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Poésie

A ce qui est de ce qui n’a, Vincent Motard-Avargues

Ecrit par Jean-Baptiste Pedini , le Mardi, 22 Octobre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Encres vives

A ce qui est de ce qui n’a, 16 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Vincent Motard-Avargues Edition: Encres vives

 

Avec cette nouvelle parution, Vincent Motard-Avargues poursuit sa route poétique. Une route riche et dense qui nous conduit cette fois-ci sur les abords d’une plage grise.

Absence de l’être cher,

 

« comme un regard perdu

que veux-tu dire de plus ».


Pourtant c’est bien plus que nous propose Vincent. Sur un thème difficile, et qui à première vue pourrait nous apparaître usé, le poète parvient à nous emporter avec lui.

Dune sèche. Un regard vers le large. Il nous fait écrire dans le sable et l’émotion prend vie. Presque bourrasque. A ce qui est.

L’Amour d’Amirat suivi de Né nu, Oiseaux mohicans, Kilroy was here, Daniel Biga

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 18 Octobre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Cherche-Midi

L’Amour d’Amirat suivi de Né nu, Oiseaux mohicans, Kilroy was here, préface de Jean Orizet, Cherche Midi, Collection Points Fixes, mai 2013, 335 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Daniel Biga Edition: Le Cherche-Midi

 

Dans la première partie, la plus cohérente on dira, L’Amour d’Amirat (1984), l’auteur a quitté la ville pour vivre, et accessoirement écrire, dans un hameau abandonné sur les hauteurs des Alpes du Sud. Il a quitté son métier d’enseignant pour aller y vivre quasi comme un ermite et y cultiver un jardin, aussi bien extérieur qu’intérieur.

 

ici à la montagne il n’y a que moi

qui tourne et pète dans mon couchage

il n’y a que moi et le froid

la nuit qui n’en finit pas

l’inondation des souvenirs

Fin du monde, Jakob van Hoddis

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Arfuyen

Fin du monde, trad. (Allemand) J.-F. Eynard, septembre 2013 . Ecrivain(s): Jakob van Hoddis Edition: Arfuyen

 

Jakob van Hoddis

Le montage symbolique

 

Comme il faut souvent se garder de l’anecdote pour expliquer en quoi un texte est fort ou touchant, et que cependant on ne peut pas détacher la lecture d’un faisceau de faits, d’autres lectures en cours et tout simplement de la connaissance des arts, je vais essayer de trouver un juste milieu. Le dernier livre de la collection Neige chez Arfuyen est exemplaire à ce sujet car il est le témoignage vif et presque neuf d’un poète peu connu ici, d’expression allemande, et que l’on peut rapporter sans trop d’erreur, à mon sens, au mouvement de l’expressionnisme du début du siècle. Ce livre donc a pris sa compagnie auprès de moi au milieu de la découverte du premier film d’Eisenstein, et de la proximité de cet art majeur du cinéma russe de l’entre-deux guerres, dont je m’expliquerai tout à l’heure.

Requiem, Marie-Josée Desvignes

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 09 Octobre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La rentrée littéraire, Cardère éditions

Requiem, avec 12 encres de l’auteur et des photos d’Hélène Desvignes, septembre 2013, 108 pages, 14 € . Ecrivain(s): Marie-Josée Desvignes Edition: Cardère éditions

 

Requiem comme son nom l’indique est une pièce maîtresse et bouleversante. Il s’agit bien comme son titre l’indique d’un hommage à un défunt, une cérémonie du souvenir, mais aussi une pièce d’un puzzle jusque-là resté inachevé, qui vient donc combler un manque, refermer autant que possible une plaie béante, car le défunt, ici, n’a jamais eu d’existence, il n’a jamais été reconnu parmi les vivants et donc impossible de le compter parmi les morts.

Pas de pleurs, sauf les miens, en silence, toujours – loin des autres, quelque chose de honteux – faut cacher.

Il faut cacher et il faut oublier, lui a-t-on dit, et le silence est tombé comme une chape sur la mère. Cette mère qui ne l’a pas vu elle, seul le père l’a vu, l’enfant. Cet enfant non viable, lourdement handicapé, mort peu de temps après avoir été tiré du ventre, deux mois avant terme. Cet enfant qu’il fallait oublier, ne pas nommer, juste un blanc dans la lignée familiale.

Le moindre geste / U mìnimu gestu, Stefanu Cesari

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 19 Septembre 2013. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le moindre geste / U mìnimu gestu, Colonna Edition, 2012, 132 pages, 24 € . Ecrivain(s): Stefanu Cesari

 

Stefanu Cesari : une voix majeure de la poésie contemporaine s’affirme.

Avec Le moindre geste / U mìnimu gestu, recueil poétique très dense et abouti articulant sur un format 20x20 cinquante textes, dans leur version corse et française, et vingt-cinq reproductions en couleur et en pleine page d’œuvres picturales recourant à diverses techniques, Stefanu Cesari s’affirme comme une voix majeure de la poésie contemporaine. Invité au festival de poésie de Lodève en juillet dernier, il vient de recevoir le Prix du livre corse 2013 pour ce magnifique et bouleversant ouvrage réalisé en collaboration avec Badia, peintre, pastelliste et  sculptrice.

Ce jeune poète – dont c’est le quatrième recueil publié – pratique une poésie authentique, exigeante, mystérieuse mais non hermétique. Une patiente poésie de l’obscur striée de fulgurances, la clarté, la beauté se révélant dans la fugacité de l’instant. Une parole tendant vers l’absolu dont les brefs mais nombreux éclairs semblent contracter la durée. L’espace sous la surface fournit la « matière noire » dans laquelle le poète trempe sa plume pour éclairer la nuit, attentif à déceler les moindres fissures dans la surface lisse du réel et les suscitant aussi par son écriture, concentré dans l’attente du « miracle » que sont ces manifestations fugitives de l’« improbable » :