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Les Livres

Berthe au grand pied, épouse et mère de rois ... Martina Kempff

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Berthe au grand pied, Epouse et mère de rois, de Pépin le Bref à Charlemagne, trad. de l’allemand par Claude-Cyrille Laurent, 2011, 303 p. 24 €. . Ecrivain(s): Martina Kempff Edition: Actes Sud


Figure légendaire au nom bien connu, Berthe au grand pied appartient pourtant à la longue liste de personnages méconnus de notre histoire. De cette reine si puissante ne demeurent qu’un sobriquet et des informations fort lacunaires. Le roman de Martina Kempff la met en scène magistralement, comblant les creux de la biographie par une fiction prenante, explorant un Moyen Age complexe et tourmenté d’où émergent la dynastie des Carolingiens et le pouvoir papal.

Le roman se construit sur un habile jeu de suspensions, de révélations autour d’un échange d’identités qui donnera toute sa complexité au personnage éponyme. Liutberga, sœur de lait de Bertrade, épouse à sa place le futur roi Pépin. Eloignée pour un temps de sa fonction, dépouillée de son honneur et de ses privilèges, devant dissimuler son nom, Berthe de Laon survit parmi les humbles avant de se réfugier incognito auprès de son aïeule Bertrade l’Ancienne, fondatrice de l’abbaye de Prüm. Commence un long apprentissage qui développera les qualités de la future reine avant la découverte du subterfuge des vassaux félons.

Ces missiles d'allégresse, Anna Jouy

Ecrit par Cathy Garcia , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Atlantique

Avec une reproduction de Rouge de Zèbre, collage de Cathy Garcia. Edition à tirage limité et numéroté – 45 pages - 15 € . Ecrivain(s): Anna Jouy Edition: Atlantique

 

Et la femme fut… Et la femme fuit, de toute part, comme une passoire, et s’enfuit en flaques,


comme un étang pris entre deux écluses

comme une flaque


en rivières,


batik de soupirs teinture de lapements assurant les rivières

incrusté du venin d’ecchymoses

aspire tantôt au puits,

Théâtre, Roman, Mémoires, Tennessee Williams

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juillet 2011. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Biographie, Roman, Bouquins (Robert Laffont)

Tennessee Williams, Théâtre, Roman, Mémoires, Robert Laffont, « Bouquins », 2011, 960 pages, 30€. . Ecrivain(s): Tennessee Williams Edition: Bouquins (Robert Laffont)

Edition établie par Catherine Fruchon-Toussaint. Nouvelles versions théâtrales de Pierre Laville.

 

Dans toutes les mémoires, résonnent le cri de Marlon Brando alias Stanley Kowalski réclamant Stella et les plaintes de Vivien Leigh, l’incomprise Blanche Du Bois qui aura toujours dû compter sur la bonté des inconnus ; mais aussi l’humour désespéré de Maggie la Chatte ou la douce folie de Laura Wingfield. Comment oublier la rage du révérend Lawrence Shannon ligoté dans son hamac et la danse sensuelle en diable de Maxine-Greta Garbo enlacée par ses amants mexicains sur la plage ?

Autant de scènes d’anthologie nées du théâtre génialissime de Tennessee Williams et qu’il faut absolument relire ou découvrir dans ce volume présenté par Catherine Fruchon-Toussaint à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain, dans une traduction inédite de Pierre Laville. Williams nous plonge dans une humanité animale et sensuelle où l’on se consume, où l’on se griffe, où l’on s’écorche à la lueur d’un désir qui se fait palpable, d’une folie qui touche chacun des personnages, « enfermés dans la même cage », mais une humanité en quête de pureté qui parvient « à capter la qualité constamment évanescente de l’existence ».

Darling River, Les Variations Dolorès, Sara Stridsberg

Ecrit par Paul Martell , le Samedi, 02 Juillet 2011. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Récits, Stock

Darling River, les variations Dolorès, Stock La Cosmopolite – 350 pages, 20,50 € . Ecrivain(s): Sara Stridsberg Edition: Stock

Darling River, les variations Dolores est, comme son titre l’indique, une série de variations. Variations autour du Lolita de Vladimir Nabokov et de son personnage principal devenu figure symbolique. Variations à travers quatre destins de lolitas.

La première de ces lolitas, Lo, a treize ans. Son père l’a baptisée Dolorès en hommage au roman de l’écrivain russe qu’il aime tant. Le soir venu, ils montent dans sa voiture et parcourent les routes, à travers un paysage apocalyptique de forêts ravagées par des incendies. Ils roulent toute la nuit et ne reviennent qu’à l’aube. A l’occasion, le père percute des animaux sur le bord de la route ou arrête son engin pour s’exercer au tir sur des robes et des chemises ayant appartenu à sa femme, la mère de Lo, aujourd’hui disparue.

Lo ne le considère pas comme un père, mais plutôt comme un frère, comme s’ils étaient tous les deux des orphelins abandonnés par leur mère.

« Papa adorait rouler en voiture. […] il prenait le volant et emmenait maman pour de longues promenades la nuit. Ils faisaient l’amour dans la voiture, mangeaient et dormaient dans la voiture garée sur la place. […]. Quand maman n’a plus voulu l’accompagner, j’ai pris sa place ».

Nouvelles vénitiennes, Dominique Paravel

Ecrit par Anne Morin , le Samedi, 02 Juillet 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Serge Safran éditeur

Nouvelles vénitiennes, 185 pages, 2011 . Ecrivain(s): Dominique Paravel Edition: Serge Safran éditeur


Qu’est-ce qui se trame ici ? Ce petit livre précieux est écrit comme on tisse, l’enchevêtrement des histoires correspond au dédale des rues de Venise, ville morte, ville vive, ville labyrinthe. A travers les âges et les saisons, la narratrice nous fait suivre un fil conducteur, le double fil de l’art et de l’amour. Du tailleur de pierre qui remporte le pari d’ériger les piliers de granit, obtenant la jouissance de l’espace entre eux, au peintre dont le portrait de jeune homme passe d’une histoire à l’autre, échouant là où on ne l’attend pas, à Viola, sculptant un ange pour un monument funéraire, et guidant son interlocuteur par mobile interposé, dans les rues-dédale de Venise.

Un livre qui donne envie de s’élargir à l’espace et au souffle de cette ville, de la (re)visiter, de la (re)découvrir, aussi de l’intérieur, d’écouter quelles musiques elle donne à entendre, quels tableaux elle donne à voir… comme le photographe (é)perdu de la dernière nouvelle avec lequel son rédacteur en chef fait un marché : des photos de Venise contre un reportage rêvé au Mexique, et qui ne trouve rien à photographier tant Venise se montre belle de partout, mais aussi attendue de partout.

Une femme passe, profil perdu, la femme, thème majeur de ce recueil, la femme initiatrice, la femme qui s’entremet, la femme aussi dédoublée, qui (se) masque et (se) dévoile.