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Arts

Françoise Sagan, ma mère, Denis Westhoff

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 03 Décembre 2012. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Flammarion

Françoise Sagan, ma mère, novembre 2012, 224 p. 35 € . Ecrivain(s): Denis Westhoff Edition: Flammarion

De Quoirez à Sagan : des images au-delà des clichés

 

La vie et l’œuvre de Françoise Sagan ont souvent, trop souvent été réduits à des clichés. Alcool, drogue, voitures, vitesse, jeux, argent, amis… Bien sûr, s’ils ont la peau dure, c’est que l’écrivain les a elle-même nourris, malgré elle, parfois. Les stéréotypes saganesques ont cela de fascinant qu’ils sont tout à la fois ceux auxquels on l’a réduite et contre lesquels elle ne s’est jamais véritablement défendue, ou de manière timide, amusée, légèrement agacée, au pire.

Les clichés photographiques ici donnés à voir, à lire ne démentiront pas cette image. Françoise Sagan a en effet eu cette enfance bourgeoise non dénuée cependant d’une certaine originalité due notamment à la figure paternelle. Les liens familiaux étaient solides et l’intimité qu’elle noua avec son frère Jacques ne fut jamais démentie. Elle a très tôt été happée par la littérature. Stendhal, Proust, Camus ou Sartre furent ceux pour lesquels elle voua une véritable admiration. Elle connut la gloire à vingt ans mais la vécut sans jamais la prendre au sérieux, avec un certain détachement, une ironie qu’incarnent si bien certains de ses personnages. Oui, elle aima les voitures et ce, dès son plus jeune âge, comme prédisposée…

Lubie : le peintre des fleurs et son grain de folie, Frédéric Clément

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 23 Novembre 2012. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Albin Michel

. Ecrivain(s): Frédéric Clément Edition: Albin Michel

Frédéric Clément est de retour avec un nouvel album, Lubie. Ce nouvel opus transporte le lecteur au cœur du XVIIe siècle, en compagnie d’un jeune artiste peintre, Jan Breughel, fils de l’illustre « Pieter Breughel, dit l’Ancien ».

Pas facile d’être le « fils de » pour ce jeune orphelin, qui n’a de cesse de peindre des paradis où apparaissent des « lions à côté d’antilopes, des loirs douillettement endormis entre les serres de faucons » ou encore des « chats lovés entre les pattes de chiens, le tout parsemé de fleurs, plumeuses comme des oiseaux ». Toute la noblesse se précipite pour acheter ses « bagatelles ». Tout semble lui réussir. Pourtant. Jan a une hantise : à chacun de ses anniversaires, « aux premières chaleurs de l’été et aux premiers coquelicots », surgit Lubie, « démone aux ailes cramoisies ». Coquine, elle se faufile alors par le couloir de son oreille, se cale sur son col et lui souffle des diableries.

Puis, imperceptiblement, l’érosion des ventes fait son œuvre, le temps prend son temps. « Un an passe. Deux ans filent. Trois ans coulent. Cinq ans courent. Dix ans fuient comme de l’eau glisse entre ses doigts et ses pinceaux. Dans son atelier, les bouquets fleurissent, les paradis paradent. Mais les gens d’Anvers passent et repassent en souriant sans acheter le moindre tableau ».

Lever de rideau sur Edward Hopper, Karin Müller

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 31 Octobre 2012. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Lever de rideau sur Edward Hopper, Editions Barley- Guéna, 2012, 112 pages, 9 € . Ecrivain(s): Karin Müller

 

 

« Il n’est pas difficile de peindre une scène ou un motif. Ce qui est difficile, c’est d’exprimer une pensée par la peinture. La pensée est fluide, mais ce que vous appliquez sur la toile est concret, et cette résistance tend à diriger la pensée ». Edward Hopper

 

Octobre 2012. Le coup d’envoi est donné au Grand Palais de Paris et c’est le photographe Ferrante Ferranti qui a eu carte blanche pour monter la nouvelle exposition sur Edward Hopper. Des amis de Josephine et Edward Hopper (Bryan et Barbara O’Doherty) ont décrit cette exposition comme « la plus belle et la plus éloquente sur Edward Hopper, qu’ils n’aient jamais vue ». Bryan, critique d’art et ami de l’artiste, est également venu à Paris pour y présenter son film Hopper’s silence.

Tout ça, de la collection de Charles-Henri Favrod

Ecrit par Valérie Debieux , le Dimanche, 28 Octobre 2012. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Campiche

Tout ça, de la collection de Charles-Henri Favrod, préface et éd. scientifique par Edith Bianchi, 2012, 130 p. 42 € . Ecrivain(s): Charles-Henri Favrod Edition: Campiche

 

 

Charles-Henri Favrod, qui a partagé sa vie entre la politique, la production cinématographique et la direction du « Musée de l’Elysée » à Lausanne, est, pour reprendre son expression, un « chineur à la lampe ». Au fil des ans, après avoir « fouiné » chez les antiquaires et brocanteurs, il a réussi à rassembler une série de photographies aussi incroyables les unes que les autres. Avec le concours de Bernard Campiche et d’Edith Bianchi, un livre est né : Tout ça.

Ce présent ouvrage au titre évocateur offre au lecteur un ensemble de clichés, mémoire vivante de quelques événements marquants qui reviennent sur des souvenirs, enfouis à jamais pour la plupart d’entre nous, ou inconnus pour d’autres. Le tout sélectionné avec soin : de Louis Meurisse en passant par John Philips, René Burri, Philippe Halsman, Jean-Luc Cramatte, Charles Murray, Wilhelm Bürger et tant d’autres encore.

L'exactitude des songes, Denis Grozdanovitch

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 13 Juillet 2012. , dans Arts, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Le Rouergue

L’exactitude des songes, textes et photographies de Denis Grozdanovitch, 2012, 128 p. 22 € . Ecrivain(s): Denis Grozdanovitch Edition: Le Rouergue

 

« La vision photographique se distingue par une aptitude singulière à découvrir de la beauté dans tout ce que l’on peut apercevoir mais que l’on néglige habituellement comme offrant un aspect trop ordinaire » (Susan Sontag, Sur la photographie).

 

Le titre du dernier opus de Denis Grozdanovitch, L’exactitude des songes, paru en janvier 2012 aux Éditions du Rouergue, a la beauté mélancolique des oxymores, des vieilles photos sépia, des murs lézardés, des amitiés burinées par le temps.

L’auteur publie ici des photographies prises de 1978 à aujourd’hui, accompagnées de textes courts, empreints d’une lenteur contemplative, tant il s’agit de cueillir, au cœur des choses, la poésie latente qui y gît. – Écrire avec la lumière, sur une plage temporelle de plus de trente ans, impressions fugitives, visions, enthousiasmes, comme pour les ressusciter, puisque, nous le rappelle Denis Grozdanovitch en une manière d’hommage à Marcel Proust, « on ne vit réellement sa vie qu’après coup ».