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Roman

Morceaux cassés d’une chose, Oscar Coop-Phane (par Arnaud Genon)

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 07 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Grasset

Morceaux cassés d’une chose, Oscar Coop-Phane, janvier 2020, 160 pages, 16€50 Edition: Grasset

 

Rousseau en miettes

 

La vie tombe, se brise, tout s’écroule. Il reste alors les « morceaux cassés » d’un passé, d’une mémoire, d’une existence (cette courte « chose » – l’auteur a trente-deux ans) étalés sur le sol. On pourrait vouloir tout réparer, reconstruire à l’identique, reconstituer dans l’ordre le flot du vécu, lui donner un sens pour se donner un but. Oscar Coop-Phane contemple lui le désastre et pique dans cette « matière romanesque » qu’est la vie selon les bons vouloirs du vent des réminiscences et de là où il porte sa plume. Ainsi, dans ces Morceaux cassés d’une chose, pas de chronologie, les instants de vie semblent écrits comme ils resurgissent à la mémoire. Peu importe l’ordre, tant qu’on a l’ivresse.

Le Berger de l’Avent, Gunnar Gunnarsson (par Delphine Crahay)

Ecrit par Delphine Crahay , le Vendredi, 07 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Zulma

Le Berger de l’Avent, Gunnar Gunnarsson, novembre 2019, 87 pages, 6,95 € Edition: Zulma

 

 

Un cœur simple

C’est une histoire très mince. C’est à peine une histoire. C’est une histoire pourtant, à laquelle rien ne manque – et où rien n’est de trop.

Comme chaque année depuis vingt-sept ans, le premier dimanche de l’Avent, Benedikt se met en route avec Léo, son chien, et Roc, son bélier. Il s’est donné pour mission de ramener les moutons égarés dans les montagnes, ceux qui se sont égaillés lors des rassemblements d’automne, pour les sauver. Lestée de provisions, de vêtements et de matériel, la « trinité » se met en marche, sous un ciel menaçant qui rendra son expédition plus périlleuse que de coutume.

En vol, Alan Tennant (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Vendredi, 07 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Gallmeister

En vol – Traduit par Jacques Mailhos – 480 p. – 11,70€. Edition: Gallmeister

 

Au milieu des années 1980, Alan Tennant, naturaliste, observateur d’oiseaux depuis son plus jeune âge et auteur d’ouvrages d’herpétologie, participe à une étude sur le faucon pèlerin arctique, Falco Peregrinus Tundrius. La base de départ se trouve à Padre Island, le banc de sable le plus long du monde situé sur la côte de la région du sud Texas où 380 espèces d’oiseaux ont été documentées. Le programme est pris en charge par l’armée dans le cadre de recherches sur la guerre chimique et le Centre de Cancérologie M.D. Anderson de l’Université du Texas, grâce auquel Tennant est invité. Il s’agit pour l’Université d’étudier « les traces de pesticides organochlorés (DDT…) et de composés cancérigènes, diffusés et répandus par voies naturelles, susceptibles d’affecter notre existence tout autant que celle de ces faucons » dont la réceptivité à ces substances est très grande puisque la coquille de leurs oeufs devient fragile au point d’empêcher toute reproduction. L’équipe d’observateurs se compose, outre de Tennant, de George Vos, ancien de la seconde guerre mondiale aux commandes de son Cessna Skyhawk, et de Janis Chase attachée militaire chargé du suivi radio des oiseaux jusqu’à leur vecteur de migration.

Et vous m’avez parlé de Garry Davis, Frédéric Aribit (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 06 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anne Carrière

Et vous m’avez parlé de Garry Davis, février 2020, 206 p. 17 € . Ecrivain(s): Frédéric Aribit Edition: Anne Carrière

 

Défense et illustration de l’art romanesque.

 

C’est un plaisir de retrouver l’élégance et l’humour du style de Frédéric Aribit. Ajoutez-y une structure romanesque virtuose, qui croise jusqu’au vertige les fils d’une rencontre amoureuse d’une soirée basque et l’histoire d’un personnage pour le moins improbable, Garry Davis, fondateur en 1948 du mouvement pacifiste « Citoyens du monde », et bargeot hyperactif qui va réussir un temps à mobiliser un large public, parmi lesquels des intellectuels de premier rang comme Camus, Gide, Einstein, Sartre, rien moins ! Tricotage narratif qui offre à Frédéric Aribit l’occasion de jouer avec les frontières du réel et de l’imaginaire, de l’essai et de la fiction, avec un doigté qui évoque irrésistiblement le « F for Fake » d’Orson Welles. A la phrase prêtée à Fernando Pessoa : « la littérature est la preuve que la vie ne suffit pas », Aribit répond – épanoui – « la vie est la preuve que la littérature ne suffit pas ». L’essai que Julia, la belle Julia, écrit sur Garry Davis est plus semé d’événements incroyables que la plupart des romans.

Johannesburg, Fiona Melrose (par Stéphane Bret)

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 06 Février 2020. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Quai Voltaire (La Table Ronde)

Johannesburg, Fiona Melrose, traduit de l'anglais par Cécile Arnaud, janvier 2020, 320 p. 22 € Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

 

Fiona Melrose signe ici un roman qui n’est pas, contrairement à d’autres auteurs sud-africains, un regard sur l’histoire de leur pays, mais bien plutôt une chronique sur sa ville natale : Johannesburg. Pourtant, cette évocation de la cité du travail du diamant, de l’or, traverse le temps, avec des retours en arrière. Le plan du roman suit les étapes d’une journée : le matin, l’après-midi, le soir, clin d’œil assumé de l’auteure à Virginia Woolf et à son roman : Mrs Dalloway, construit de la même façon.

Gin, l’héroïne principale, a prévu de visiter sa mère à Johannesburg le 6 décembre 2013, pour fêter ses quatre-vingts ans. Elle sera aidée de Mercy, employée de maison au domicile de sa maman. La cité de l’or s’éveille en apprenant le décès de Nelson Mandela, Madiba, le père de la nation arc-en-ciel. Ce n’est donc pas un simple retour que Gin va vivre, mais un passage en revue de ses souvenirs, impressions d’enfance, une élaboration d’un bilan provisoire de sa vie à ciel ouvert. Mais qu’était Johannesburg ? A l’époque où elle y vivait encore, avant de s’expatrier à New-York, elle la ressentait comme une source d’agression :