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Poésie

Ailleurs simple, Cathy Garcia

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 07 Avril 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Ailleurs simple, Éditions Nouveaux Délits, illustrations Jean-Louis Millet . Ecrivain(s): Cathy Garcia

 

 

« A tous les voyageurs mobiles ou immobiles » avec, de ses propres mots : « un peu de rêve, d’étrange et d’étranger même » – Cathy Garcia signe avec Ailleurs simple un recueil de poèmes à siroter avec succulence, en vers libres et selon son rythme, en suivant ou non le fil anachronique des pages.

La couverture couleur d’argile annonce, si j’ose écrire, la couleur des textes, leurs paysages et leur style. On est en effet dans une poésie comme brute, animale, végétale, minérale, parcourue dans le sens inattendu du poil comme l’est souvent le contre-courant suivi par l’éditrice de la revue et du blog Nouveaux Délits. Une poésie sauvage.

Poétesses grecques, Sapphô, Corinne, Anytè…, présentation, traduction et notes d’Yves Battistini

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 04 Avril 2014. , dans Poésie, Les Livres, La Une Livres

Poétesses grecques, Sapphô, Corinne, Anytè…,Imprimerie nationale éditions collection La salamandre, 355 p. 23,20 € . Ecrivain(s): Yves Battistini

Yves Battistini réveille les fragments saufs, tous les fragments saufs des poétesses grecques de l’Antiquité. Fragments arrachés aux griffes du Temps possessif et secret. En voici quelques-uns :

« …un chevrier… désir… sueur… / … la rose… je le dis… »

« … comme autrefois… des deux déesses… ici, viens ! »

« … tout… dire… ma langue… conter la légende… »

« les dieux… aussitôt… celui qui ne pleure pas… »

« blanc-brillant beaucoup plus qu’un œuf »

« …attendant… parmi les aromates… »

« mouchoir mouillé de gouttes »

« … de quels yeux !… »

Ici dans ça, Mathieu Brosseau

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 02 Avril 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Castor Astral

Ici dans ça, 2013, 175 pages, 15 € . Ecrivain(s): Mathieu Brosseau Edition: Le Castor Astral

 

« Et s’il fallait », écrit Mathieu Brosseau en ouverture de Ici dans ça, « dénaître pour enfin accéder au réel, pour le toucher dans son unité ? Tout détruire, l’être et ce qu’il croit être, s’invaginer par des vagues de rage étonnante, pour enfin aborder l’être-là. À l’envers mais en vie. Pour peut-être ne plus parler ».

 

Dénaître par l’écriture.

L’écriture pour « peut-être ne plus parler ».

L’écriture vécue comme vertige.

Le Voyage du Dité, Bruno Edmond

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les Vanneaux

Le Voyage du Dité, 2012, 438 pages, 25 € . Ecrivain(s): Bruno Edmond Edition: Les Vanneaux

 

Embarquez sur le Dité.

Votre voyage sera une

envolée de l’âme (certes

douloureuse par endroits,

mais d’une richesse de silex

nu).

 

Soyez frères des chuchotements

et des cris qui ont été soufflés par

toutes les bouches qu’a dessinées

Dante.

Démolition, Jean-Christophe Belleveaux

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 21 Mars 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Carnets du dessert de lune

Démolition, illustrations d’Yves Budin, 2013, 78 pages, 11 € . Ecrivain(s): Jean-Christophe Belleveaux Edition: Carnets du dessert de lune

 

Démolition de Jean-Christophe Belleveaux se lit une fois puis se relit, en espérant cette fois en ressortir moins essoufflé. Démolition aurait pu aussi bien s’intituler débordements et suffocation, car il s’agit principalement ici d’évacuer un trop-plein, comme annoncé dans la première phrase du recueil, en italique, comme l’auteur se citant lui-même :

Le monde est trop plein, ma poitrine en déborde

Pas de majuscule, on y entre de plain-pied ou comme un de ces pavés dans la mare et les retours à la ligne n’ont rien de convenu, mais donnent le ton saccadé qui nous place d’emblée dans la tête de l’auteur, comme à bord d’un véhicule à embarquement immédiat. Nous voilà secoués, soubresautés, subissant des embardées avec toutefois quelques moments où le trajet semble s’apaiser mais pas pour longtemps. Le chemin n’a rien d’une autoroute, mais bien plutôt un de ces chemins de terre, pleins de trous et de bosses, qui mènent on ne sait où, l’idée même d’une destination étant hors de propos.