’est une arme que je sache. Jérémie m’a dit qu’il y en avait plein d’autres dans la cabane. Une cabane pleine d’armes, à deux pas du village…

– Possible que…

Kafka tefka (15)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 09 Mars 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Elle avec sa peine et son amertume, qu’elle considère comme des contemplations philosophiques. Et moi avec une demi-cervelle et une urgente envie de dormir.

Elle est d’un type de beauté fait pour moi, à ma mesure. Epargnée par l’éclat de joliesse qui attire les parasites prétendants. J’ai la femme laide, et je la trouve belle, je n’ai aucun souci à me faire. Elle aura à jamais peur de perdre le privilège d’être belle. Le beau chez moi ça ne tient pas à grand-chose, et elle le sait.

Des lèvres épaisses, l’inférieure toujours en avant, des lèvres-canapé pour tout dire. Deux yeux de femme, un menton viril, un petit nez pointu et des joues pendantes. Le tout est ajusté de telle sorte à faire de son faciès un regard menaçant, le visage d’une espèce de reptile obèse. Elle est le deuxième enfant de sa mère et son père.

Le deuxième enfant est toujours un coup raté.

Le Jardin de derrière (14) Où l’on visite la maison de Mme Chaussas et quelques autres lieux

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 05 Mars 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Des rez-de-chaussée qui se transforment en premier étage de l’autre côté de la maison, des jardins suspendus, des dénivelés brusques, des rues tortueuses qui montent pour descendre et descendent pour monter, un village à flanc de colline, qui déboule sur les champs, et s’arrête juste au moment de s’y précipiter. Un village silencieux, plein de coins et de recoins, au sol troué comme un gruyère.

Là, c’est le jardin de Mme Chaussas. Une jolie allée de gravier mène à la maison. Devant la porte, elle se divise, fait le tour, vagabonde un peu dans l’herbe. La pelouse est bien soignée, les bosquets joliment arrondis. Derrière l’un d’eux, un siège, de l’autre côté, le muret. On se penche : le muret devient un mur, en contrebas une cour bétonnée avec un pauvre arbre tout étiolé par le manque de soleil. La maison où il s’adosse est assez laide, la façade de béton gris assez morne avec ses fenêtres basses. Dans un coin de la cour, un autre cube de béton, plus loin une échelle, on grimpe : c’est le bief, un peu plus haut par rapport au jardin de Mme Chaussas, une autre échelle, on refranchit le mur, on parcourt à nouveau l’allée : on est sous la marquise, devant la porte de la vieille dame, on sonnerait presque, mais personne.

Kafka tefka (14)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Mercredi, 04 Mars 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

« J’ai toujours considéré l’argent comme dogme, je ne savais pas en gagner, et je ne savais pas en dépenser. Je ne comprenais même pas la mécanique à sous ».

« L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres » proverbe. « Les pauvres vont au paradis » encore proverbe, ça doit être le même ! J’ai toujours été heureux quand j’avais des sous, mais la plupart du temps, j’étais pauvre et inéluctablement malheureux. Pour le paradis, je suis tellement pauvre qu’il ne me reste rien d’autre à haïr que Dieu. La pauvreté fabrique du temps, et le temps enseigne la haine. Je suis pauvre et j’irai en enfer.

Cependant, il y’a le fascisme du football que je hais plus que tout. Avant chaque match, le président explosif se montre à la télé pour son discours qui se résume certainement de la sorte : « Je compte entretenir la tuberculose nationale, lui assurer un avenir. En faire une société de lésions ».