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Poésie

Sous l’étoile de Giono, Jacques Viallebesset

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 19 Décembre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Al Manar

Sous l’étoile de Giono, avec des dessins de Diane de Bournazel, octobre 2014, 44 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jacques Viallebesset Edition: Al Manar

 

En prélude à son ouvrage Sous l’étoile de Giono, magnifique recueil de poèmes, accompagnés de très beaux dessins exécutés par Diane de Bournazel, Jacques Viallebesset, écrivain et poète, décrit, en termes succincts, sous l’intitulé « Avant-dire », l’effet catalytique généré en lui, consécutivement à sa rencontre avec l’univers de Giono :

[…] J’ouvris les premières pages et je sus, tout de suite, que « le pays où l’on n’arrive jamais » existait, à portée de main et du regard. […] Jean Giono a été pour moi ce que Bobi est pour les personnages de Que ma joie demeure un professeur d’espérance. Ses mots n’ont pas seulement structuré mon imaginaire, ils ont effectué en moi œuvre alchimique en me transmutant. […]

À cet avant-propos, à la fois hommage et témoignage de gratitude envers Giono et son œuvre, succède une série de quatorze poèmes numérotés intitulés Pour saluer Giono avec, en parallèle, quatorze autres poèmes eux aussi numérotés ayant pour libellé Dans la marge et juxtaposés de dessins.

Je sors enfin du Bois de la Gruerie, Jacques Darras

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 03 Décembre 2014. , dans Poésie, Les Livres, La Une Livres, Arfuyen

Je sors enfin du Bois de la Gruerie, mars 2014, 224 pages, 14 € . Ecrivain(s): Jacques Darras Edition: Arfuyen

 

 

Mémoire. Individuelle. Collective. Souvenir des disparus, des blessés de la Guerre de 14-18, déroulé sur le parchemin sauvegardé de l’Histoire, des commémorations. 2014, Centenaire du déclenchement de la Grande Guerre. Départs-bleuets, départs-coquelicots. Centenaire qui ravive les traces, pour que ne se referme sur elles le silence de l’oubli. Livres qui tentent de restituer cette mémoire. Livre de Jacques Darras qui le tente, par l’outil-poème. Ici dans la cadre de l’exposition « 1914 : la mort des poètes », organisée pour la réouverture de la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg (BNU) en octobre 2014 et conçue autour de trois grandes figures de poètes européens morts sur le front durant la guerre de 14-18 : le poète alsacien (considéré alors comme allemand) Ernst Stadler, son ami le poète français Charles Péguy et le poète anglais Wilfred Owen.

Échantillons de parole, Louis Raoul

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Mardi, 02 Décembre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Recours au poème Editeur

Échantillons de parole, novembre 2014, 40 pages, 6,00 € . Ecrivain(s): Louis Raoul Edition: Recours au poème Editeur

 

De Logistique du regard (N&B, Pleine Page éd.) à Démantèlement du jour (Éclats d’encre), Louis Raoul dévoile un témoignage direct, le plus exhaustif qui soit, d’une humanité sans fioritures, d’un lyrisme dénué de débordement outrancier.

Le poème est, alors, le lien du vivre, synonyme de l’être, dans l’absolu. Chaque vers décrit, non le sentiment ou l’émotion, mais le rapport au vécu, la compréhension pleine et complète de chaque détail formant le Tout des jours.

Écrire revient à bâtir, édifier le temple du temps, bâtiment de l’être humain – cette construction qui, éphémère pourtant durable, demande une insistance quotidienne.

« En écrivant / On bâtit une maison / Par le haut / Des regards y viendront / Pour un bref séjour / Ils changeront toutes les voyelles / Qui ouvraient sur le nom / Il nous faudra alors recommencer / Jusqu’à n’être plus / Que ce corps lourd de clés / Au fond d’un sommeil ».

La Patagonie, Perrine Le Querrec

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 25 Novembre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Carnets du dessert de lune

La Patagonie, préface de Jean-Marc Flahaut, novembre 2014, 103 pages, 13 € . Ecrivain(s): Perrine Le Querrec Edition: Carnets du dessert de lune

 

Lire Perrine Le Querrec c’est prendre un risque, prendre le risque de se faire engloutir. Les mots ici deviennent matière, tantôt gluante, paralysante, tantôt rêche, étrangleuse, tantôt lourde, étouffante, tantôt acérée, tranchante, de la matière sombre, grouillante et tremblante, puis soudain ils ont des ailes et tentent de s’échapper vers la lumière. Vers la Patagonie.

Ou bien ils s’écrasent. La pâte-agonie.

Il y est question d’enfance, de violence, de peur et de désespoir ravalés, d’extrême solitude. « Son enfance sent toujours le carnage ». Quelque chose qui ne se voit pas de l’extérieur, quelque chose que l’on peut trimballer en soi toute une vie, qui nous dévore de l’intérieur et personne ne s’en aperçoit. Personne ne s’en est jamais aperçu. Alors les mots tentent de donner consistance à cette grande béance, de faire apparaître l’indicible, l’invisible, tentative qui elle-même écartèle : faire à la fois apparaître et disparaître à jamais. Fuir. « Il ne faut pas fermer la porte mais la claquer derrière soi et partir pour toujours ».

Debout, assis, couché, Jacques Ancet

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 13 Novembre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Debout, assis, couché, éd. La Porte, 2014, 163 pages, 7,10 € . Ecrivain(s): Jacques Ancet

 

Nous sommes avec l’œuvre de Jacques Ancet dans l’espace de « l’entre », en bordure de lisière, sur une ligne de crête. Posture marginale et « vertiginale » d’une sensibilité touchant / tentant de s’espacer dans le travail d’une expérience centrale, celle d’un vivre pur, équivalent à être en terre de souffle & de poésie. Expérience expérimentant sa confrontation/son retour à une réalité rugueuse dont il faut mesurer l’écart, comme dans la linéarité de la Chronique d’un égarement. Entre le regard & les choses, le flux d’un réel sans cesse à reconnaître, à écrire sans dire ce qu’on allait dire / où manquer de se perdre, de sombrer sans sombrer

 

Debout, assis, couché :