Identification

Ecrits suivis

Le Portrait (partie 2), par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Jeudi, 17 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

J’avais perdu le sommeil pendant des mois, je n’arrêtais pas de penser à ce nouveau concept religieux. Ma situation s’aggravait de jour en jour, après cinq mois de réflexion, je compris que ce que je faisais n’était pas penser mais « sous-penser ». « Je ne suis plus libre de penser à ce que je veux » pensai-je librement sans doute ! Ne pas pouvoir choisir son sujet de réflexion c’est ne pas pouvoir être, alors je décidai de mettre fin à mes jours. Je voulais mourir, une vraie mort, sans cette maudite éternité, mais j’ignorais comment procéder : « J’aime le monde pour ce qu’il est et non pour ce qu’il sera ou ce qu’il était » me dis-je. Je devais donc vivre pour trouver un moyen. J’ai fini par rejoindre cette vieille et horrible philosophie qui stipulait que l’homme est une passion inutile. Pourtant je n’étais qu’un gosse !

Les années venaient et allaient, et je restais fidèle à mes principes. Pas trop sûr de moi, mais à la longue, le doute devenait substitut à la certitude. Je ne parlais pas, sauf quand c’était nécessaire. Je riais à chaque commentaire qu’on me faisait, à chaque fois qu’on me disait quelque chose, parce que je ne savais pas comment réagir, je savais seulement que je devais témoigner de la considération à mon interlocuteur.

Clore (7 et fin), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 16 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Plus avant dans la soirée.

 

19 h 41.

Pas le temps universel, mais l’écoulement du temps. Ça m’effraie.

Un peu de fromage ?

Suisse ?

Ça me ferait plaisir.

C’est le groupe, le groupe de suisses qui sont habillés avec de drôles de chemises.

Chagall ? Manessier.

Tu préfères Satie à Debussy ?

Pour la poésie, j’aime Debussy ; mais pour le théâtre, Satie.

Le Portrait (partie 1), par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 14 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

L’arbre lâchait des corbeaux morts, un vieil homme liait des serpents les uns aux autres, des nœuds à n’en pas finir. Des gamins fixaient le soleil, ils jouaient à qui se brûlerait les rétines le premier. Dieu continuait à être un problème pour l’athée du village, et la solution à la sécheresse pour le reste des villageois. L’ouvrier se reposait dans sa brouette… Globalement, dans chaque pantalon un homme. On ne vit qu’en empêchant de vivre. Du malheur à l’ennui, et de l’ennui au malheur. Une équipe de quatre jeunes jouait aux dominos avec des injures, et parfois des pauses de boxe. Des gens en quantité qui savent, qui savent beaucoup, qui savent tout, et, avec le savoir, augmente l’ignorance.

C’est un jour comme ça, quelque part. Je me réveille, et je constate qu’il n’existe plus de mot pour dire demain dans mon vocabulaire. Aucun mot non plus ne signifie optimisme. Un jour « peut-être ». Je cherche des mots généreux, des mots cousins avec « indulgence ». Je ne trouve que des mots radins, des moitiés de mots, des mots meurtris, usés, inappropriés, inadaptés. Je n’arrive plus à faire une phrase comme je la pense. Je pense plus fort, vite, lentement, je me fais des trous dans le crâne, mais rien ne vient, rien ne se dit. Peut-être à chaque jour de nouveaux postulats ! Étirer le silence jusqu’à l’autre bout de l’éternité. Du moins croire pouvoir la finir cette putain d’éternité.

Clore (6), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Vendredi, 11 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Il n’a pas de métier, il est très pauvre, et en plus il a une sérologie positive. Moi, je m’inquiète.

Ils ne travaillent pas chez Dassault aviation ?

Pourquoi ?

Ces tee-shirts orange.

Moi, je les trouve New Age.

C’est une des bizarreries médicales que j’ai pu voir lors de ma carrière. Une affection silencieuse depuis 35 ans, et que l’on parvient à soigner.

Hépatite ?

C.

Tu connais la galerie Gagosian ?

Tu veux rire. Matignon.

De Noirmont !

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (6), par Matthieu Gostola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 10 Décembre 2015. , dans Ecrits suivis, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

Vous observez

Votre respiration

 

C’est même le moment

 

Votre respiration devient

Tout en continuant

 

De nourrir votre corps

Ce qui attend