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Critiques

L’Invitation à la valse, et Intempéries, Rosamond Lehmann (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 13 Novembre 2020. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Belfond

L’Invitation à la valse, et Intempéries, Rosamond Lehmann, Belfond Vintage, octobre 2020 (235 pages, et 511 pages), 14 € Edition: Belfond

 

Rosamond Lehmann, romancière britannique ayant quasiment traversé le XXe siècle, est une importante figure de la littérature de son pays. Proche du groupe de Bloomsbury dont une certaine Virginia Woolf faisait partie, elle étudie la littérature anglaise à Cambridge, possibilité peu offerte aux femmes à cette époque. Deux de ses romans, L’Invitation à la valse, et Intempéries, sont significatifs de son parcours.

Dans L’Invitation à la valse, nous assistons au déroulement de la jeunesse et au sortir de l’adolescence d’Olivia Curtis, une jeune fille de bonne famille. Olivia vit à Little Compton, localité de l’Angleterre où tout le monde se connaît, partage souvent les mêmes fréquentations. Le jour de son dix-septième anniversaire, Olivia reçoit des présents qui la comblent : un billet de dix shillings, un chérubin de porcelaine et un ruban de soie, ce dernier cadeau provoque en elle une grande joie. Olivia Curtis doit bientôt assister au bal organisé chez lord et Lady Spencer, un couple appartenant aux notabilités locales, dont l’appréciation peut être précieuse pour entrer dans le monde et trouver un fiancé.

Le livre des secrets de mon dinosaure préféré, Maxime Derouen (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 13 Novembre 2020. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Grasset, Jeunesse

Le livre des secrets de mon dinosaure préféré, Maxime Derouen, Grasset Jeunesse, octobre 2020, 80 pages, 16,90 € Edition: Grasset

 

Petite paléontologie

Le livre des secrets de mon dinosaure préféré est un album pour la jeunesse entièrement conçu par Maxime Derouen, philosophe de formation, vivant à Bordeaux. Après un long cursus de recherches et d’enseignement universitaires, l’auteur a décidé de se consacrer à l’écriture, en particulier pour la jeunesse – voir parmi ses nombreuses publications : Animaux dangereux (La Martinière, août 2020), C’était pour de faux (Grasset, 2019), etc. Les animaux, le bestiaire, les recueils de fables à partir d’une faune multiple, encore présente ou disparue, semblent faire partie de ses thèmes de prédilection, et ceci dans des styles artistiques multiformes.

Dans ce très récent album, il s’agit d’animaux qui présentent un exposé sur les dinosaures à l’école. C’est le prétexte pour Maxime Derouen de lister joyeusement quelques-unes des espèces compliquées de grands batraciens, de lézards, d’ovipares et d’oiseaux, et ce sont donc les animaux qui vont, à la place des enfants, citer un dinosaure de leur choix.

Le goût des amours à Paris, Collectif (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 13 Novembre 2020. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Mercure de France, Anthologie

Le goût des amours à Paris, Collectif, septembre 2020, textes choisis et présentés par Brigit Bontour, 128 pages, 8,20 € Edition: Mercure de France

 

La productive petite Collection « Le Goût de… », dirigée par Isabelle Gallimard, s’est enrichie en septembre 2020 d’un nouvel opus, ensemble de textes collectés par Brigit Bontour sur la thématique des amours à Paris. Le recueil, riche et diversifié, est divisé en trois parties : tout d’abord les amours de légende, textes d’anthologie qui relèvent du patrimoine littéraire et mythique français, et dont certains couples sont emblématiques d’une forme d’amour héroïque souvent impossible. On pense à Héloïse et Abélard, à la princesse de Clèves et au duc de Nemours, à Cyrano et Roxane… Attire l’attention dans cette partie la ballade de François Villon, « Il n’est bon bec que de Paris », qui est un hymne à Paris et à ses femmes au langage populaire.

La deuxième partie traite des amours romanesques ou poétiques hors normes, qu’elles soient tarifées, artistes ou source d’émancipation, au XIXe et au XXe siècle : la Nana de Zola, Colette, Simone de Beauvoir, mais aussi Verlaine, Apollinaire ou Jean Genet y figurent.

Pour Genevoix, Michel Bernard (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 12 Novembre 2020. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, La Table Ronde - La Petite Vermillon

Pour Genevoix, 224 pages, 7,30 € . Ecrivain(s): Michel Bernard Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Avant que Raboliot, Prix Goncourt 1925, ne donne à l’auteur la possibilité de vivre de sa plume et de sa retraite en bord de Loire, Maurice Genevoix avait donné des témoignages insignes sur la Grande Guerre, qu’il avait faite lui-même, pour laquelle il fut blessé, la fameuse bataille des Eparges, où périt Alain-Fournier.

Sous Verdun, et Ceux de 14, sont considérés depuis longtemps comme les meilleurs récits sur les batailles terrifiantes de la Meuse. L’auteur, né en 1890, décédé en 1980, fut considéré alors comme un témoin remarquable de la Grande Guerre, et son œuvre, d’un humanisme étincelant, au plus près des hommes et de leurs souffrances comme un chef-d’œuvre absolu de réalisme, d’émotion et de style. Il y parlait comme un frère peut parler des siens, en étant toujours juste, sans gommer la brutalité et l’absurdité de la guerre, sans mettre de côté les responsabilités des chefs et leurs dérives. L’ouvrage fut censuré par les autorités militaires. Genevoix disait la vérité difficile à entendre.

Sous le ciel vide, Raphaël Nizan (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 12 Novembre 2020. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Editions Maurice Nadeau

Sous le ciel vide, Raphaël Nizan, Les Lettres Nouvelles, septembre 2020, 111 pages, 17 € Edition: Editions Maurice Nadeau

 

Le narrateur, quinquagénaire ou presque, journaliste, homme de lettres, rangé, marié, père d’un jeune homme dont il est fier, se trouve par hasard dans les environs de Notre-Dame de Paris en feu en avril 2019. L’incendie le transporte d’un coup trente ans plus tôt, un soir où, défoncé, il avait gravi une à une les quatre-cent-vingt-deux marches de la tour nord de la cathédrale avec sa compagne Ayla, à qui l’attache un indéfectible amour-passion, elle tout autant camée, « l’un et l’autre pris dans cet élan érotique qui ne [les] quittait guère à cette époque-là, furie rageuse et sensuelle où s’annihilait le temps, le monde et la rage ». Alors les souvenirs affluent, s’enchaînent, se bousculent, parfois dans le désordre, l’un provoquant la brutale émergence de l’autre, dans la douloureuse résurgence des quelques années hallucinantes d’une adolescence absolument désaxée.

Né dans une famille de hauts fonctionnaires, le narrateur s’attire très tôt le mépris, puis le rejet affectif de la part de ses parents grands bourgeois et bien-pensants, en particulier lorsque remarqué comme l’un des meilleurs espoirs du football français, il leur fait part de son souhait de s’engager dans une carrière sportive, rêve qu’il brisera de lui-même par son comportement hors normes.