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Création poétique

Tintement (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 22 Juin 2020. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Dans le ciel gris bleu,

sourd le bruit des tourterelles

à mes oreilles.

Et m’émeut le cri des corneilles

dans ce jour silencieux.

 

Frissonnent les colchiques

dans les prés

et mon corps désarticulé.

Résonne le carillon de la cloche

dans le village d’à côté.

Début du jour (par Clément G. Second)

Ecrit par Clément G. Second , le Lundi, 04 Mai 2020. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Le noisetier qui grince l’heure

ne dissuade aucun oiseau

– et le sang, redite intérieure,

se confirme à travers les os

 

Dans un haut ciel inassouvi

cette lumière à la concave

dérobée, rayons poursuivis,

est au regard antiétrave

Petit traité d’équitation éthologique (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 12 Décembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

l’instant est cheval / cheval que nous pourrions

en-lâchant-prise

construire (pas autrement) / en étant

de toute notre pluralité / à son écoute

ainsi que nous l’enseigne / l’équitation

éthologique / construire comme

maisons

*

* *

Eloge des voix douces (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Jeudi, 05 Décembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

Eloge des voix douces, du chuchotement.

Eloge des chemins du bord des fleuves.

Eloge des pas dans la neige.

Eloge du silence en forêt quand les sentiers bifurquent ou se confondent.

Eloge de la rouille, de la mousse, des palissades lépreuses, des façades ravagées où cent tableaux intriguent.

Eloge d’une route pavée où l’herbe regimbe.

Eloge d’un cimetière à l’abandon près d’une église dont on a égaré les clefs.

Eloge d’un parc dont il faut escalader les grilles.

Eloge des ruines tenaces, des quartiers poussiéreux, des squares blafards.

Poèmes de Pedro Belo Clara Traduits du portugais par Stéphane Chao (2)

, le Mercredi, 27 Novembre 2019. , dans Création poétique, Ecriture, La Une CED

 

NO ABRAÇO DE MAIO

Vales e colinas de jade luzente. À flor dura da tarde, tudo cintilava em cegueiras de vidro. Só a sombra, despida, dançava aos pés do carvalho emudecido.

Os corpos respiravam como o mundo: lentos, naquela ondulação suave de quem não conhece fome. Não viviam sonhos ou cores que não aquelas. As aves bastavam, desfraldadas à brisa de dorso palpitando como prata ao beijo do sol.

À boca levavas o cálice com a graça de quem louva a luz resplandecente, num gesto de rio reconhecendo águas semelhantes. Meu era o silêncio dos trevos. Naquela intimidade solar, esquecia o insistente apelo dos orvalhos.

Nenhum toque era pedido. Parecia que na tangível eternidade do dia as boninas cintilariam pelas noites vindouras. Mas setembro nunca deixa o verão celibatário em sua morte. Que linho se não tinge no desflorar das amoras?