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Les Livres

Griffes 19 (par Alain Faurieux)

Ecrit par Alain Faurieux , le Lundi, 19 Mai 2025. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Lakestone, Sarah Rivens, 2024, Hlab Editions, 800 pages, 20 €

Un livre incroyable ! Vraiment incroyable. Écrit par « l’auteure Algérienne la plus lue de l’Histoire » ! 9.000.000 de lecteurs ! Créatrice de la trilogie Captive qui a captivé tous les réseaux (pas lue). Il a l’aspect d’un livre, épais, belle couverture, avec des pages pleines de texte. Dommage qu’il soit incroyablement vide. 800 pages de vide. Je n’ose plus appeler ça un livre. Tout comme son auteure (avec un tel pseudo beaucoup de ses lecteur/es la pensent anglaise, ou américaine), la chose n’a aucune identité. Quelques noms baladés ici où là dans le texte (New York, Seattle) nous disent que l’action est censée se passer aux États-Unis mais le décor planté par notre Sarah ressemble aux accessoires cheap d’un téléfilm M6. On nous parle de ministre et de journal de vingt heures. L’héroïne est étudiante ! une fac ça s’écrit fac, et ça suffit. Pas la peine de parler de rues, bâtiments, campus, ou étudiants.

Monsieur Miroir, La vie extravagante de Serge Tamagnot, René de Ceccatty (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 15 Mai 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie

Monsieur Miroir, La vie extravagante de Serge Tamagnot, René de Ceccatty, éditions du canoë, mars 2025, 400 pages, 22 € . Ecrivain(s): René de Ceccatty

 

Biographe réputé de grands écrivains (Leduc, Pasolini, Morante), René de Ceccatty s’est penché cette fois sur la figure d’un ami artiste, photographe, collagiste, proche des célébrités, chasseur émérite d’autographes, passionné d’art et de littérature, admirateur de Violette Leduc et de Jean Sénac.

Il est pourtant si difficile de résumer une vie, sinon de l’éclairer, encore plus de la nuancer comme s’il s’agissait d’y donner les couleurs les plus exactes.

C’est à cette tâche quasi impossible que s’est attelé René de Ceccatty, fouillant au plus près les divers épisodes d’une vie « extravagante », complexe, plurielle, tissée de mille et une rencontres fortuites, désirées, réitérées.

Né en 1932, décédé en plein covid 19, en 2022.

About Alice, Pat Andrea (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 15 Mai 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

About Alice, Pat Andrea, éditions Les Arts dessinés, mai 2025, 128 pages, 35 €

 

Ce que Pat Andrea trouva chez Alice

L’ouvrage luxueux About Alice réunit une sélection de planches et d’images tirées de 3 carnets de croquis réalisés par Pat Andrea (né en Hollande en 1942 au sein d’une famille d’artistes, diplômé d’une des plus anciennes écoles d’art du monde, l’Académie royale des Beaux-Arts de La Haye). Nous faisons la connaissance de l’homme, photographié dans son atelier, au cours d’un entretien mené par Frédéric Bosser (fondateur des Arts dessinés). Pat Andrea est à l’initiative d’un atelier de dessin et de collage à l’École de Recherche Graphique à Bruxelles. En 1998, il est nommé professeur aux Beaux-Arts de Paris où il enseignera jusqu’en 2007. Le 6 mars 2002, il est élu membre Correspondant à l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France.

À Contrevie (Contravida, 1994), Augusto Roa Bastos (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 14 Mai 2025. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Seuil, En Vitrine, Cette semaine

À Contrevie (Contravida, 1994), Augusto Roa Bastos, Le Seuil, trad. espagnol (Paraguay), François Maspéro, 254 pages . Ecrivain(s): Augusto Roa Bastos Edition: Seuil

 

Le support de ce roman est un train de mort. Lent, bringuebalant, inquiétant, il porte en ses flancs le narrateur – l’auteur assurément – unique survivant d’un massacre lors d’une évasion de prisonniers politiques d’une prison. Survivant, dans ce roman, n’a de sens qu’ontologique. La survie est la condition humaine et, par définition, elle n’est que sursis. En compagnie de personnages étranges et inquiétants, le narrateur va. Où ? Il ne sait pas, au moins au départ. Loin, dans tous les cas, loin des lieux où on le traque.

Entre les scènes de son compartiment et ses rêves pendant ses endormissements, il est assailli par un flot de souvenirs qui déferle comme un torrent, portant avec lui une enfance erratique et des images obsessionnelles des parents, des amis d’alors, des cinglés qui peuplaient Manorá – petit village perdu au milieu de nulle part. La noirceur et la brutalité traversent ces évocations du passé adossées à l’histoire du pays soumis à toutes les exactions.

Mercurio, Philippe Mezescaze (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Mercredi, 14 Mai 2025. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Roman, Mercure de France

Mercurio, Philippe Mezescaze, Mercure de France, avril 2025, 192 pages, 19 €

 

Mercurio, le personnage éponyme du dernier roman de Philippe Mezescaze, c’est Monsieur de Bougrelon. Je m’explique : dans le roman de Jean Lorrain publié en 1897 et chroniqué dans cette revue en octobre 2024, nous sommes à Amsterdam à une date indéterminée, une Amsterdam hivernale, puritaine et dévergondée à la fois. Le narrateur anonyme et son ami y font la connaissance d’un singulier compatriote, de souche normande comme eux, qui semble avoir pour préoccupation première, à travers ses discours et sa gestuelle, et en dépit de son allure décatie, d’imposer de soi et de son passé, de ses conquêtes, de sa relation de jadis avec Monsieur de Mortimer, son double embelli, une image fastueuse. Des doutes naissent sur la véracité des propos du « vieux fantoche », que l’épilogue confirmera : Monsieur de Bougrelon subsiste péniblement en tenant un humble rôle de violoniste dans un cabaret minable.