Identification

Articles taggés avec: Limon Hans

Dom Juan, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Vendredi, 18 Août 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

multiplier les jets pour engrosser la terre

mettre à bas la morale et souiller Dieu la Père

puis la Création dégouttera de moi

de ma sève rebelle aux minables émois

 

alors mon Sganarelle en nourrice attendrie

torchera le croupion de mes sottes perdrix

les plus vieux fumeront le tabac-caramel

tandis qu’aux plus petits s’offriront les mamelles

Hommage à Baudelaire XIX - Inter Stella, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Vendredi, 07 Juillet 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Sous ta ceinture d’Orient s’enchevêtraient

de pâles galaxies désidéralisées.

Du vin et du haschisch, à corps dévalisés,

s’empêtraient sans mot dire au loin des morts castrées.

 

Semant l’écot du spleen en fusées-météores,

l’archange noir des paradis artificiels

renflait son galbe atroce au gré d’un quatuor

tendu de vagues nerfs sourdement démentiels.

Alain Bashung, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Vendredi, 30 Juin 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

la nuit je mens, c’est mal, mais c’est plus fort que moi

je nargue la ténèbre et la triche aux abois

à force de jouer à la roulette russe

j’ai fini par souiller le cuir des autobus

 

la nuit je fends, c’est mal, mais c’est pour fuir le vide

je quitte la parade et je croise aux Hébrides

je joue les beaux gangsters sous les pneus des berlines

et j’ose l’impudence au bras de Joséphine

A propos de La main de Tristan d'Olivier Steiner, Par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

La main de Tristan, Olivier Steiner, Éditions des Busclats, 2016, 168 pages, 14 €

 

La beauté du geste

L’un de mes frères s’appelait Olivier. Il est mort, il y a tout juste quatre ans. Son corps jadis épileptique repose à l’ombre, décomposé, au creux de l’urne sourde où viennent aujourd’hui se mêler cendres et larmes, jeunesse et douleurs chaudes, galères et orgies, planques, démerdes, sales coups, aubaines, cette urne remplie de souvenirs kaléistroboscopiques, de lambeaux de chair élimée, de morceaux de corps encore brûlants de présence que les sombres vivants raccommodent au chevet des lumineux disparus. Je n’ai pas connu mon frère. J’ai lu Olivier Steiner. J’ai suivi le tracé de sa tristanesque main sur le canevas d’une passion démesurée. Par une succession d’abîmes déroulés depuis l’église jusqu’au cimetière, depuis l’amant jusqu’au Père-Lachaise, depuis le compagnon littéraire jusqu’à l’idole crépusculaire, figure wagnérienne par excellence, Olivier, car c’est ainsi qu’il s’est baptisé, à la si ténue lisière de la pudeur qui dévoile sans démembrer, Olivier, par le stratagème si naturel de l’autofiction d’apprentissage, Olivier, jeune écrivain en plein essor, décrypteur des liens Facebook d’où partent, on ne sait où, peut-être au milieu des champs de coton solitaires, les sentiers courbes des destinées fatales.

Martin Eden, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Jeudi, 15 Juin 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

il roule de l’épaule au gré des bibelots

comme si tout son corps flottait au ras des eaux

boxeur-armoire-à-glace épris d’une apparence

il prise l’aventure et l’amour et la science

 

brillant autodidacte, il se force à l’étude

s’enivre de projets, contraint ses attitudes

mais la célébrité se refuse au novice

Ruth oublie son amour, Martin est au supplice