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Poésie

J’aurais dû prendre des photos, Yves Artufel

Ecrit par Samuel Dudouit , le Mardi, 25 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gros Textes

J’aurais dû prendre des photos, 2012, 70 pages, 6 € . Ecrivain(s): Yves Artufel Edition: Gros Textes

 

Yves Artufel est un grand mélancolique et comme tout grand mélancolique, il cache cela sous un humour un peu désabusé et beaucoup de dérision. Mais il ne faut pas s’y fier, ce qui est en jeu dans son écriture n’est en rien dérisoire et s’il évite l’esprit de sérieux, ce n’est jamais pour tomber dans le n’importe quoi.

La mélancolie est la musique que font le temps et la présence quand, décidément, ils se loupent. Pour la présence, citons simplement :

« Je n’ai jamais été pleinement

là où je suis

Je me rends compte de ça ce soir

Je vois bien que

personne n’en a rien à foutre

En fait ce n’est con que pour moi » (p.7).

Le Pollen des jours, Jacques Viallebesset

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Nouvel Athanor

Le Pollen des jours, février 2014, 74 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jacques Viallebesset Edition: Le Nouvel Athanor

 

Le Pollen des jours, un recueil de cinquante-deux poèmes, un « almanach » poétique où à chaque semaine de l’année correspond une épître, déclinant avec élégance et beauté les questionnements de notre époque, et dessinant, métaphores à l’appui, les chemins d’une renaissance. Un espace privilégié où le monde, le temps, l’amour, la liberté et la joie sont au centre des mots.

 

Premier poème, premiers vers, le credo de l’auteur prend son envol :

 

« Je crois à la religion de l’amour

Sans autel ni pierre de sacrifice

Où offrir les cœurs à la cruauté

D’eux qui n’ont d’humain que le nom

Le Voyage du Dité, Bruno Edmond

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Les Vanneaux

Le Voyage du Dité, 2012, 438 pages, 25 € . Ecrivain(s): Bruno Edmond Edition: Editions Les Vanneaux

 

Embarquez sur le Dité.

Votre voyage sera une

envolée de l’âme (certes

douloureuse par endroits,

mais d’une richesse de silex

nu).

 

Soyez frères des chuchotements

et des cris qui ont été soufflés par

toutes les bouches qu’a dessinées

Dante.

Démolition, Jean-Christophe Belleveaux

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 21 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Carnets du dessert de lune

Démolition, illustrations d’Yves Budin, 2013, 78 pages, 11 € . Ecrivain(s): Jean-Christophe Belleveaux Edition: Carnets du dessert de lune

 

Démolition de Jean-Christophe Belleveaux se lit une fois puis se relit, en espérant cette fois en ressortir moins essoufflé. Démolition aurait pu aussi bien s’intituler débordements et suffocation, car il s’agit principalement ici d’évacuer un trop-plein, comme annoncé dans la première phrase du recueil, en italique, comme l’auteur se citant lui-même :

Le monde est trop plein, ma poitrine en déborde

Pas de majuscule, on y entre de plain-pied ou comme un de ces pavés dans la mare et les retours à la ligne n’ont rien de convenu, mais donnent le ton saccadé qui nous place d’emblée dans la tête de l’auteur, comme à bord d’un véhicule à embarquement immédiat. Nous voilà secoués, soubresautés, subissant des embardées avec toutefois quelques moments où le trajet semble s’apaiser mais pas pour longtemps. Le chemin n’a rien d’une autoroute, mais bien plutôt un de ces chemins de terre, pleins de trous et de bosses, qui mènent on ne sait où, l’idée même d’une destination étant hors de propos.

Poésie de langue française, anthologie thématique, Jean Orizet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 20 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Cherche-Midi

Poésie de langue française, Anthologie thématique, novembre 2013. 633 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Jean Orizet Edition: Le Cherche-Midi

 

« Pourquoi lire la poésie ? Pour vivre mieux et plus haut »

Jean Orizet conclut ainsi sa préface. Et le talent qu’il déploie à travers ces 650 pages de bonheur nous apporte la conviction qu’en effet les poèmes sont une formidable source de vie et de plaisir.

Une anthologie poétique – il y en a tant – est toujours une entreprise périlleuse. La subjectivité des choix porte en elle l’omission, la sur-citation, parfois même la rengaine. Et cette anthologie n’échappe pas à ce pli : et à ceux qui se demanderont pourquoi citer encore Le pont Mirabeau, Il n’y a pas d’amour heureux, Harmonie du soir ou une allée du Luxembourg, il faudra répondre que c’est parce qu’il s’agit d’urgences sans cesse répétées ! On soupçonne, dans ces choix précis, le maître d’œuvre de se faire un plaisir tout personnel. Mais peut-on le lui reprocher vraiment ? L’anthologie est d’abord une affaire de plaisir personnel tout compte fait. Et dans ce plaisir que le lecteur fait son chemin et trouve le sien.