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Poésie

Juste après la pluie, Thomas Vinau

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 13 Janvier 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Alma Editeur

Juste après la pluie, 30 janvier 2014, 280 pages, 17 € . Ecrivain(s): Thomas Vinau Edition: Alma Editeur

 

Quelle belle manière d’ouvrir la nouvelle année par ce roman-poésie au titre éclairant, aux éclats romanesques, judicieux et joyeux même parfois dans son insaisissable tremblement. Roman-poésie qui s’appuie sur cette lumineuse phrase de Pavese tiré de son métier de vivre : « Mais la grande, la terrible vérité, c’est celle-ci : souffrir ne sert à rien », en effet ! Cette vérité terrible ouvre ceux qui ne s’en doutaient pas à de nouvelles aventures de la liberté libre, ce qui n’est jamais de tout repos.

Vinau attentif à ce qu’il voit, c’est l’œil qui écrit, choisir ses mots avec la même attention que porte Matisse à choisir ses pigments. A ce qu’il sent, la peau toujours aux aguets. A ce qu’il pense, les mouvements du corps sont aussi des sauts dans l’espace de la pensée vive qui jamais n’oublie d’en sourire. A ce qu’il entend, l’oreille qui chante ; vigilance de l’écrivain aux éclairs du Temps, au vent, au soleil, aux comètes, aux fleurs et aux fruits, au ventre doux de la terre, comme finalement chez Francis Ponge,  son ancêtre en art du bref.

Mais qui lira le dernier poème ?, Eric Dubois

Ecrit par Etienne Ruhaud , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, publie.net

Mais qui lira le dernier poème ? 52 p. 2,99€ (Ebook) . Ecrivain(s): Eric Dubois Edition: publie.net

 

Blogueur, homme de radio, fondateur et animateur de la revue en ligne Le Capital des mots, Eric Dubois semble opposé à toute forme d’hermétisme, tant dans ses choix de publication que dans sa propre production littéraire. Déployant une langue à la fois sobre et néanmoins souple, harmonieuse, Mais qui lira le dernier poème ? évoque la vie quotidienne, au risque d’un certain prosaïsme, parfois, une sorte de simplicité volontaire, ascèse stylistique, qui n’est pas sans rappeler, par moments, Bukowski ou Houellebecq :

Le temps s’étire comme un chewing-gum/La bite perdue dans les poils et les plis/du pantalon/Dans la poussière/et les temps morts.

Editeur du recueil sous forme numérique, François Bon parle lui d’écriture concrète. Poésie de l’actuel, de l’immédiat, les vers brefs et précis d’Éric Dubois évoquent la cité d’aujourd’hui, son décor froid, inamical mais familier :

Encore l’œil électronique/de désirs fantasmés/Par l’unité centrale/La caméra et l’écran/dans la nuit du commerce.

Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie, François Cheng

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 10 Décembre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albin Michel

Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie, octobre 2013, 168 pages, 15 € . Ecrivain(s): François Cheng Edition: Albin Michel

 

Souvenirs d’un mortel, Ethique de l’Est.

Limpide. Livre clair. A la portée de tous. Limpides. Partages transparents de pensées propres et nettes. Cinq ruisseaux de vie. Cinq coulées montées vers la surface.

Déjà, dans les années 70, François Cheng éblouissait par sa simplicité dans « l’art pictural chinois » et « l’écriture poétique chinoise ». Déjà, il ouvrait l’esprit des occidentaux carrés aux subtilités de l’esthétique de l’Orient donc de l’Ethique de l’Est. Déjà, on apprenait l’identité de l’écriture et de la peinture, de l’encre et du papier, du dessin et du signe. Déjà, il réformait, transmettait et transformait chez ses lecteurs ou chanceux auditeurs les canons cartésiens ou hégéliens qui fondaient soudain en montres molles sous l’analyse d’une « peinture-dessin-écriture » de l’époque Song. Là, on saisissait mieux « les philosophes taoïstes » publiés en Pléiade. Là, on rapprochait le vase vide (qui fait l’usage et pas l’avantage) du tir à l’arc et des sorites des stoïciens. Là, déjà, Deleuze et Maldiney* se donnaient la main de l’autre côté des surfaces.

J’étais nu pour le premier baiser de ma mère, Tchicaya U Tam’si

Ecrit par Theo Ananissoh , le Jeudi, 05 Décembre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Gallimard

J’étais nu pour le premier baiser de ma mère, Édition présentée et préparée par Boniface Mongo-Mboussa, Gallimard, coll. Continents noirs, novembre 2013, 595 pages, 22 € . Ecrivain(s): Tchicaya U Tam’si Edition: Gallimard

 

On étouffe et sombre à moins ! Imaginez : une séparation d’avec la mère à l’âge de quatre ans (mère et fils ne se reverront que près de cinquante ans plus tard), un père député du Moyen-Congo à l’Assemblée nationale française aux côtés de… Léopold Senghor et Aimé Césaire, une entrée au collège à Orléans à un âge (14 ans) où les autres s’apprêtent à le quitter, une infirmité que trahit chaque pas qu’il fait (pied bot)…

A sa mort en avril 1988, en Normandie, Tchicaya U Tam’si laisse une œuvre considérable faite de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre et surtout de poèmes dont la publication aujourd’hui en un volume par Gallimard Continents noirs ne pèse pas moins de cinq cents pages. Ce tome I des œuvres complètes est donc uniquement consacré à sa poésie. L’écrivain et historien des littératures francophones, Boniface Mongo-Mboussa, a déployé beaucoup de talent et de patience pour rassembler des écrits éditorialement dispersés au long de trois décennies. Il lui donne judicieusement un titre emprunté au poète lui-même et qui dit sans aucun doute la genèse de son œuvre.

L’Enéide, Virgile, illustrée par les fresques et les mosaïques antiques

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 03 Décembre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen

L’Enéide, illustrée par les fresques et les mosaïques antiques, Diane de Selliers Editeur, traduction du latin par Marc Chouet suivie du texte original, préface de Philippe Heuzé, 180 illustrations couleur, 484 p. septembre 2013 . Ecrivain(s): Virgile

 

L’Enéide vue par Diane de Selliers : 2000 ans de jeunesse


Que ceux que le latin scolaire et rébarbatif de l’enseignement public a à jamais brouillé avec les volutes capiteuses de la langue de Virgile ou d’Ovide se réjouissent ! Quant aux autres, qu’ils souhaitent s’instruire, ou juste rêver devant un livre d’images sans trouer leur porte-monnaie, « La petite collection » est un incontournable. Pensée par Diane de Selliers Editeur en 2007 comme une offre complémentaire à l’altière « grande collection » de la Maison, elle s’inscrit, par son format et son prix réduits, dans la logique de mettre les chefs-d’œuvre du patrimoine littéraire mondial à la portée du plus grand nombre. Une démarche chère à Diane de Selliers à l’heure numérique (voir notre interview consacrée à l’Enfer de Dante pour appli iPad).